La police enquête après un usage excessif de la force sur un ado autiste
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La police enquête après un usage excessif de la force sur un ado autiste

Des images de l'adolescent de Jérusalem avec le visage ensanglanté criant "Maman, je veux rentrer à la maison" ont choqué le pays

La police arrête un adolescent ultra-orthodoxe autiste à Jérusalem le 22 mai 2019. (Capture d'écran: Twitter)
La police arrête un adolescent ultra-orthodoxe autiste à Jérusalem le 22 mai 2019. (Capture d'écran: Twitter)

Jeudi matin, la police israélienne a publié un communiqué pour défendre la conduite de ses officiers après que des images ont été publiées où l’on voit des policiers avoir recours à la force contre un adolescent ultra-orthodoxe atteint d’autisme la veille.

L’incident a commencé quand la police est intervenue dans le quartier de Mekor Baruch de Jérusalem pour empêcher un groupe de jeunes d’allumer un feu pour marquer la fête juive de Lag Baomer dans un endroit considéré comme dangereux, selon des médias israéliens.

Sur les images, on peut voir des officiers plaquer par la force l’adolescent sur le trottoir, alors qu’il a du sang sur le visage. Ils le remettent debout et le conduisent vers un véhicule de police alors que des passants expliquent qu’il « souffre de problèmes » et essaient de s’approcher de lui, mais plus d’officiers de police leur bloquent le chemin.

On peut clairement voir l’adolescent – qui étudie à Seeach Sod, une école haredi spécialisée – en situation de stress et de souffrance, criant à plusieurs reprises : « Maman, je veux aller à la maison » et « Au secours, aide-moi ».

Puis, on entend quelques manifestants ultra-orthodoxes traiter l’un des policiers de « nazi ».

Il a été libéré plus tard, mais des journalistes et des politiciens ont fustigé la police pour l’incident, appelant à mettre à pied ou à sanctionner les policiers impliqués.

« Cela fend le coeur de penser à cet adolescent spécial et à ce qu’il a subi », a déclaré le député Meir Porush du parti haredi Yahadout HaTorah. « Regarder les images de la violence grave dont il a souffert est intolérable, il est impossible de comprendre la haine et l’inhumanité dont ont fait preuves les officiers ».

Porush appelé le chef de la police Moti Cohen et le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan à licencier immédiatement les policiers.

Des élus du parti de gauche Meretz ont également appelé les autorités à mener une enquête approfondie sur l’incident.

La cheffe du Meretz Tamar Zandberg, à droite, et le député Ilan Gilon aux abords du bureau de vote du parti à Jérusalem, le 14 février 2019 (Crédit : Flash90)

Tamar Zandberg, la chef du parti a déclaré dans un communiqué que la « violence policière est une menace à la démocratie et est aussi directement dirigée contre les minorités, contre les plus faibles ».

Le député Meretz Ilan Gilon a déclaré que « le contenu de la vidéo est inquiétant et les images sont choquantes. Elle posent la question de l’usage excessif de la force, tout en ignorant totalement le handicap du citoyen ». Il a qualifié la conduite de la police « d’honteuse, de violente et de disproportionnée ».

Yair Lapid, le numéro 2 du Kakhol lavan et père d’une enfant autiste, a dit sur Twitter qu’il s’agissait d’une « vidéo horrible », appelant la police à mener une enquête « urgente » sur l’incident.

La police a dit que les officiers étaient confrontés à la « violence de dizaines d’émeutiers qui lançaient des pierres et d’autres objets » quand ils sont arrivés pour éteindre l’incendie. La police a affirmé que l’adolescent avait attaqué une policière.

« Le suspect a résisté à son arrestation, il s’est agité et il a été blessé au visage. Immédiatement après son arrestation et alors que la nature de son handicap a été clairement établie, un officier présent sur les lieux a décidé de le libérer », a déclaré la police, ajoutant qu’il avait été traité sur place par un service d’ambulance Magen David Adom.

La police a déclaré continuer à mener l’enquête sur l’incident.

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