La Haute cour s’oppose au projet hôtelier de Yitzhak Tshuva à Haïfa
Rechercher

La Haute cour s’oppose au projet hôtelier de Yitzhak Tshuva à Haïfa

Le ministère de l'Environnement salue cette décision dans laquelle les juges semblent enterrer le projet de 1970 en lui préférant une version "plus modeste"

L'hôtel Leonardo sur la plage du Carmel à Haïfa, dans le nord d'Israël, depuis la plage (Crédit : Dov Greenblatt, Société pour la protection de la nature en Israël)
L'hôtel Leonardo sur la plage du Carmel à Haïfa, dans le nord d'Israël, depuis la plage (Crédit : Dov Greenblatt, Société pour la protection de la nature en Israël)

Autre revers pour le magnat en difficulté Yitzhak Tshuva : la Haute cour de justice a indiqué, dimanche, qu’elle s’alignerait sur le ministère de la Protection environnementale pour s’opposer au plan d’élargissement d’une partie de la plage du Carmel située à Haïfa, dans le nord du pays, en la faisant avancer dans la mer pour permettre la construction de quatre tours hôtelières.

Le tribunal a ordonné aux différentes parties – le groupe Carmel Beach Leisure de Tshuva et Tourism 89, la municipalité de Haïfa et la commission de planification du district de Haïfa – d’œuvrer à trouver une alternative plus modeste. L’un des choix offerts par la Cour est que des droits de construction soient accordés à la firme ailleurs.

La compagnie a déclaré au quotidien économique Globes qu’elle était déterminée à jouir des droits de construction qui lui ont été attribués et qu’elle réfléchissait à poursuivre la municipalité et les autorités de planification pour obtenir une indemnisation.

Alors que la pandémie de coronavirus frappe les industries du gaz et du pétrole, Tshuva a vu le prix des actions de sa société Delek Group — qui, via sa filiale Delek Drilling, est lourdement investie dans l’industrie du gaz naturel – chuter de 85 % depuis le début de l’année.

L’homme d’affaires israélien Yitzhak Tshuva lors d’une conférence sur l’énergie à Tel Aviv, le 27 février 2018. (Crédit : Flash90)

Le dossier qui a été jugé dimanche remonte à 1978, lorsqu’une permission de planification avait été octroyée concernant la construction de six hôtels de sept à 24 étages sur la plage du Carmel, à l’entrée sud de Haïfa.

Tshuva était devenu l’actionnaire principal de la compagnie après la construction de deux des hôtels prévus par les propriétaires initiaux.

En 2013, ses projets de quatre hôtels supplémentaires avaient été rejetés par la Commission de planification du district de Haïfa, une décision qui avait été soutenue lors d’appels ultérieurs, partiellement parce que le plan violait la Loi sur la protection environnementale côtière adoptée en 2004.

Mais au mois de janvier – une victoire pour Tshuva – le tribunal des affaires administratives de Haïfa avait décidé de renvoyer le dossier au débat devant la cour de district de la ville. Une décision qui a donc été rejetée par la Haute cour dimanche.

Le ministère de la Protection environnementale s’était toujours opposé pour sa part à la perspective d’abaisser artificiellement le niveau de l’eau via un système de drains et de pompes pour permettre l’élargissement de la plage.

View of the Leonardo hotel on the beachside of Haifa (Photo credit: Moshe Shai/FLASH90)
L’hôtel Leonardo sur le front de mer de Haïfa. (Crédit : Moshe Shai/FLASH90)

Une question qui s’est posée à plusieurs reprises au cours des années – et qui avait été soulevée par Tshuva – avait été celle de la contribution financière apportée par la municipalité de Haïfa dans les travaux d’élargissement de la plage, qui étaient susceptibles de coûter des centaines de millions de shekels. De son côté, la firme avait affirmé que ces ouvrages permettraient d’améliorer la plage pour l’ensemble du public, justifiant ainsi la nécessité, pour la mairie, de s’impliquer dans le projet.

Pour sa part, Menachem Mazuz, juge à la Cour suprême – l’un des trois magistrats ayant siégé lors de la séance, dimanche – a noté que la pratique habituelle était qu’il revenait au promoteur immobilier de payer.

La ministre de la Protection environnementale Gila Gamliel s’est réjouie du jugement, disant qu’il représentait une avancée significative dans la protection de l’environnement côtier et dans la préservation de l’intérêt public.

La ministre de la Protection environnementale, Gila Gamliel. (Autorisation : ministère de la Protection environnementale)

Les planificateurs accordent de plus en plus d’importance à la préservation des zones côtières.

Au début de l’année, une commission de planification s’était prononcée en défaveur de la construction d’une station balnéaire sur la plage de Betzet, à l’ouest de la Galilée, dans le nord d’Israël, quelques jours après le jugement d’un tribunal qui s’était opposé à la construction d’un lieu de villégiature et d’un centre de conférences sur la plage populaire de Palmachim, située entre Ashdod et Bat Yam.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...