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La FINUL rejette les accusations de Tsahal sur l’ONG qui couvrirait le Hezbollah

La FINUL a dit avoir inspecté les zones indiquées par l'armée israélienne et que le Hezbollah ne viole pas la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des hommes libanais, dont Tsahal dit être des membres du groupe terroriste du Hezbollah, scrutent Israël depuis un poste d'observation près de la frontière, comme le montrent les images publiées par les autorités militaires le 22 octobre 2018. (Armée israélienne)
Des hommes libanais, dont Tsahal dit être des membres du groupe terroriste du Hezbollah, scrutent Israël depuis un poste d'observation près de la frontière, comme le montrent les images publiées par les autorités militaires le 22 octobre 2018. (Armée israélienne)

La force de maintien de la paix des Nations unies au Liban (FINUL) a rejeté lundi les allégations de l’armée israélienne selon lesquelles l’organisation terroriste Hezbollah violait une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies en établissant subrepticement des postes d’observation le long de la frontière avec Israël.

Plus tôt dans la journée, l’armée israélienne avait accusé le Hezbollah d’utiliser l’organisation non gouvernementale écologiste « Green Without Borders » comme façade pour ses activités militaires. L’armée a déclaré que le Hezbollah soutenu par l’Iran utilisait des postes d’observation le long de la frontière pour recueillir des renseignements sur les cibles militaires et civiles israéliennes, tout en se faisant passer pour des membres du groupe environnemental.

La FINUL est chargée d’appliquer la résolution de l’ONU. Israël critique depuis longtemps ce qu’il considère comme l’échec de la force de maintien de la paix à désarmer le Hezbollah, que l’armée israélienne considère comme une de ses principales menaces dans la région, ou à s’y opposer de manière significative.

L’armée israélienne avait formulé des allégations similaires contre les activités de reconnaissance du Hezbollah en juin 2017, identifiant cinq postes d’observation appartenant à l’ONG, qui, selon l’armée, étaient en fait utilisés pour mener des activités de renseignement et de reconnaissance au profit de l’organisation terroriste soutenue par l’Iran.

« Nous dévoilons à présent une nouvelle position », a déclaré lundi à la presse un haut responsable du Commandement Nord de Tsahal.

Des hommes libanais, dont Tsahal dit être des membres du groupe terroriste du Hezbollah, scrutent Israël depuis un poste d’observation près de la frontière, comme le montrent les images publiées par les autorités militaires le 22 octobre 2018. (Armée israélienne)

Le sixième poste d’observation présumé du Hezbollah se situe dans la ville libanaise d’Aadaysit Marjaayoun, à moins d’un kilomètre de la frontière et de la localité israélienne de Misgav Am, selon cet officier qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.

« Nous les voyons collecter des renseignements sur les activités israéliennes », a déclaré le responsable à la presse.

Le responsable a indiqué que l’armée pense que le Hezbollah utilise ces informations pour se préparer à commettre des attaques contre des cibles militaires et civiles israéliennes.

« Nous attendons de la FINUL qu’elle surveille ces positions et qu’elle leur rende visite. Jusqu’à présent, elle ne l’a pas fait », a-t-il expliqué.

Selon Tsahal, les positions présumées du Hezbollah représentent une violation de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui appelle les groupes armés, outre l’armée libanaise officielle et la FINUL, à rester au nord du fleuve Litani, au Liban.

Toutefois, le responsable a reconnu que Tsahal n’a pas aperçu d’armes à l’intérieur du poste d’observation – « du moins pas d’armes visibles », a-t-il précisé.

« Mais nous pouvons apercevoir des équipements et des infrastructures militaires », a ajouté le responsable.

L’officier de Tsahal a souligné que les hommes étaient régulièrement vus en train de scruter Israël à l’aide de puissantes jumelles de qualité militaire et de prendre des photos avec des appareils photo sophistiqués.

Malgré la résolution 1701 faisant spécifiquement référence aux « forces armées », l’officier de Tsahal a déclaré que les actions du Hezbollah dans la région constituaient néanmoins une violation car elles constituaient des activités militaires interdites.

Des hommes libanais, dont Tsahal dit être des membres du groupe terroriste du Hezbollah, scrutent Israël depuis un poste d’observation près de la frontière, comme le montrent les images publiées par les autorités militaires le 22 octobre 2018. (Armée israélienne)

L’année dernière, les Nations Unies ont également rejeté l’affirmation d’Israël selon laquelle le Hezbollah utilisait l’ONG comme façade pour ses activités.

De même, la FINUL a déclaré que si des membres de « Green Without Borders » ont planté des arbres dans la zone, elle « n’a pas observé de personnes armées non autorisées sur les lieux ni trouvé de motifs pour signaler une infraction à la résolution 1701 ».

Dans une apparente menace, Tsahal a déclaré qu’elle « suivait en permanence les activités de l’organisation du Hezbollah, comme cela a été prouvé récemment. Elle est au courant de ces activités et de bien d’autres également. »

L’ONG « Green Without Borders » est en théorie une organisation écologiste qui se consacre à la préservation des forêts libanaises.

« Mais les personnes qui occupent ce poste observent l’armée israélienne et Misgav Am », a ajouté l’officier supérieur. « Elles ne sont pas en train de planter des arbres. »

Carte illustrant l’emplacement approximatif de six postes d’observation le long de la frontière israélo-libanaise appartenant à l’ONG « Green Without Borders », qu’Israël considère comme une façade pour l’organisation terroriste Hezbollah. (Armée israélienne)

Interrogé sur la raison pour laquelle les forces armées israéliennes n’agissaient pas directement contre ce poste présumé du Hezbollah, l’officier a répondu que c’était parce qu’Israël était déterminé à faire respecter la résolution 1701.

« Mais bien sûr, cette accumulation est intolérable. C’est pourquoi nous attendons des Libanais et de la FINUL qu’ils agissent contre ce phénomène », a déclaré l’officier.

Le responsable a déclaré que les activités de reconnaissance du Hezbollah le long de la frontière ne constituent qu’une « petite partie » de ses activités au sud du Litani, notant qu’Israël estime que l’organisation possède un stock important de roquettes à courte et moyenne portée au sud Liban.

Le Hezbollah a considérablement accru ses stocks d’armes depuis la guerre de 2006 et a porté son arsenal à entre 100 000 et 150 000 obus de mortier, roquettes et missiles, selon des responsables israéliens. L’armée israélienne est également convaincue que l’organisation terroriste s’emploie actuellement à moderniser cet arsenal et à transformer son stock actuel de simples roquettes en armes de précision.

Israël craint que certains systèmes d’armes sol-mer et antiaériens avancés ne soient parvenus au Hezbollah depuis l’Iran également.

Au début du mois, l’armée israélienne a achevé la construction d’une section de 13 kilomètres d’une barrière en béton et en acier le long de la Ligne bleue, qui sert de frontière entre Israël et le Liban.

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