La mission palestinienne à Washington ferme officiellement ses portes
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La mission palestinienne à Washington ferme officiellement ses portes

Husam Zomlot a dénoncé une décision "malheureuse et vindicative" et accuse l'administration Trump de chantage

Des gens réunis aux abords du bureau de la délégation de l'Organisation de libération de la Palestine à Washington, le 10 septembre 2018 (Crédit AFP PHOTO / Andrew CABALLERO-REYNOLDS)
Des gens réunis aux abords du bureau de la délégation de l'Organisation de libération de la Palestine à Washington, le 10 septembre 2018 (Crédit AFP PHOTO / Andrew CABALLERO-REYNOLDS)

La mission diplomatique palestinienne à Washington, dont le gouvernement de Donald Trump a ordonné la fermeture, a cessé ses activités jeudi en espérant que ce « triste moment » ne soit qu’une brève parenthèse.

Le département d’Etat américain a annoncé lundi sa décision de fermer le bureau de représentation de l’OLP, accusant les dirigeants palestiniens de refuser de parler à l’administration Trump et d’engager des négociations de paix avec Israël.

Cette décision est la dernière en date d’une série de mesures prises par l’administration du président Donald Trump contre la direction palestinienne qui a elle gelé les relations avec les officiels américains depuis la reconnaissance unilatérale, en décembre 2017 par les Etats-Unis, de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Aujourd’hui, c’est le délai qu’ils nous ont donné » pour fermer, a déclaré le représentant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hossam Zomlot, dans une vidéo sur Facebook adressée au « grand peuple américain ».

Cette fermeture coïncide avec le 25e anniversaire de la signature, à la Maison Blanche, des accords d’Oslo entre les deux dirigeants de l’époque, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et le chef de l’OLP Yasser Arafat.

Hossam Zomlot a dénoncé une décision « malheureuse et vindicative ». « L’administration Trump ne nous a donné que deux choix: perdre notre relation avec elle ou perdre nos droits en tant que nation. »

Husam Zomlot, envoyé de l’OLP à Washington, s’adresse aux journalistes à Washington le 17 août 2017 (Crédit : Ron Kampeas)

« Notre président, nos dirigeants et le peuple palestinien ont choisi nos droits », a expliqué celui qui faisait office d’ambassadeur palestinien aux Etats-Unis.

Se disant « extrêmement attristé par la situation actuelle », il a lancé aux « millions d’Américains qui ont été et continuent d’être les amis de la Palestine »: « que ce triste moment soit bref afin que nous puissions redevenir rapidement un symbole et l’illustration de la relation historique entre Palestiniens et Américains ».

Avant d’ordonner la fermeture de la mission, les Etats-Unis avaient annoncé la réduction de leur aide aux Palestiniens et annulé leur financement de l’UNRWA, l’agence onusienne qui soutient les réfugiés palestiniens.

La décision de ne pas renouveler de six mois la mission est survenu après que des dirigeants palestiniens ont demandé à la Cour pénale internationale de poursuivre des responsables israéliens.

الْيَوْمَ الساعة الخامسة مساء بتوقيت واشنطن الموعد الذي حددته إدارة ترامب لإنهاء عمل بعثة فلسطين في واشنطن ووقف مخاطبة الشعب الأمريكي، بهذه المناسبة أرسلنا للشعب الأمريكي هذه الرسالةToday is the deadline for shutting down the work of the Palestinian mission to the US, following the decision of the US administration. On this occasion, we sent this message to the American people

Posted by Husam Zomlot on Thursday, 13 September 2018

Les dirigeants palestiniens accusent la Maison Blanche de Trump de faire preuve de partialité en faveur d’Israël et de les faire chanter pour qu’ils cèdent aux exigences américaines.

Parallèlement, la Maison Blanche assure préparer un plan de paix dont Donald Trump espère, malgré tout, qu’il permettra de parvenir à « l’accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens.

« Attendez que le plan de paix soit dévoilé, et quand il sera publié, lisez-le entièrement et jugez-le sur le fond –pas sur la base de rumeurs, spéculations, informations de presse », a demandé mercredi sur Twitter un des négociateurs américains, Jason Greenblatt.

Mais interrogée jeudi, la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert a précisé que l’administration n’était « pas prête à le dévoiler ».

« Il y a besoin d’une approche différente » car « rien n’a marché » jusqu’ici, a-t-elle plaidé, assurant rester « optimiste ».

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