Lapidation à Brunei : manifestation devant l’hôtel The Dorchester de Londres
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Lapidation à Brunei : manifestation devant l’hôtel The Dorchester de Londres

Situé en Asie du Sud-est, le petit pays riche en hydrocarbures est devenu mercredi le premier pays d'Asie du Sud-est à appliquer au niveau national un code pénal suivant la charia

Des centaines de personnes ont manifesté samedi à Londres devant l’hôtel The Dorchester, propriété du Sultan de Brunei, contre l’instauration par le petit Etat de la lapidation en cas d’homosexualité ou d’adultère.

« Si le Sultan n’écoute pas ces appels à la raison et à la compassion, nous estimons que le gouvernement britannique doit rompre tout lien diplomatique, économique et militaire avec le régime » de Brunei, a déclaré à la foule Peter Tatchell, figure britannique des mouvements de revendication en faveur des droits des homosexuels.

« Il est honteux que notre famille royale fasse passer les droits de l’Homme après les liens » tissés avec le sultanat de Brunei, a-t-il ajouté. Le pays, membre du Commonwealth et ancien protectorat britannique, a gagné une complète indépendance du Royaume-Uni en 1984. Il accueille toujours une garnison britannique.

Devant l’hôtel, des pierres peintes aux couleurs de l’arc-en-ciel ont été empilées. Certains militants, brandissant pancartes et drapeaux, sont parvenus à franchir les barrières qui avaient été installées pour s’introduire sur le parking de l’établissement.

Emily Thornberry prononce un discours à la conférence du Labour de 2016. (CC BY-SA 4.0, Rwendland, Wikipedia)

La députée travailliste Emily Thornberry, ministre des Affaires étrangères au sein de cabinet fantôme, a elle estimé que Brunei devait être « mis à la porte » du Commonwealth s’il ne renonçait pas à ces lois.

« Notre combat vise le Sultan de Brunei. Notre combat vise ces lois horribles. Nous disons +non+ », a-t-elle scandé devant les manifestants, qui ont repris en boucle le slogan « Honte à vous ».

L’acteur américain George Clooney et le chanteur britannique Elton John avaient appelé au boycott des neuf hôtels de luxe liés au sultan de Brunei.

Un peu plus tôt samedi, l’Université d’Oxford (centre de l’Angleterre) a annoncé qu’elle allait réévaluer sa décision d’accorder un diplôme honorifique au sultan de Brunei, expliquant qu’elle partageait l' »aversion internationale » suscité par les récentes modifications législatives.

Situé en Asie du Sud-est, sur l’île de Bornéo, le petit pays riche en hydrocarbures, dirigé d’une main de fer par le sultan Hassanal Bolkiah, est devenu mercredi le premier pays d’Asie du Sud-est à appliquer au niveau national un code pénal suivant la charia la plus stricte, comme le fait l’Arabie saoudite.

Le sultan de Brunei Hassanal Bolkiah, le 3 avril 2019. (Crédit : AFP)

« Si elles sont appliquées, nous pensons que ces sanctions extrêmes iraient à l’encontre des engagements internationaux pris par Brunei pour respecter les droits de l’Homme et les libertés individuelles », avait estimé jeudi le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Mark Field.

Le nouveau code instaure également l’amputation d’une main ou d’un pied pour les voleurs. Le viol est passible de la peine de mort, tout comme l’insulte au prophète Mahomet. Certains articles du code, comme la lapidation pour homosexualité, s’appliquent aux musulmans comme aux non-musulmans.

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