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La pénurie de sang bientôt sous contrôle et le libellé du Magen David Adom

Pour Nitzan Horowitz, la pénurie est liée à la vague Omicron, et non aux appels de groupes religieux extrémistes à ne pas donner leur sang

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz donne son sang dans un centre de don du sang Magen David Adom à Jérusalem, le 25 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz donne son sang dans un centre de don du sang Magen David Adom à Jérusalem, le 25 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre de la Santé, Nitzan Horowitz (Meretz), a déclaré mardi que la récente pénurie de sang enregistrée à l’échelle du pays prendrait probablement fin dans les prochains jours, ajoutant que les appels « stupides » des groupes religieux anti-LGBT à ne pas donner – au motif que les formulaires Magen David Adom font référence aux « parent 1 » et « parent 2 » – n’étaient pas à l’origine de la crise.

Horowitz a déclaré, lors d’une session de la commission de la Santé de la Knesset, que cette pénurie de sang « temporaire » était imputable à la vague Omicron, les personnes infectées étant interdites de don pendant plusieurs mois. Il a ajouté « ce n’est lié à aucune autre question ».

Il a indiqué que des pénuries semblables étaient enregistrées dans le monde entier, précisant que l’impact s’était déjà fait sentir en Israël lors des précédentes vagues de la pandémie.

« Selon l’Organisation mondiale de la santé, c’est la pire pénurie de sang en 40 ans », a déclaré Horowitz.

Une homme et ses chiens, après avoir tous donné leur sang, lors d’une journée de don humain et canin. (Crédit : Moran Baranes)

Le ministre de la Santé a déclaré avoir décidé de réduire le délai minimum pour faire un don après avoir été testé positif au coronavirus, sans donner plus de précisions.

Les dons de sang ont déjà presque retrouvé leur niveau d’avant la pénurie, a déclaré Horowitz, ajoutant avoir enregistré ces derniers jours une moyenne de 1 100 dons quotidiens, contre 1 000 en période normale.

Le problème devrait être résolu « dans quelques jours », a-t-il déclaré.

Horowitz a ensuite abordé la question des manifestations contre Magen David Adom.

« Aucun groupe d’intérêt en Israël n’a de droit particulier sur la banque de sang d’Israël », a-t-il déclaré, rejetant le tollé soulevé par les organisations orthodoxes et de certains députés.

Au cours des derniers mois, Magen David Adom a changé le libellé de ses formulaires de don, troquant les mentions de l’origine de la mère et du père du donneur pour une mention du « parent 1 » et du « parent 2 ».

Il a déclaré que ces changements avaient été faits sur la base de recommandations d’experts de la santé. Depuis, la dernière version en date des formulaires de don ne fait plus aucune référence aux parents du donneur.

Horowitz a déclaré que le Magen David Adom s’intéressait initialement à l’origine des parents en raison de l’existence de maladies exogènes. Maintenant que la majorité des Israéliens ont des parents nés en Israël, la référence a été abandonnée, car jugée inutile.

Le député Moshe Gafni réagit lors d’une session plénière de la Knesset, le Parlement israélien, à Jérusalem, le 26 juillet 2021. Photo Yonatan Sindel/Flash90

« Le système de Santé est le symbole de l’égalité de tous en Israël, dispensant des soins, indépendamment de la religion, de la race, de l’identité de genre, de l’orientation sexuelle, du pays d’origine, de la composition de la famille ou de toute autre considération », a déclaré Horowitz, ajoutant que ceux qui appellent au boycott « devraient avoir honte ».

Mais le chef de Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, ne s’estime pas convaincu, déclarant au Comité que la modification des formulaires de Magen David Adom créait un précédent dangereux susceptible de conduire à des changements en matière d’identité et de « bien d’autres choses ».

Il a déclaré qu’il inviterait plutôt à donner son sang directement aux hôpitaux plutôt qu’au Magen David Adom.

« Chaque personne a un père et une mère, et il en est ainsi depuis toujours. Écrire ‘parent 1’ et ‘parent 2’ conduira à la destruction des valeurs familiales », s’est-il écrié. « Je ne suis pas certain qu’une personne normale, découvrant ces formulaires, ira donner son sang. »

L’élu de Kakhol lavan Chili Tropper à la Knesset le 29 avril 2019 (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le ministre de la Culture Chili Tropper, membre du parti Kakhol Lavan et lui-même membre du camp religieux national, a déclaré mardi que si les critiques contre le Magen David Adom étaient justifiées, il n’en allait pas de même lorsqu’Israël était confronté à une pénurie de sang et que de telles campagnes mettaient des vies en danger.

« Si leur critique est honnête, alors ils refuseront aussi d’accepter des dons de sang », a-t-il déclaré lors de la conférence de B’Sheva.

« Il est impossible que quelqu’un tombe sans qu’un autre lui tende la main pour l’aider. Tendez la main, et ensuite vous pourrez débattre », a ajouté Tropper.

Plusieurs grands hôpitaux ont signalé de graves pénuries de sang, a rapporté Kan dimanche, mettant en garde contre le risque que des patients ne reçoivent pas le traitement dont ils ont besoin.

Le ministre de la Santé Nitzan Horowitz dirige une réunion de faction du parti Meretz à la Knesset, le 13 décembre 2021. (Crédit : Yonatan SindelFlash90)

Selon Kan, les hôpitaux les plus touchés par la pénurie sont Soroka (Beer Sheva), Assuta Ashdod, Shamir (Be’er Ya’akov), Rambam (Haïfa), l’hôpital Galilée (Naharyia) et l’hôpital Emek (Afula).

Certains hôpitaux ont trouvé des moyens peu orthodoxes de faire face à la situation et obtenir des dons de sang. L’établissement Sheba, comme d’autres hôpitaux, a ainsi sollicité son personnel médical et leurs familles.

L’année dernière, Horowitz, deuxième membre ouvertement homosexuel de la Knesset, a décidé lors de sa première mandature que toutes les restrictions sur les dons de sang d’hommes homosexuels seraient levées.

À l’origine, il était interdit aux hommes homosexuels et bisexuels de donner leur sang par crainte du sida, bien que ces dernières années, nombre de pays aient commencé à modifier leur procédure concernant les donneurs de sang homosexuels.

En temps normal, nombre de yeshivot orthodoxes et ultra-orthodoxes organisent régulièrement des dons de sang, aussi leur absence a-t-elle eu un effet notable, selon Kan. Certaines d’entre elles exigent encore que le libellé original du formulaire soit rétabli.

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