Le Canada cherche les moyens de combattre l’attrait du djihadisme parmi sa jeunesse
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Le Canada cherche les moyens de combattre l’attrait du djihadisme parmi sa jeunesse

Le weekend dernier, dix jeunes qui tentaient de se rendre en Turquie pour rejoindre le dJihad, ont été arrêtés

La ministre de la Sécurité publique du Québec, Lise Thériault (Crédit : Capture d'écran YouTube)
La ministre de la Sécurité publique du Québec, Lise Thériault (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Arsenal législatif ou appel à la vigilance des parents, le Canada cherche par tous les moyens à couper court aux velléités de jeunes radicalisés, souvent mineurs, de vouloir rejoindre les rangs djihadistes en Syrie.

In extremis, 10 jeunes ont été interceptés le week-end dernier à l’aéroport de Montréal en partance pour la Turquie, pont de passage privilégié pour rallier les combattants du groupe Etat islamique (EI) au nord de la Syrie.

Les plus jeunes ont 15 ans, leurs camarades 18 ans maximum. Après leur interrogatoire, ces jeunes ont tous été relâchés, selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui leur a retiré leur passeport.

Mercredi, les enquêteurs restaient discrets quant aux conditions de ce coup de filet laissant filtrer que l’alerte donnée par un des parents avait permis d’éviter au tout dernier moment l’envol de ces adolescents pour le Djihad.

La police a réaffirmé l’importance pour les familles de prêter attention aux fréquentations, aux activités de leurs enfants sur les réseaux sociaux ou sur internet.

L’enquête se poursuit et aucune accusation n’a été déposée contre ces jeunes, a indiqué la police qui a « rencontré (…) les familles et les proches des jeunes » au cours des dernières heures.

La ministre de la Sécurité publique du Québec, Lise Thériault, avouait mercredi son incompréhension face à ces jeunes cherchant à rejoindre le Djihad. « C’est difficile de concevoir qu’un jeune qui a grandi (au Canada), qui va à l’école, qui est bien intégré, veut aller faire la guerre », a-t-elle déclaré lors d’un point de presse.

« Ce que je trouve inquiétant c’est que ce sont des jeunes de la deuxième génération » de l’immigration qui se radicalisent, a ajouté Thériault en voulant « mieux comprendre » ce phénomène complexe car il existe « différents types de radicalisation ».

Des familles « désemparées »

La GRC a demandé aux Canadiens « de rester vigilants et de signaler toute information sur le terrorisme ou sur des activités suspectes ».

« C’est un moment très difficile pour les familles des personnes arrêtées », des familles le plus souvent « complètement désemparées et dans une totale incompréhension » face à leur enfant, a rappelé la police qui appuie une équipe de travailleurs sociaux afin de prêter assistance à ces familles.

Outre la prévention et la vigilance, le Canada use aussi de la répression et a voté tout début mai une loi antiterroriste pour donner à ses services de renseignement des pouvoirs élargis pour pister les menaces sur internet.

Décidée après deux attaques islamistes à l’automne, où deux militaires avaient perdu la vie au Québec et au Parlement d’Ottawa, cette loi offre à ces services de renseignement une gamme d’outils pour empêcher les départs d’apprentis djihadistes vers des zones de combat –en bloquant notamment l’achat de billets d’avion sur internet–, et pour prévenir des attaques de jeunes radicalisés sur le sol canadien.

C’est ce volet répressif et de surveillance que le ministre fédéral de la Sécurité publique Steven Blaney a mis en avant dès l’annonce mardi de l’arrestation des 10 jeunes montréalais.

« Le mouvement djihadiste international a déclaré la guerre au Canada », a dit Blaney en justifiant la présence des forces armées canadiennes au sein de la coalition internationale menée par les Etats-Unis pour « affaiblir et vaincre » le groupe EI en Irak et en Syrie.

Ce sont des dizaines de jeunes canadiens qui ont rejoint les rangs djihadistes. Près d’une centaine, avançait la GRC à l’automne, juste après l’attaque au Parlement. Depuis, d’autres jeunes sont partis, comme ces quatre garçons et deux filles en janvier, dont l’un d’eux s’est récemment manifesté sur les réseaux sociaux.

L’avocat d’un des jeunes privés de départ ce week-end a estimé, sur la chaîne publique Radio-Canada, que son client était la « victime » des recruteurs djihadistes promettant sur internet « une vie meilleure » à des adolescents en manque de repères.

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