L’Angola renvoie des diplomates pour avoir participé à un événement à Jérusalem
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L’Angola renvoie des diplomates pour avoir participé à un événement à Jérusalem

Luanda dit que la participation de son conseiller principal à la cérémonie israélienne "a porté atteinte à la bonne réputation et à l'image du pays"

Le secrétaire au Trésor américain Steve Mnuchin prononce un discours lors de la réception officielle à l'occasion de l'inauguration de l'ambassade des États-Unis au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 13 mai 2018. (AFP/Gali Tibbon)
Le secrétaire au Trésor américain Steve Mnuchin prononce un discours lors de la réception officielle à l'occasion de l'inauguration de l'ambassade des États-Unis au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem, le 13 mai 2018. (AFP/Gali Tibbon)

L’Angola a licencié lundi deux diplomates de haut rang après que l’un d’entre eux a assisté à un événement célébrant l’inauguration de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem la semaine dernière, ont déclaré les médias d’État.

Le ministre angolais des Affaires étrangères Manuel Augusto a limogé João Diogo Fortunato, conseiller principal et deuxième personnalité de l’ambassade angolaise à Tel Aviv, selon les médias d’Etat angolais.

Augusto a également congédié le directeur du département pour l’Afrique, le Moyen-Orient et les organisations régionales du ministère des Affaires étrangères de Luanda, Joaquim do Espírito Santo, qui a autorisé Fortunato à assister à la cérémonie du 13 mai à Jérusalem.

Fortunato était l’un des douze envoyés des pays africains et l’un des 33 ambassadeurs et chargés d’affaires à participer à un événement organisé par le ministère israélien des Affaires étrangères pour célébrer le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem le lendemain.

Vue de l’ambassade des États-Unis dans le quartier Arnona de Jérusalem, Israël, 13 mai 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

La plupart des 86 pays invités à l’événement n’ont pas envoyé de représentants, ce qui reflète la perplexité internationale face à la décision américaine.

En « ne respectant pas les procédures de la chaîne de décision interne », ces deux personnes ont « porté atteinte à la bonne réputation et à l’image de l’Angola avec les pays avec lesquels il entretient des liens diplomatiques historiques », a déclaré M. Augusto.

L’ambassadeur d’Israël en Angola Oren Rozenblatt quitte le ministère des Affaires étrangères en Angola après avoir livré une missive déclarant que le MASHAV d’Israël – l’Agence israélienne pour la coopération internationale au développement – suspendait son programme dans le pays en 2016. (Ministère des Affaires étrangères)

Les limogeages interviennent alors qu’Israël tente de resserrer ses liens avec un certain nombre de pays africains. L’État juif entretient depuis longtemps des relations positives avec l’Angola, avec lequel il fait principalement du commerce d’armes et de pierres précieuses, bien que le pays ait été parmi ceux qui ont été punis par Jérusalem en 2016 pour avoir soutenu une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la construction d’implantations.

L’Autorité palestinienne a fulminé à la décision concernant l’ambassade des États-Unis et a menacé de prendre des mesures diplomatiques contre tout pays considéré comme la soutenant, y compris les nations européennes qui ont dépêché des envoyés à la cérémonie du ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.

La nouvelle ambassade des États-Unis à Jérusalem a été inaugurée le 14 mai, un jour qui a été le théâtre d’affrontements et d’émeutes massifs à la frontière de Gaza.

L’Angola fait partie des nombreux pays qui ont condamné Israël pour la mort de plus de 60 émeutiers palestiniens à la clôture de la frontière pendant les violences.

Le Hamas, qui dit ouvertement vouloir détruire Israël, a admis que 50 des morts étaient des membres du groupe terroriste. Trois autres étaient membres du Jihad islamique.

Israël affirme que le Hamas a tenté d’utiliser les manifestations comme couverture pour mener des attaques contre les Israéliens et forcer la barrière de sécurité.

Les morts palestiniens pendant les manifestations ont suscité l’indignation internationale. Vendredi, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a ordonné une enquête sur les morts. Israël a déclaré qu’il ne coopérerait pas et a critiqué le parti pris anti-israélien du conseil, et les États-Unis ont fustigé la décision en la qualifiant de « honteuse ».

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