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La police démolit des constructions illégales dans des avant-postes en Cisjordanie

A Homesh, des bâtiments rasés, mais la yeshiva reste en place. Dans le sud, la police rase des structures protestant contre l'expansion bédouine

Capture d'écran d'une captation vidéo supposée illustrer l'intervention des forces de sécurité sur les lieux de l'avant-poste illégal de Homesh, le 9 février 2022. (Twitter)
Capture d'écran d'une captation vidéo supposée illustrer l'intervention des forces de sécurité sur les lieux de l'avant-poste illégal de Homesh, le 9 février 2022. (Twitter)

Les forces de sécurité ont retiré, mercredi matin, les structures illégales mises en place par des résidents d’implantations juifs et des militants de droite, dans le nord de la Cisjordanie et la région du Neguev, dans le sud d’Israël.

Plus de 100 soldats et policiers, accompagnés d’engins lourds, ont été acheminés sur le site de l’avant-poste illégal de Homesh, où les résidents d’implantation ont maintenu une présence en dépit de l’interdiction officiellement faite aux Israéliens.

Les forces de sécurité ont retiré neuf structures en bois et des tentes, utilisées comme dortoirs par des étudiants qui étudiaient dans une yeshiva de fortune, à Homesh.

La police et les soldats ont encerclé le bâtiment principal de la yeshiva avec les étudiants à l’intérieur, pendant la durée des travaux de démolition. La yeshiva elle-même a été laissée intacte.

L’activité à Homesh a récemment augmenté après que des terroriste armés palestiniens ont tué Yehuda Dimentman, un étudiant de yeshiva, lors d’une fusillade près de l’avant-poste en décembre. Quelques dizaines d’étudiants, ainsi qu’une poignée de familles, vivent sur le site. C’est la quatrième fois que des bâtiments sont détruits à Homesh depuis l’attaque.

Homesh est une ancienne implantation, vidée dans le cadre d’une évacuation en 2005 – qualifiée de « désengagement », qui avait également vu la bande de Gaza vidée des résidents des implantations et des soldats israéliens – mais qui est maintenant le site d’une école religieuse exploitée illégalement.

La loi interdit aux citoyens israéliens d’entrer dans la région, et la Cour suprême a reconnu que la terre appartenait aux Palestiniens du village voisin de Burqa.

Mais les résidents d’implantations sont revenus à plusieurs reprises, installant des tentes et autres structures sur les fondations d’anciennes maisons, maintenant envahies par les mauvaises herbes.

L’armée a démoli les structures à plusieurs reprises, mais a permis à la yeshiva de rester debout.

La semaine dernière, les procureurs militaires ont déposé un acte d’accusation contre un mineur palestinien accusé d’avoir participé à l’attaque qui a tué Dimentman.

Pendant ce temps, dans le Neguev, quelques dizaines de militants de droite, apparemment des habitants du sud et des étudiants de yeshivot de la région, ont installé un nouvel avant-poste dans la nuit de mardi, sur des terres domaniales proches de la ville bédouine de Rahat.

Deux structures préfabriquées ont été amenées sur place, que les militants ont baptisée « nouvelle communauté » de Ma’ale Paula, en mémoire de l’épouse du premier Premier ministre d’Israël, David Ben Gurion. Ben Gurion avait plaidé pour l’établissement de communautés juives dans le Neguev au cours des premières années d’existence de l’État d’Israël.

Des militants ont déclaré que Ma’ale Paula avait été créée en raison de « l’attitude du gouvernement et de l’abandon du Neguev à une prise de contrôle bédouine », une référence à la construction arabe illégale dans la région.

Ils ont accusé le gouvernement d’adopter une attitude « post-sioniste » qui menace toute l’entreprise sioniste.

« Lorsqu’en Israël, en 2022, il est interdit de planter des arbres et d’établir des implantations, cela signifie que nous devons revenir aux activités des pionniers sionistes, qui ont travaillé à la mise en place d’avant-postes juifs fortifiés » dans le pays avant la création de l’État, ont-ils déclaré.

Deux personnes ont été arrêtées, a rapporté la radio publique Kan. Les militants ont été rejoints par les députés de l’opposition Shlomo Karhi (Likoud), Orit Strock (Sionisme religieux) et Itamar Ben Gvir (Sionisme religieux).

Dans un communiqué, la police israélienne a indiqué qu’une plainte contre l’avant-poste avait été déposée par l’Autorité foncière israélienne.

« Les forces de police s’efforcent de maintenir l’ordre public après que plusieurs dizaines de manifestants sont arrivés sur le site et manifestent », a déclaré la police.

La municipalité de Rahat a qualifié l’avant-poste de « provocation », a rapporté Channel 13 News.

Le groupe de droite pro-implantation Regavim a déclaré dans un communiqué que quelque 3 500 bâtiments illégaux étaient construits chaque année par la communauté bédouine.

« Il y a pire que le manque d’application de la loi, c’est son application à géométrie variable », a déclaré le groupe, selon Kan.

La manifestation a eu lieu après alors que le gouvernement promeut un plan global visant à légaliser certains villages bédouins non reconnus, afin de mettre fin à une crise majeure au sein de la coalition à propos d’une plantation controversée d’arbres dans les parties contestées du désert du Neguev.

Le mois dernier, le boisement avait déclenché durant plusieurs jours des émeutes menées par les Bédouins, qui y voyaient une volonté du gouvernement de les expulser de leurs hameaux, alors non reconnus.

La coalition réunit huit partis et s’appuie sur le parti islamiste Raam pour maintenir sa majorité à la Knesset. Raam a fait des droits bédouins un élément central de sa politique.

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