Rechercher

La Liste arabe unie s’oppose au sionisme mais soutient le « compromis »

Courtisant Kakhol lavan, un haut-député arabe dit que son alliance veut de pleins droits civils et nationaux pour les Arabes israéliens et la fondation d'un Etat palestinien

Benny Gantz, le chef du parti Kakhol lavan, prononce un discours lors d'une conférence de presse à Tel Aviv le 26 septembre 2019. 
(Avshalom Shoshoni/Flash90)
Benny Gantz, le chef du parti Kakhol lavan, prononce un discours lors d'une conférence de presse à Tel Aviv le 26 septembre 2019. (Avshalom Shoshoni/Flash90)

Mansour Abbas, membre éminent de la Liste arabe unie, a déclaré jeudi que tandis que son alliance de quatre partis arabes s’opposait au sionisme, elle estimait toutefois que des solutions pouvaient être trouvées pour les inégalités entre Arabes et Juifs en Israël ainsi que pour résoudre le conflit israélo-palestinien.

« Nous sommes bien entendu défavorables au mouvement sioniste. Néanmoins, d’un point de vue pragmatique, nous sommes prêts à trouver un compromis entre le mouvement sioniste et les Palestiniens », a déclaré Abbas, à la tête du parti Raam, au Times of Israel.

« Nous pensons que le compromis doit accorder la pleine citoyenneté aux Palestiniens en Israël, et notamment les droits civils et nationaux, et permettre également l’établissement d’un Etat palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est », a-t-il continué.

« Nous savons que le sionisme et le nationalisme palestinien ne sont pas en harmonie au niveau idéologique mais nous pensons que ce compromis est un élément qui peut fonctionner pour les deux parties. Nous savons qu’il n’y a pas de justice absolue mais nous pensons que la solution doit être aussi proche de nos deux points de vue que possible », a ajouté Abbas.

Abbas a tenu ces propos quelques heures après qu’Ayman Odeh, qui dirige la Liste arabe unie, a appelé le leader de Kakhol lavan, sur la Douzième chaîne, à former un gouvernement minoritaire avec le soutien de la Liste arabe unie, en disant que même s’il devait chuter rapidement, une initiative montrant « un tel courage » vaudrait le coup – ne serait-ce que pour faire partir Benjamin Netanyahu de son poste de Premier ministre.

Mansour Abbas, du parti Raam, lors d’une conférence de presse après une rencontre avec le président Reuven Rivlin à la résidence présidentielle à Jérusalem, le 16 avril 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton / Flash90)

Odeh a également déclaré jeudi à la radio militaire qu’il considérait un tel scénario comme immensément important pour les Arabes israéliens, une éventualité qui jouerait un rôle spectaculaire dans la « légitimation » de la communauté dans le discours public israélien.

Le président Reuven Rivlin a donné mercredi à Gantz le mandat de former une coalition après que Netanyahu lui a annoncé son échec dans la mise en place d’une majorité.

Gantz n’a pas indiqué s’il soutenait l’établissement d’un gouvernement minoritaire avec le soutien de la Liste arabe unie.

Netanyahu a toutefois mis en garde contre une éventuelle tentative du leader de Kakhol lavan de le faire, affirmant qu’aucun gouvernement ne devait pouvoir s’appuyer sur « des partis arabes antisionistes qui s’opposent à l’existence même d’Israël en tant que parti Juif et démocratique ».

Mercredi, Gantz s’est entretenu avec un certain nombre de leaders des différentes formations et il a convenu de les rencontrer dans les prochains jours pour mettre en place un gouvernement. Mais le chef de Kakhol lavan ne s’est entretenu qu’avec les hauts-députés à la tête de trois des quatre factions qui constituent la Liste arabe unie, choisissant de ne pas se tourner vers Mtanes Shihadeh, législateur de Balad.

A la question qui lui a été posée jeudi, lui demandant s’il voyait un avantage à rencontrer Gantz ou à échanger avec lui, Shihadeh a répondu par la négative.

Balad est un parti laïc et nationaliste qui s’oppose avec force à la notion d’un Israël exclusivement Juif et il soutient l’idée d’un Etat avec des droits nationaux et civils égaux entre Arabes et Juifs.

Balad a été la seule faction à ne pas recommander Gantz au poste de Premier ministre auprès de Rivlin au mois de septembre.

Benny Gantz, le chef du parti Kakhol lavan, prononce un discours lors d’une conférence de presse à Tel Aviv le 26 septembre 2019.
(Avshalom Shoshoni/Flash90)

La formation avait émis un communiqué à ce moment-là expliquant qu’elle ne recommanderait pas Gantz en raison, entre autres, de son « idéologie sioniste, de ses positionnements de droite qui ne sont pas si différents de ceux du Likud et de ses antécédents militaires sanglants et agressifs ».

Abbas, le leader de Raam, a déclaré à Ashams, une station de radio basée à Nazareth, que la Liste arabe unie n’accepterait pas des négociations avec Kakhol lavan si le parti Balad en était exclu.

Un porte-parole d’Odeh a expliqué, jeudi, qu’il serait « raisonnable de présumer » que le leader de la Liste arabe unie rencontrera Gantz mardi prochain.

Il n’a pas indiqué si la rencontre possible entre Odeh et Gantz inclurait d’autres membres de la Liste arabe unie.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...