La Turquie dénonce un « langage offensant » de Téhéran envers Erdogan
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La Turquie dénonce un « langage offensant » de Téhéran envers Erdogan

Le président turc a récité un poème qui, selon Téhéran, pourrait attiser le séparatisme au sein de la minorité azérie d'Iran

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan, (à droite), salue le Président iranien Hassan Rouhani avant une rencontre au Palais Cankaya, à Ankara, Turquie, le 16 septembre 2019. (Service de presse présidentiel via AP, Pool)
Le Président turc Recep Tayyip Erdogan, (à droite), salue le Président iranien Hassan Rouhani avant une rencontre au Palais Cankaya, à Ankara, Turquie, le 16 septembre 2019. (Service de presse présidentiel via AP, Pool)

La Turquie a dénoncé samedi le « langage offensant » de Téhéran à l’égard du président Recep Tayyip Erdogan, auquel l’Iran reproche d’avoir récité un poème laissant entendre que les provinces du nord-ouest de l’Iran font partie de l’Azerbaïdjan.

« Nous condamnons l’utilisation d’un langage offensant envers notre président et notre pays, après la récitation d’un poème dont le sens a été délibérément sorti de son contexte », a déclaré Fahrettin Altun, directeur de la communication de la présidence turque, dans un communiqué.

M. Erdogan s’est rendu jeudi en Azerbaïdjan, fidèle allié de la Turquie, pour assister à un défilé militaire marquant le triomphe de Bakou sur l’Arménie, après six semaines de combats pour la région contestée du Nagorny Karabakh.

Au cours de cette visite, le dirigeant turc a récité un poème qui, selon Téhéran, pourrait attiser le séparatisme au sein de la minorité azérie d’Iran.

L’Iran abrite une importante communauté azérie, principalement dans le nord-ouest, dans les provinces voisines de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, avec le fleuve Aras comme frontière.

Vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a condamné M. Erdogan pour ce poème « mal récité », et l’ambassadeur de Turquie à Téhéran a été convoqué au sujet des « remarques interventionnistes et inacceptables » de M. Erdogan.

En retour, la Turquie a convoqué l’ambassadeur iranien à Ankara pour des propos « sans fondement ».

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion à Ankara, en Turquie, le 16 février 2018. (Crédit : AFP PHOTO / ADEM ALTAN)

Lors d’un entretien téléphonique samedi, le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu a fait savoir à son homologue iranien que « les déclarations sans fondement et violentes faites par l’Iran à l’encontre de notre président sont inacceptables », selon une source au ministère des Affaires étrangères turc.

D’après cette source, M. Cavusoglu a également dit à M. Zarif que la Turquie avait été solidaire de l’Iran dans des moments difficiles, quand d’autres lui tournaient le dos, et que cela rendait la déception d’Ankara encore plus vive.

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