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Lapid renonce à l’accord de rotation en faveur d’un gouvernement d’unité

Accusant Netanyahu d'encourager la tenue d'un troisième scrutin, le numéro 2 de Kakhol lavan a déclaré que "l'union dans le pays [lui] tient davantage à cœur"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Les présidents de Kakhol lavan Benny Gantz (à droite) et Yair Lapid lors d'un événement de campagne à Kiryat Ono, le 7 août 2019. (Flash90)
Les présidents de Kakhol lavan Benny Gantz (à droite) et Yair Lapid lors d'un événement de campagne à Kiryat Ono, le 7 août 2019. (Flash90)

Le numéro 2 de Kakhol lavan a annoncé jeudi qu’il renoncerait à l’accord de rotation conclu avec son chef de parti Benny Gantz, en vertu duquel ils se partageaient le poste de Premier ministre, si c’était un prérequis pour un gouvernement d’unité avec le Likud.

Durant une réunion du parti Kakhol lavan organisée avant l’investiture de la 22e Knesset, Lapid a déclaré qu’au « nom d’un gouvernement d’unité, j’abandonne la rotation. L’union dans le pays me tient davantage à cœur : qu’il n’y ait pas d’autres élections, que ce pays entame un processus de réparation, panse ses blessures, revoit ses priorités nationales ».

Accusant le Premier ministre Benjamin Netanyahu de « tout essayer pour nous trainer vers des élections », Lapid a déclaré qu’un « homme avec trois mises en examens se tient entre nous et entre un gouvernement d’unité nationale ».

« Dans ce gouvernement, il y aura une rotation. Benny Gantz sera Premier ministre pendant les deux prochaines années. Il n’y pas d’autres options. Nous sommes le plus grand parti et Netanyahu est en pleines audiences judiciaires », a-t-il dit. « Nous ne siégerons pas dans un gouvernement qui a été inculpé ou qui est visé par des accusations si graves. »

Malgré ses déboires judiciaires – il risque une mise en examen pour corruption dans trois affaires – Netanyahu a été chargé par Rivlin la semaine dernière de former un gouvernement, sur la base de la solidité de son pacte avec les partis de droite et les partis religieux, qui forment, avec le Likud, un bloc de 55 députés. Il a 28 jours pour tenter de former un gouvernement. Gantz, son rival, est à la tête d’un bloc de 55 députés du centre, de la gauche et des partis arabes, mais 10 élus de la Liste arabe unie qui l’ont recommandé ne rejoindront pas une coalition. Aucun candidat ne dispose des 61 sièges nécessaires à la formation d’une coalition majoritaire.

Lapid a ajouté jeudi que « si dans deux ans, Netanyahu en aura fini avec ses affaires juridiques et sera blanchi de toutes accusations, alors aucun problème, il pourra revenir. J’espère pour lui que c’est ce qui se passera ».

Il a assuré qu’il n’y « aura pas de rotation avec trois personnes. Ce n’est pas sérieux. Diriger un pays est une affaire sérieuse ».

Le Likud avait accusé Lapid d’empêcher tout progrès dans les pourparlers avec Kakhol lavan, en raison de son apparent refus à renoncer au partage du poste de Premier ministre.

« L’équipe de négociation de Kakhol lavan a annulé la réunion parce que M. Lapid a fait plier Gantz pendant les Fêtes, dans le but d’entraîner le pays vers des élections. Lapid ne veut pas d’une rotation entre Netanyahu et Gantz, mais plutôt entre lui et Gantz », a déclaré mercredi le Likud, après que Kakhol lavan a annulé les pourparlers.

Le Likud faisait référence à un accord entre Gantz et Lapid qui verrait ce dernier prendre le poste de Premier ministre après deux ans et huit mois si Kakhol lavan forme le prochain gouvernement. Kakhol lavan s’est abstenu de commenter publiquement l’accord de rotation depuis le début des pourparlers de coalition.

M. Netanyahu devait rencontrer M. Gantz mercredi soir, mais le parti centriste a annulé le sommet mardi soir, affirmant qu’il n’y avait aucun signe que le Premier ministre soit vraiment intéressé par un compromis sur le partage du pouvoir.

Le Likud et Kakhol lavan se sont accusés mutuellement d’intransigeance dans les pourparlers de coalition et ont affirmé que l’autre partie poussait le pays vers une troisième élection en moins d’un an.

Rivlin avait préconisé un gouvernement d’unité dans lequel le pouvoir serait divisé de façon égale et dans lequel Netanyahu et Gantz occuperaient chacun le poste de Premier ministre pour deux ans. Rivlin a laissé entendre, mais n’a pas précisé, que Netanyahu prendrait un congé d’une durée indéterminée s’il était mis en accusation dans une ou plusieurs des enquêtes auxquelles il fait face. En vertu de l’arrangement établi par Rivlin, Gantz, en tant que « Premier ministre intérimaire » dans un tel scénario, jouirait de toute l’autorité d’un Premier ministre.

Mais les deux partis n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur qui serait le Premier ministre en premier dans le cadre d’un tel arrangement.

Si rien ne change dans les positions du parti, Netanyahu devra dire à Rivlin qu’il est incapable de former un gouvernement majoritaire. Cela conduira probablement à donner à Gantz une chance de former une coalition.

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