La sénatrice Kirsten Gillibrand retire son soutien au projet de loi anti-BDS
Rechercher

La sénatrice Kirsten Gillibrand retire son soutien au projet de loi anti-BDS

La démocrate de New York est opposée au mouvement anti-israélien mais elle s'inquiète de ce que la législation concernée n'empiète sur les libertés civiles, a expliqué son porte-parole

La sénatrice  Kirsten Gillibrand lors d'une conférence de presse au Capitole, le 14 mars 2017 (Crédit :  Justin Sullivan/Getty Images)
La sénatrice Kirsten Gillibrand lors d'une conférence de presse au Capitole, le 14 mars 2017 (Crédit : Justin Sullivan/Getty Images)

Initiative rare, après avoir essuyée de nombreuses critiques dans des réunions auxquelles elle a participé et qui étaient organisées dans des hôtels de ville, la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand de New York a retiré son soutien à un projet de loi anti-BDS.

Une recherche effectuée sur le site du Congrès mercredi a montré que Gillibrand avait retiré son appui à la législation. Interrogé, son porte-parole, Glen Caplin, a expliqué que si Gillibrand reste opposée au mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) anti-israélien et qu’elle soutient les intentions du projet de loi, elle s’inquiète toutefois que ses critiques puissent conclure que le projet de loi n’entrave les libertés civiles.

Elle désire que la législation se débarrasse de ces ambiguïtés, a ajouté Caplin.

« Elle veut que la législation soit réécrite pour prendre en compte ces préoccupations », a-t-il dit à JTA dans un entretien.

Il a fait référence aux propos tenus par la sénatrice au début de la semaine dans un hôtel de ville du Queens, lorsqu’elle avait dit qu’elle n’appuierait pas la mesure et réclamerait des modifications de sorte à écarter toute inquiétude en termes de libertés civiles.

« Je vais vivement leur recommander de réécrire le projet de loi pour faire en sorte qu’il ne s’applique pas spécifiquement aux individus », avait dit Gillibrand en évoquant ses réactions après avoir rencontré l’ACLU, organisation de défense des libertés civiles américaines, qui s’est déclarée opposée à la législation.

Elle avait indiqué ne pas avoir eu la même lecture du projet de loi que l’ACLU mais avait ajouté que le groupe avait fait part de la sienne avec honnêteté et qu’il s’inquiétait de ce que d’autres puissent en tirer les mêmes conclusions.

Gillibrand avait dit que sa principale préoccupation était que le projet de loi ne puisse être lu comme ciblant les individus impliqués dans le mouvement BDS.

« Cela ne s’applique qu’aux entreprises », avait-elle rappelé.

« Cela s’applique à ceux qui oeuvrent à saper la politique étrangère. Cela doit vraiment spécifier qu’une personne qui est favorable au BDS peut dire ce qu’elle pense tout comme une personne opposée au BDS pourra dire ce qu’elle pense, que vous ayez toujours la possibilité de dire ce que vous pensez. Alors je vais m’efforcer de faire réviser le projet de loi pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté, il s’agit uniquement d’une extension de cette politique étrangère, ce qui, je pense, a du sens ».

Les militants réunis dans les différents hôtels de ville avaient interpellé Gillibrand sur son soutien au projet de législation. Certaines des questions ont émané, entre autres, des associations Jewish Voice for Peace, qui soutient le BDS, et de la Campagne américaine pour les droits palestiniens.

Les critiques, notamment l’ACLU, affirment que le projet de loi – qui élargit les lois de 1970 ciblant le boycott de la Ligue arabe pour inclure les boycotts initiés par des organisations internationales – viendra inhiber la liberté d’expression. Une autre objection de la gauche suggère que la législation inclut le boycott des produits fabriqués dans les implantations.

Les défenseurs de la loi expliquent pour leur part que sa portée reste étroite et qu’elle ne concerne que la coopération active à des boycotts qui ont été initiés par des gouvernements étrangers et des organisations internationales, et qu’elle ne s’élargira pas aux déclarations générales d’intention de boycott d’Israël ou de ses implantations.

Plus récemment, Amnesty International a fait savoir que son mouvement s’opposait à cette législation.

Ce texte, introduit par le sénateur démocrate Ben Cardin du Maryland, est co-parrainé par presque la moitié du Sénat. Un projet de législation similaire est actuellement à l’étude à la Chambre américaine des représentants.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...