La Knesset annule l’exigence d’études laïques pour les Haredi
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La Knesset annule l’exigence d’études laïques pour les Haredi

Les élus ont supprimé la menace de compressions budgétaires pour les écoles qui n'enseignent les mathématiques, l'anglais et les sciences

Des écolières ultra-orthodoxes à Beit Shemesh (Crédit photo: Yaakov Lederman/Flash90)
Des écolières ultra-orthodoxes à Beit Shemesh (Crédit photo: Yaakov Lederman/Flash90)

La Knesset a approuvé dans la nuit lundi à mardi un projet de loi neutralisant une loi qui, à partir de 2018, aurait réduit le financement des écoles ultra-orthodoxes qui ne consacrent un nombre minimum d’heures hebdomadaires à des matières laïques fondamentales telles que les mathématiques, l’anglais, et les sciences.
 
Le projet de loi a été adopté en deuxième et troisième lecture par une majorité de 41 contre 28.

La loi d’origine, initiée en 2013 par le parti Yesh Atid, aurait réduit le financement par l’Etat de certaines institutions Haredi de 55 % de la somme reçue actuellement par les écoles israéliennes qui se conforment au programme de base, à 35 %.

Au lieu d’exiger des écoles Haredi d’enseigner 10 à 11 heures par semaine des études profanes, comme la loi de Yesh Atid avait prévu, le nouveau projet de loi donne au ministre de l’Éducation Naftali Bennett le pouvoir discrétionnaire de financer ces institutions.

Dans leurs accords de coalition après les élections de 2015, les partis ultra-orthodoxes avaient exigé que la loi sur le programme de base soit abandonnée.

Yesh Atid a réagi au vote en disant que « le gouvernement israélien a vendu l’avenir de nos enfants et privait toute une génération de la possibilité de subvenir à leurs besoins ».

Naftali Bennett, ministre de l'Education et président du parti HaBayit HaYehudi, pendant une conférence de presse, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Naftali Bennett, ministre de l’Education et président du parti HaBayit HaYehudi, pendant une conférence de presse, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Ce serait une chose s’ils ne comprenaient pas les dégâts qu’ils ont fait, mais toute personne qui siège dans ce gouvernement comprend qu’il a volé aux enfants d’Israël les outils de base pour s’intégrer dans le marché de l’emploi et gagner leur vie, » a déclaré dans un communiqué le parti, maintenant dans l’opposition. « Et pourtant, ils ont soutenu la loi, parce que tout simplement cela ne les dérange pas. Tout ce qui les intéresse c’est la politique. Dans leur quête pour conserver leurs sièges, tout est permis – même de vendre les enfants d’Israël ».

Mais le chef de Yesh Atid le député Yair Lapid, a adopté un ton plus conciliant dans un discours prononcé la semaine dernière devant la Knesset, bien que la Knesset annulait l’une des dernières réformes restantes de son mandat de ministre des Finances.

« Nous n’avons pas besoin de nous battre. Cette question des études de mathématiques et d’anglais, contrairement à l’égalité devant le fardeau [l’incorporation des ultra-orthodoxes dans l’armée] et d’autres questions soulevées ici, ne concerne qu’un petit nombre de personnes dans votre communauté », a-t-il dit, s’adressant aux élus Haredi.

Le président du parti Yesh Atid, Yair Lapid (à gauche) avec Menachem Eliezer Mozes, député de Yahadout HaTorah, à la Knesset, le 8 juillet 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président du parti Yesh Atid, Yair Lapid (à gauche) avec Menachem Eliezer Mozes, député de Yahadout HaTorah, à la Knesset, le 8 juillet 2013. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il y a quelques semaines le cabinet et la commission ministérielle pour la législation avaient approuvé le texte.

Dans une volte-face de Bennett, qui avait soutenu la loi de Yesh Atid, le ministère de l’Education a présenté la semaine dernière à la Knesset le projet de loi modifié.

La loi du programme de base de Yesh Atid devaient affecter de 40 000 à 50 000 des 440 000 élèves ultra-orthodoxes d’Israël (environ 1,8 % de l’ensemble des élèves israéliens) qui étudient dans les écoles qui enseignent moins de 10 heures par semaine les mathématiques, l’anglais et d’autres matières exigées par le ministère.

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