Le carnaval d’Alost rejette l’appel d’Israël à annuler son défilé antisémite
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Le carnaval d’Alost rejette l’appel d’Israël à annuler son défilé antisémite

L'an dernier, un char représentant des Juifs sur des sacs d'argent a été présenté, conduisant l'UNESCO à rayer la manifestation du patrimoine immatériel

Le char du carnaval d'Alost en Belgique représentant des caricatures de Juifs orthodoxes assis sur des sacs d'argent, le 3 mars 2019. (Crédit : FJO, via JTA)
Le char du carnaval d'Alost en Belgique représentant des caricatures de Juifs orthodoxes assis sur des sacs d'argent, le 3 mars 2019. (Crédit : FJO, via JTA)

Les organisateurs d’un carnaval belge ont rejeté vendredi les appels d’Israël à renoncer à la parade annuelle de ce week-end après celle de l’année dernière qui présentait un char arborant des caricatures antisémites.

Le carnaval dans la ville industrielle d’Alost puise ses sources dans le Moyen Âge et présente souvent des chars satiriques qui s’en prennent aux politiciens locaux et aux riches.

Les festivités de l’année dernière ont vu un char représentant des Juifs caricaturés aux nez crochus et portant des papillotes se tenant sur des sacs d’argent. Les caricatures rappelaient les tropes antisémites du Moyen Âge et de l’Allemagne nazie.

Christoph D’Haese, le maire d’Alost, a déclaré que « la prévention est une chose ; l’interdiction et la censure en sont une autre ».

Christoph D’Haese, le maire d’Alost, donne une interview à Radio 2, le 30 janvier 2019. (Capture d’écran/YouTube)

« Aujourd’hui, on observe à la loupe un très beau festival folklorique qui a pu se dérouler 91 fois sans problèmes majeurs », a-t-il déclaré à une radio flamande, selon The Guardian. « Si nous pouvons éviter les questions sensibles, ou représenter un thème sans blesser, je le demande. Nous devons être conscients du fait qu’une grande communauté peut se sentir blessée et avoir du respect pour elle. Mais Alost restera toujours l’intrus ».

La Première ministre belge, Sophie Wilmes, a qualifié le défilé d’“affaire intérieure” après la demande d’Israël d’annuler le défilé jeudi dernier.

Le ministre des Affaires étrangères, Israel Katz, a tweeté que « la Belgique, en tant que démocratie occidentale, devrait avoir honte de permettre un tel étalage d’antisémitisme virulent. J’appelle les autorités de ce pays à condamner et à interdire ce défilé haineux à Alost ».

Cependant, l’ambassadeur d’Israël en Belgique, Emmanuel Nahshon, a déclaré plus tard que Jérusalem ne demandait pas l’annulation du défilé mais l’interdiction des caricatures antisémites.

« Ce que nous demandons n’est absolument pas l’interdiction du carnaval en tant que tel », a déclaré Nahshon au Guardian. « Ce que nous demandons, c’est l’interdiction de toutes ces caricatures antisémites, qui vont au-delà du bon goût, qui n’ont rien à voir avec le sens de l’humour et qui n’honorent pas une démocratie exemplaire comme la Belgique ».

Le carnaval avait été inscrit au patrimoine de l’UNESCO jusqu’à l’année dernière, mais Alost a renoncé à cette distinction quelques jours avant que l’agence culturelle des Nations unies ne la supprime en raison de l’incident antisémite.

Une caricature d’un Juif orthodoxe distribuée par les organisateurs avant le carnaval 2020 d’Alost. (Crédit : FJO via JTA)

En octobre, les organisateurs du défilé ont publié 150 caricatures se moquant des Juifs avant l’événement de ce week-end.

Une caricature montre un Juif orthodoxe roux avec des dents en or et est légendée : « UNESCO, quelle blague ».

Alost est l’un des plus célèbres carnavals d’Europe où les politiciens, les chefs religieux et les riches et célèbres sont sans cesse ridiculisés pendant les trois jours de fête qui précèdent le Carême catholique romain.

L’UNESCO, des organisations juives et l’Union européenne ont condamné le char de l’année dernière comme étant antisémite, l’UE affirmant qu’il évoquait des scènes des années 1930.

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