L’avocat de Netanyahu impliqué dans une affaire de corruption
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L’avocat de Netanyahu impliqué dans une affaire de corruption

Le dossier porte sur des soupçons de corruption présumée autour de la vente par l'Allemagne à Israël de sous-marins militaires du géant industriel allemand ThyssenKrupp

David Shimron, l'avocat personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, pendant une conférence de presse du Likud à Tel Aviv, en février 2015. (Crédit : Flash90)
David Shimron, l'avocat personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, pendant une conférence de presse du Likud à Tel Aviv, en février 2015. (Crédit : Flash90)

La police israélienne a affirmé jeudi au terme d’une longue enquête posséder des preuves de l’implication de David Shimron, l’avocat du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dans une affaire de corruption et de blanchiment d’argent.

Le dossier porte sur des soupçons de corruption présumée autour de la vente par l’Allemagne à Israël de sous-marins militaires conçus par le géant industriel allemand ThyssenKrupp.

La police soupçonne également David Sharan, l’ancien chef de cabinet du Premier ministre israélien, et l’ancien commandant de la marine, l’amiral de réserve Eliezer Marom, d’être impliqués dans cette affaire, a précisé la police dans un communiqué.

C’est désormais le procureur général qui doit décider de la mise en examen des suspects.

La police a indiqué ne pas disposer de « preuves suffisantes » pour inculper un autre avocat de M. Netanyahu, Yitzhak Molcho.

C’est désormais le procureur général qui doit décider de la mise en examen des suspects.

En juillet 2017, le représentant en Israël du groupe ThyssenKrupp au moment de la vente, Michael Ganor, avait conclu un accord de plaider coupable avec la justice. En acceptant d’être témoin à charge, il écopera d’une peine d’un an de prison et d’une amende de 10 millions de shekels (2,4 millions d’euros).

L’amiral Eliezer Marom aurait touché environ 600 000 shekels (120 000 euros) de M. Ganor pour l’avoir « conseillé », selon les termes de la police.

M. Shimron, qui devait promouvoir l’accord de vente auprès des autorités israéliennes en mettant à profit ses liens avec le Premier ministre, est soupçonné d’avoir touché 270 000 shekels pour avoir « ouvert des portes », selon la police.

Le communiqué de la police affirme que cinq sous-marins ont été vendus par ThyssenKrupp à Israël ces dernières années mais ne précise pas si cette affaire est liée à ces sous-marins.

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, est l’unique voix de la droite israélienne à s’exprimer de manière critique après que la police a recommandé la mise en accusation plus tôt aujourd’hui, dans le cadre de l’enquête sur l’ « Affaire 3000 », de plusieurs hommes de confiance du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Le ministre de la Défense m’a annoncé il y a quelques mois qu’il allait constituer un comité interministériel chargé d’examiner la question des acquisitions de défense et leur gestion par le ministère », a déclaré Shaked lors d’une conférence juridique à Haïfa.

« Il semble que nous n’avions pas examiné cela depuis plusieurs années, il est donc temps de mettre de l’ordre dans nos affaires. »

En ce qui concerne les suspects, elle pense qu’il « est décevant de voir cela se produire, mais je n’aime pas condamner quelqu’un [sans procès] ». Elle a insisté sur le fait que la décision d’acheter les navires allemands qui ont fait l’objet de l’enquête de la police n’a pas été qualifiée de corruption présumée.

Le Likud a publié une déclaration dans laquelle il a rejeté les tentatives des députés de l’opposition de lier le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux soupçons de corruption révélés par la police plus tôt dans la journée contre plusieurs proches du Premier ministre dans l’enquête de corruption liée à l’achat de navires de guerre.

« Les tentatives de la gauche pour associer ‘l’affaire des sous-marins’ au Premier ministre Netanyahu se sont effondrées face à la réalité », a déclaré le parti dans un communiqué.

« Nous présentons nos condoléances à Yair Lapid, chef du Yesh Atid, et à Avi Gabbay, chef du Parti travailliste, qui ont de nouveau vu leurs espoirs de remplacer le Premier ministre Netanyahu grâce à de fausses accusations, anéantis. »

Le leader travailliste Avi Gabbay, à gauche, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 11 juillet 2017; 2017. Yair Lapid lors d’une conférence de presse à Herzliya, le 22 juin 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90; Jack Guez/AFP/Getty Images via JTA)

Le chef du parti travailliste, Avi Gabbay, a appelé le Premier ministre à démissionner, déclarant que les soupçons dirigés contre plusieurs hommes de confiance du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans l' »Affaire 3000″ relative à l’achat d’un navire de la marine équivalaient à une « trahison ».

« Voler de l’argent des forces de défense est un acte de trahison à l’encontre des soldats de Tsahal. Avec cet argent, nous aurions pu acheter des véhicules blindés de transport de troupes pour remplacer les véhicules vieillissants que nos soldats utilisaient pour entrer à Gaza il y a quatre ans », a déclaré Gabbay dans une vidéo publiée après que la police a annoncé la clôture de son enquête sur l’affaire 3000.

La police a annoncé qu’elle recommanderait des inculpations à l’encontre notamment de l’ancien avocat de Netanyahu, David Shimron, de son ancien chef d’état-major, David Sharan, et de son ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale, Avriel Bar-Yosef.

« Si le Premier ministre était au courant de l’implication de ses hommes de confiance, il devait démissionner. S’il ne le savait pas, il doit démissionner car il est inapte à diriger notre défense », a déclaré Gabbay.

Le député Yesh Atid Ofer Shelah, membre de la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, est l’un des premiers politiciens de l’opposition à avoir répondu à la recommandation de la police annoncée aujourd’hui.

« Si Netanyahu ne le savait pas, c’est très grave », a dit Shelah.

Le député Ofer Shelah (Yesh Atid) prend la parole lors d’une réunion de la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset le 19 novembre 2015. (Miriam Alster/Flash90)

« S’il le savait, c’est encore plus grave. Les personnes les plus proches du Premier ministre ont manipulé d’importantes sommes d’argent liées aux acquisitions de la section de défense la plus sensible d’Israël, tout en le servant dans ses relations politiques, personnelles et stratégiques. Vous n’avez pas besoin d’une procédure judiciaire pour comprendre ce que chaque Israélien comprend ici. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a jamais été mis en cause mais a été interrogé dans le cadre de cette enquête.

Il est visé par différentes investigations pour corruption présumée, susceptibles de menacer sa longévité au pouvoir et a été interrogé plus d’une dizaine de fois en tant que suspect ou témoin.

La police a recommandé en février l’inculpation de M. Netanyahu dans deux enquêtes, dont l’une porte sur des cadeaux qu’il aurait indûment reçus de riches célébrités, et l’autre sur un accord secret qu’il aurait tenté de conclure avec un quotidien populaire pour une couverture favorable.

Le procureur général devrait prendre une décision dans les prochains mois, et raviver ainsi les spéculations sur l’avenir de M. Netanyahu.

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