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La nature contribue à hauteur de plusieurs milliards à l’économie d’Israël – étude

Les services rendus par les écosystèmes, qu'il s'agisse de nourriture, d'eau, de pollinisation ou d'absorption de carbone, pourraient représenter 8% du PIB

Sur cette photo du 25 avril 2020, des fleurs sauvages fleurissent dans un parc national vide surplombant la mer de Galilée, connue localement sous le nom de lac Kinneret (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit).
Sur cette photo du 25 avril 2020, des fleurs sauvages fleurissent dans un parc national vide surplombant la mer de Galilée, connue localement sous le nom de lac Kinneret (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit).

Une nouvelle étude a estimé que la riche mosaïque de nature en Israël et les bénéfices qu’elle apporte à la société pourraient rapporter des dizaines de milliards de shekels à l’économie chaque année.

Ce rapport gouvernemental qui a été rendu public la semaine dernière après huit années de recherche qui ont impliqué plus de 200 scientifiques, vise à fournir aux décisionnaires un point de vue différent sur les ressources naturelles – au-delà de quelque chose à simplement exploiter.

Initiée par le ministère de la Protection environnementale et par le programme d’évaluation de l’écosystème national HaMaarag, l’étude est la première en son genre dans le pays à tenter de quantifier la contribution au bien-être humain apportée par les différents écosystèmes de la nation.

Déterminants pour un fonctionnement approprié du système soutenant la vie sur la planète, les écosystèmes sont des toiles d’organismes vivants et d’éléments inanimés comme la pierre ou l’eau qui interagissent de manière complexe, offrant de l’oxygène, absorbant du dioxyde de carbone, purifiant l’eau, régulant les températures et plus encore.

Un service d’écosystème est un bénéfice positif qu’un écosystème fournit aux individus d’une société.

Le problème dans le monde entier – auquel Israël ne fait pas exception – est que les écosystèmes sont davantage appréhendés en tant que ressources à exploiter pour le profit plutôt que comme une chose ou un processus dont la forte valeur financière doit être calculée et prise en compte pour garantir qu’ils seront protégés.

Comment, par exemple, peut-on déterminer le prix d’un acacia qui nourrit plusieurs espèces sauvages, qui aide à fixer un sol sablonneux, qui interagit avec les champignons et les bactéries souterraines, qui absorbe le dioxyde de carbone et qui émet de l’oxygène pendant la photosynthèse ?

Une exposition au musée Steinhardt de l’université de Tel Aviv, où est basé le programme national israélien d’évaluation des écosystèmes, montre certaines des créatures qui dépendent d’un acacia, une espèce clé de l’écosystème désertique d’Israël. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Le rapport HaMaarag commence à attribuer une valeur financière aux services (aux prix de 2015), en se concentrant sur les éléments – tels que les produits agricoles, mais aussi la retenue du carbone (tel qu’absorbé par la mer) – qui ont une valeur marchande connue. Elle les évalue à environ 7,7 milliards de shekels par an, et affirme que si des méthodes étaient disponibles pour évaluer tous les services, le chiffre serait probablement plus proche de 122 milliards de shekels par an, ce qui équivaut à 8 % du PIB. (Cette dernière estimation est basée sur les chiffres d’une étude internationale de 2014).

La recherche israélienne a examiné six écosystèmes en Israël et a compté 20 services écosystémiques qu’ils fournissent, répartis en trois catégories.

Des moutons paissent et des aigrettes font des tours gratuits dans les pâturages en dessous de Tel Tzafit. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Huit de ces services fournissent directement des biens, allant de la nourriture, du miel, du bois et de l’eau potable aux pâturages pour le bétail, en passant par les plantes sauvages comestibles et médicinales.

Neuf services contribuent à réguler les systèmes terrestres, en contrôlant le climat, la température, la qualité de l’eau et de l’air, et en prévenant les inondations et l’érosion des sols.

Le rapport indique que le cycle naturel de l’eau est affecté par les changements dans l’utilisation des terres et par le changement climatique, avec pour résultat, par exemple, que la mer de Galilée devient plus saline en raison de la diminution des eaux de pluie.

Vue de la mer de Galilée depuis la maison d’hôtes de Magdala. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

La construction et l’agriculture intensive influencent la façon dont le sol se régénère naturellement, le processus dans les zones côtières étant également menacé par la montée du niveau de la mer.

Les cycles naturels du carbone et de l’azote sont également affectés par l’homme, les émissions de combustibles fossiles perturbant l’équilibre naturel du dioxyde de carbone, à la fois dans l’atmosphère et stocké (par exemple dans les arbres ou les zones humides).

Le cycle de l’azote est, quant à lui, perturbé par les engrais artificiels et les eaux usées, qui contiennent tous deux des niveaux élevés d’azote.

Les abeilles domestiques font partie des pollinisateurs les plus importants de notre écosystème. (Crédit : Susanne Schulz sur iStock by Getty Images)

Bien que l’on sache relativement peu de choses sur les services de régulation fournis par la plupart des écosystèmes d’Israël, le rapport indique que « les informations existantes indiquent une tendance au déclin de l’offre de pollinisateurs pour les cultures agricoles, de la régulation des maladies et des ravageurs [le changement climatique favorise la propagation des insectes porteurs de maladies vers des zones où ils n’ont pas de prédateurs naturels], de la régulation des catastrophes naturelles et des événements extrêmes et de la qualité de l’eau, dans certains écosystèmes ».

Trois services sont répertoriés sous le titre de services culturels, une vaste catégorie décomposée en tourisme, loisirs, sport, éducation et recherche, plaisir, avantages spirituels et inspiration.

Dans un chapitre consacré aux finances, le rapport estime la valeur de tous les poissons (en mer, dans les plans d’eau terrestres et en cage), à 120 millions de shekels (37,4 millions de dollars aux prix d’aujourd’hui) par an.

La végétation naturelle qui nourrit les vaches, les moutons et les chèvres permet aux agriculteurs d’économiser 267 millions de shekels par an en aliments pour animaux, indique le rapport.

Toute l’eau se trouvant dans les limites terrestres d’Israël – cours d’eau, sources et mer de Galilée – est évaluée à 663 millions de shekels par an.

Les cultures agricoles valent quelque 3,3 milliards de shekels par an.

Les eaux économiques marines d’Israël absorbent du dioxyde de carbone pour une valeur de 90 millions de shekels par an, selon le rapport. Ce chiffre est basé sur un prix de 121 dollars par tonne de carbone et constitue le seul prix disponible pour les services que la nature fournit pour réguler les systèmes terrestres.

Profitant de la réserve naturelle de Tavor Stream, le 19 mars 2021. (Crédit : Yahav Gamliel/Flash90)

Enfin, les services culturels sont évalués à au moins 3,5 milliards de shekels par an, une sous-estimation, selon le rapport, qui se base en grande partie sur les droits d’entrée aux sites naturels.

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