La limitation du mandat du Premier ministre à huit ans, une priorité pour Saar
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La limitation du mandat du Premier ministre à huit ans, une priorité pour Saar

"C'est la première loi que nous adopterons", dit le chef de Tikva Hadasha, qui veut aussi limiter les mandats des maires ; le maire d'Eilat rallie son parti

Gideon Saar pendant une visite à l'hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 16 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Gideon Saar pendant une visite à l'hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem, le 16 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Gideon Saar, chef de la formation Tikva Hadasha, a déclaré lundi que l’Etat juif devait limiter à huit ans le mandat de Premier ministre.

« Ce sera la toute première loi que nous adopterons », a déclaré Saar lors d’une conférence organisée à l’Institut israélien de la démocratie.

En cumulant ses mandats, Netanyahu est Premier ministre depuis 14 ans – dont onze années consécutives depuis 2009.

Saar a aussi déclaré que les maires devaient être limités à l’exercice de deux mandats. De nombreux maires, dans tout le pays, occupent leur poste depuis très longtemps – certains depuis des décennies.

Il croit en l’idée de gouvernance décentralisée, avec une autorité plus grande accordée aux leaders locaux qu’aux dirigeants nationaux.

Il s’est exprimé alors que le maire d’Eilat, Meir Yitzhak Halevi, est devenu le dernier membre du Likud à déserter sa formation d’origine pour rejoindre Tikva Hadasha, après le départ de Saar du parti du Premier ministre pour former sa propre faction.

Le maire d’Eilat, Meïr Yitzhak Halevi, s’entretient avec l’AFP dans la station balnéaire de la mer Rouge à Eilat le 17 avril 2020, au milieu de la pandémie de coronavirus. (Menahem Kahana/AFP)

Halevi, qui est maire de cette station balnéaire de la mer Morte depuis 2003, occupera l’une des dix premières places de la liste de Tikva Hadasha, selon une déclaration du porte-parole de Saar.

Comme les autres politiciens du Likud qui ont rallié Saar, Halevi a indiqué qu’il quittait le parti à cause de Netanyahu.

« Aujourd’hui, à un moment où nous avons besoin d’unité avant tout le reste, le Likud, sous l’autorité de Netanyahu, se distingue par son discours clivant et féroce, ses incitations, et adopte une culture de la diffamation », aurait déclaré Halevi.

Des gens profitent de la plage dans la station balnéaire d’Eilat, le 6 novembre 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

Il a aussi critiqué la prise en charge de la pandémie de coronavirus par le gouvernement, qui a fait plonger l’économie d’Eilat qui dépend du tourisme. Dans le cadre du troisième confinement national en vigueur depuis dimanche soir, le statut d’Eilat en tant « qu’îlot touristique » – où les restrictions entraînées par la COVID-19 sont assouplies – a été annulé.

« Nous sommes témoins au mieux, d’un manque de gestion ou, ou pire, d’une mauvaise gestion et ce troisième confinement… en est la preuve. Le public est déçu par le gouvernement actuel, par son dirigeant et il faut que les Israéliens puissent à nouveau avoir de l’espoir », a continué Halevi.

Saar a salué Halevi pour son mandat de maire d’Eilat, ajoutant que les deux hommes avaient une « vision partagée » de la gouvernance. « Meir m’a soutenu et il a soutenu mon parcours politique avec constance, au fil des années, et je suis très heureux qu’il rejoigne l’équipe de Tikva Hadasha qui se présentera à la 24e Knesset », a-t-il affirmé.

Halevi a rejoint plusieurs autres politiciens du Likud qui ont fait scission en faveur du parti de Saar depuis son lancement, au début du mois, jurant d’écarter Netanyahu du poste de Premier ministre : Yifat Shasha-Biton, Michal Shir, Sharren Haskel et l’ancien confident du chef de gouvernement Zeev Elkin.

Cette annonce faite par Halevi a suivi des informations, transmises dimanche, qui ont laissé entendre que Netanyahu allait tenter de consolider les rangs du Likud grâce à un certain nombre d’éminentes personnalités dans le but de réduire les soutiens apportés à Tikva Hadasha.

