Le cerveau programmé pour éviter de penser à sa propre mort – Etude israélienne
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Le cerveau programmé pour éviter de penser à sa propre mort – Etude israélienne

Tandis que notre cerveau reconnait la notion de mort, il nous protège en ne pensant pas à ce qui peut nous arriver mais seulement à ce qui peut survenir aux autres

Image d'illustration d'un cerveau (Crédit : iStock)
Image d'illustration d'un cerveau (Crédit : iStock)

Le cerveau humain est programmé pour éviter de penser à notre propre mortalité, a découvert une nouvelle étude israélienne.

Les chercheurs de l’université Bar-Ilan ont déterminé que l’esprit protège les êtres humains de cette pensée existentielle en appréhendant la mort comme un résultat final qui ne survient qu’aux autres.

Ce mécanisme du cerveau commence à un très jeune âge, au moment où les enfants commencent à comprendre que la destinée humaine est de mourir. À ce moment-là, leurs esprits commencent à éviter les pensées sur le sujet pour permettre une vie plus positive, exempte de pensées morbides, selon l’étude.

Pour atteindre ces conclusions, les chercheurs de Bar-Ilan ont développé un test cherchant à examiner la manière dont les esprits de différents individus réagissaient à des photos d’eux-mêmes et à des clichés représentant des étrangers. La moitié du temps, ces photos étaient accompagnées de mots associés à la mort et dans l’autre moitié, sans cette connotation.

L’image finale montrée aux participants était complètement différente des photos précédentes pour tenter de tester la réaction de ces cerveaux face à la surprise.

Quand les mots liés à la mort apparaissaient aux côtés des visages des participants, les chercheurs ont découvert que les systèmes de prédiction du cerveau se fermaient et étaient dans l’incapacité de faire une association appropriée entre l’individu concerné et la notion de mort.

« Le cerveau n’accepte pas que la mort soit liée à nous », a expliqué Yair Dor-Ziderman, le directeur de l’étude, samedi au Guardian. « Nous avons ce mécanisme primaire qui signifie que lorsque le cerveau obtient des informations qui nous lient nous-mêmes à la mort, quelque chose nous dit qu’elles ne sont pas fiables et que nous ne devons pas les croire. »

« Nous ne pouvons rationnellement nier que nous allons mourir mais nous y pensons davantage comme quelque chose qui arrive aux autres », a-t-il ajouté.

Son collègue Avi Goldstein a expliqué que l’étude « suggère que nous nous protégions face aux menaces existentielles ou à la pensée consciente de ce que nous allons mourir en fermant le mécanisme de prédictions en ce qui nous concerne ou en catégorisant l’information comme portant sur les autres plutôt que sur nous-mêmes ».

L’étude intégrale sera publiée le mois prochain dans le journal NeoroImage.

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