« La France a payé cher une vidéo montrant les liens de Merah avec la DGSE »
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« La France a payé cher une vidéo montrant les liens de Merah avec la DGSE »

Selon le Telegraph, le père d’une des victimes de Merah attaque la France en justice pour cette affaire

Mohammed Merah. (Crédit : capture d'écran France 2)
Mohammed Merah. (Crédit : capture d'écran France 2)

Le père d’une des victimes de l’assassin de Toulouse Mohamed Merah accuse le service d’espionnage français d’avoir payé au père de Merah des milliers d’euros pour un clip de ses derniers instants détaillant ses liens avec l’agence.

Albert Chennouf-Meyer, dont le fils soldat, Abel, a été tué par Merah en mars 2012, a déposé une plainte en justice en France pour « destruction de preuves », selon The Telegraph.

Merah a perpétré une série de meurtres cette année-là, abattant au total sept personnes, dont trois soldats et trois enfants et un enseignant juifs dans une école juive de Toulouse.

Chennouf-Meyer affirme que la DGSE a payé 30 000 euros au père de Merah pour deux clips de 20 minutes, que son fils lui aurait envoyés dans les dernières heures de sa vie. Merah a été tué par les forces d’élite de la police, après un siège de 32 heures à son appartement de Toulouse.

Les clips contiendraient des messages enregistrés de Mohamed Merah détaillant ses liens et activités pour l’agence d’espionnage.

Le père de Merah a été expulsé par la France vendredi, selon des sources policières.

Les autorités ont déclaré qu’il se trouvait illégalement dans le pays des mois après que les autorités ont refusé de renouveler son permis de séjour en mars.

Une source proche de l’affaire a déclaré que le père, Mohamed Benalel Merah, a été arrêté près du cimetière où son fils a été enterré.

Il a été interrogé et mis sur un vol à destination de l’Algérie.

L’expulsion a irrité les avocats de Chennouf-Meyer, qui ont exprimé une « indignation devant la précipitation des pouvoirs publics alors qu’il était absolument impératif qu’il soit interrogé sur les vidéos enregistrées et l’argent remis en échange de son silence ».

« C’est une chance magnifiquement bâclée de clarifier la situation », a déclaré Maître Frédéric Picard selon le Telegraph.

« Si vous voulez nourrir les théories du complot, vous ne pourriez pas traiter l’affaire de meilleure façon », a renchéri Béatrice Dubreuil, une autre avocate, selon l’article.

Le père de Merah était le premier à mentionner l’existence des clips, qui selon un journal algérien, détaillent les liens présumés du terroriste d’Al-Qaïda avec les renseignements français.

Chennouf-Meyer affirme à travers ses avocats avoir été convaincu qu’un accord a été conclu quand il a été approché par des agents des renseignements algériens lors d’un voyage en Algérie en 2012, qui lui auraient dit qu’ « il ne saura jamais la vérité puisque les vidéos ont été achetées par la DGSE au père de Merah », selon le Telegraph.

Les autorités françaises ont affirmé qu’elles ont interrogé Mohamed Merah en 2011, quand il est rentré en France en provenance du Pakistan, mais rien de plus.

Un journal italien citant des sources des renseignements français et israéliens a écrit que la DGSE aurait utilisé Merah comme informateur lors de ses voyages en Jordanie, en Afghanistan et en Israël en 2010.

Selon l’article, Merah aurait été autorisé à voyager librement en échange d’informations.

« Merah aurait eu le profil du type de jeune homme susceptible d’infiltrer les camps d’entraînement terroristes en Afghanistan et au Pakistan, et de fournir des renseignements cruciaux aux pays occidentaux », selon l’article du journal italien.

Les autorités françaises ont nié ces allégations.

Les sources de renseignements ont affirmé à l’AFP plus tôt cette année que le demi-frère de Merah, Essid, serait apparu dans une vidéo d’exécution du groupe de l’Etat islamique.

La sœur de Merah, Souad, s’est également rendue en Syrie en 2014, selon les sources.

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