La fermeture des jardins d’enfants pendant Lag BaOmer suscite des tensions
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La fermeture des jardins d’enfants pendant Lag BaOmer suscite des tensions

Le syndicat des enseignants affirme que le personnel des crèches peut travailler bénévolement mardi

Le personnel d'une crèche du réseau Emunah nettoie l'établissement, à Modiin, le 7 mai 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Le personnel d'une crèche du réseau Emunah nettoie l'établissement, à Modiin, le 7 mai 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Un différent a éclaté ce vendredi entre les parents, le personnel des jardins d’enfants et les syndicats d’enseignants après que ces derniers ont suggéré que les garderies soient ouvertes mardi sur la base du volontariat pour la fête de Lag BaOmer, après les protestations qu’ils ont suscitées en annonçant qu’elles fermeraient leurs portes deux jours seulement après leur réouverture.

« Au cours des derniers jours, nous avons reçu de nombreuses demandes, exprimant le désir de se porter volontaire pour Lag BaOmer et de créer une continuité éducative et un sentiment de sécurité et de routine pour les enfants en crèche », a fait savoir le syndicat des travailleurs des jardins d’enfants dans un communiqué. « Nous considérons qu’il s’agit d’une noble initiative, qui témoigne d’un engagement profond envers les enfants en crèche et l’État d’Israël. C’est pourquoi, à la lumière de ces circonstances particulières, nous appelons le personnel des jardins d’enfants qui veulent et sont prêts à aider les élèves, à venir faire du bénévolat pendant les fêtes de Lag BaOmer. »

Yaffa Ben-David, qui dirige le syndicat des enseignants israéliens, a salué l’initiative pour Lag BaOmer, qui est un jour de travail normal pour la plupart, mais a réitéré que le personnel ne devrait pas être forcé de travailler sans salaire, a rapporté la chaîne publique Kan.

La secrétaire générale du Syndicat des enseignants Yaffa Ben-David s’exprime lors d’une manifestation à Tel Aviv, le 29 août 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Selon la Treizième chaîne, le ministre des Finances a écrit à Yaffa Ben-David et lui a demandé de permettre aux enseignants de travailler mardi, en disant que cela serait pris en compte lors des négociations sur une éventuelle prolongation de l’année scolaire pour rattraper les jours perdus à cause du confinement.

De son côté, la Douzième chaîne a rapporté que ces déclarations ont suscité l’inquiétude de certains enseignants, qui ont estimé que la situation les mettrait en difficulté face aux parents s’ils choisissaient de ne pas travailler ce jour-là.

« Comment Ben-David ose-t-elle nous passer le flambeau pour qu’elle ait le beau rôle ? Elle a fait la proposition, et on passe pour les sorcières qui ne veulent pas le faire », s’est agacée une institutrice dans un groupe anonyme. « C’est très simple – je ne fais pas de bénévolat dans mon travail », a écrit une autre.

Entre-temps, la municipalité de Jérusalem a annoncé que les jardins d’enfants relevant de sa juridiction resteraient ouverts et que les salaires de tous ceux qui y travaillent seraient pris en charge par la mairie.

Les enfants âgés de 3 à 6 ans devraient retourner à la crèche et à l’école maternelle à partir de dimanche en groupes de 18 maximum. La majorité d’entre eux n’y assisteront que trois jours par semaine, afin de respecter les limites fixées, et il n’y aura pas de programme l’après-midi, ce qui signifie que la journée se terminera à 14 heures.

Les enfants seront ensuite répartis en deux sous-groupes permanents qui fonctionneront dans des espaces séparés dans les crèches et les cours de récréation.

L’accueil des enfants en bas âge dans les garderies est considéré comme essentiel pour permettre aux parents de retourner au travail, car les restrictions de confinement ont été allégées.

Des enfants portent des masques au parc HaSharon à Hadera, le 23 mars 2020. (Crédit : Chen Leopold/Flash90)

Mais comme les jardins d’enfants ne fonctionnent que jusqu’à 14 heures, et les écoles jusqu’à 13 heures, le Forum national des parents a demandé vendredi au ministre des Finances Moshe Kahlon de débloquer les salaires pour la reprise des activités extrascolaires.

« Réveillez-vous. Arrêtez l’illusion d’un retour à la routine. Quel genre de routine est-ce quand nous sommes obligés de quitter le travail à midi pour aller chercher nos enfants, ou de rester à la maison pour s’occuper d’eux. Débloquez l’aide financière pour les programmes », a demandé l’organisation dans un communiqué transmis à la chaîne publique Kan.

Mercredi, le ministère de la Santé a approuvé un accord selon lequel les garderies supervisées par le gouvernement pour les enfants jusqu’à 3 ans seront également autorisées à ouvrir dimanche, mais avec des limites sur la capacité des classes qui pourraient contraindre des milliers de bambins à rester chez eux.

Les établissements privés seraient en outre parvenus à un accord avec le ministère des Finances concernant l’indemnisation pour une fermeture de 40 jours qui a pratiquement paralysé la vie publique, mais ils n’ont pas encore reçu les protocoles définitifs du ministère de la Santé.

Israël sort progressivement du confinement, permettant à certains magasins, aux écoles, aux jardins d’enfants et autres de rouvrir, car le nombre de nouvelles infections semble avoir ralenti et s’avère désormais minime.

Des élèves israéliens portent des masques pour le premier jour d’école après fermeture à cause de la pandémie de coronavirus, à Jérusalem, le 3 mai 2020. (Crédit : Olviier Fitoussi/Flash90)

Dans les écoles israéliennes, les classes du CP au CE2 et de Première et Terminale ont repris cette semaine avec des classes réduites et des procédures sanitaires strictes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi qu’il s’attendait à ce que tous les élèves retournent en classe avant la fin du mois, tandis que les universités et les collèges devraient rouvrir le 14 juin. Les écoles devront probablement procéder à une rotation de fréquentation, car elles n’ont pas assez de salles de classe pour que tous les élèves puissent maintenir une distance physique en même temps.

Dans les écoles, les élèves sont répartis en groupes, chacun d’eux devant, selon les directives du ministère de l’Éducation, rester ensemble pendant tous les cours et les pauses. Chaque groupe doit également disposer de sanitaires réservées.

Les écoles ont été parmi les premiers établissements à fermer à la mi-mars, une mesure qui a été rapidement suivie par des mesures plus strictes ayant pratiquement paralysé l’économie et forcé beaucoup d’Israéliens à rester chez eux alors que le pays cherchait à prévenir l’épidémie de Covid-19.

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