Citant des sources du Likud, le site d’information Walla a fait savoir que le Premier ministre avait été récemment en contact avec l’ancien général de brigade de l’armée israélienne Gal Hirsch, auquel il aurait assuré une place élevé sur la liste du Likud pour le prochain scrutin.

Hirsch, qui avait quitté l’armée israélienne en 2006 suite aux critiques sur les échecs essuyés par l’armée pendant la Seconde guerre du Liban, avait été nommé, en 2015, pour devenir le futur commissaire de police israélien. Cette nomination avait été déjouée par des enquêtes pour corruption ouvertes sur ses affaires. Au mois de juillet de cette année, les procureurs de l’Etat ont expliqué réfléchir à le mettre en examen pour délits fiscaux.

Le 30 juin 2019, Gal avait rejoint le Likud à la demande du Premier ministre Netanyahu, selon un post publié sur Facebook. (Crédit : Facebook)

Avant les élections du mois d’avril 2019, Hirsch avait lancé la formation Magen Israel qui n’était pas parvenue à franchir le seuil électoral. Il avait alors rejoint le Likud et avait occupé la centième place sur la liste du parti lors des scrutins de septembre 2019 et de mars 2020 – sans aucune chance d’intégrer le Parlement.

Le site d’information a expliqué que Netanyahu voulait donner à Hirsch une place importante sur la liste du Likud dans le cadre de la campagne menée par le parti contre le système de la justice et contre la police, que le Premier ministre a régulièrement fustigés dans le contexte de son procès pour corruption.

Un autre nom qui aurait été mentionné est celui de Ron Dermer, ambassadeur israélien aux Etats-Unis et proche de longue date du Premier ministre dont le mandat à Washington doit s’achever le mois prochain.

L’année dernière, Walla avait rapporté que Netanyahu considérait Dermer et le chef du Mossad, Yossi Cohen, comme ses successeurs potentiels après son retrait de la vie politique.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Ron Dermer, à la maison d’hôtes du président, à Washington, DC, le 14 février 2017. (Avi Ohayon/GPO)

Toujours selon le site d’information, Netanyahu réfléchirait également à aider Gilad Sharon, fils de l’ancien Premier ministre et chef du Likud, à avoir une bonne place sur la liste.

Des sources ont notamment fait savoir qu’il y avait eu des initiatives de médiation entre Netanyahu et Gilad Sharon – dont les relations sont mauvaises. Des membres du parti ont pour leur part ouvertement mis en doute la possibilité d’une telle réconciliation.

Sharon a démenti tout contact avec le Premier ministre ou ses représentants.

Gilad Sharon, le fils de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, lors d’un événement culturel à Holon, le 28 janvier 2017. (Crédit : Flash90)

L’année dernière, Netanyahu avait refusé d’accorder une exemption qui aurait permis à Sharon de se présenter aux Primaires du Likud dans la mesure où il lui manquait quelques mois d’adhésion pour être éligible à se présenter à un poste sur la liste – cette éligibilité est réservée aux personnes qui sont membres du parti depuis au moins trois ans. Une exemption qui avait été par ailleurs accordée au ministre Yoav Gallant, qui avait rallié la formation au pouvoir après avoir quitté Koulanou.

Selon les sondages récents, Netanyahu et ses alliés ultra-orthodoxes échoueraient à rassembler une majorité lors du prochain scrutin, même si le parti national-religieux Yamina devait se joindre à eux. Saar, de son côté, ne semble pas en mesure de pouvoir former un gouvernement sans le Likud.

Saar, dimanche soir, a réitéré sa promesse de ne jamais rejoindre un gouvernement placé sous l’autorité de Netanyahu.

« J’ai l’intention de remplacer Netanyahu… Je ne rejoindrai jamais, quelles que soient les circonstances, un gouvernement dont il serait Premier ministre parce que sa présence continue est contraire aux intérêts de l’Etat et que je ne ferai aucun compromis là-dessus », a dit Saar dans une interview accordée à la Treizième chaîne.

Les désaccords sur le budget de l’Etat ont finalement entraîné l’effondrement du gouvernement de partage du pouvoir qui avait été formé par le Likud et Kakhol lavan, entraînant automatiquement un nouveau scrutin. Il est prévu en date du 23 mars 2021.

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