Rechercher

Le chef de la secte polygame de Jérusalem retrouvé mort dans sa cellule de prison

Daniel Ambash purgeait une peine de 26 ans pour ce qui a été décrit comme l'un des cas d'abus les plus choquants de l'histoire d'Israël ; il était prévu qu'il soit libéré en 2037

Daniel Ambash, le chef de secte qui, en 2013, a été condamné pour avoir violé et abusé de ses femmes et de ses enfants. (Crédit: Capture d'écran : YouTube)
Daniel Ambash, le chef de secte qui, en 2013, a été condamné pour avoir violé et abusé de ses femmes et de ses enfants. (Crédit: Capture d'écran : YouTube)

Le service des prisons israéliennes a rapporté que le leader d’une secte polygame avait été retrouvé mort dans sa cellule à la prison d’Ayalon à Ramle vendredi matin.

Les ambulanciers qui se sont précipités sur les lieux ont déclaré Daniel Ambash mort, n’ayant pas réussi à le réanimer.

Le service pénitentiaire a indiqué que la famille d’Ambash avait été informée de son décès et que les circonstances seraient examinées.

En 2013, Daniel Ambash avait été condamné à 26 ans de prison pour 18 chefs d’accusation, dans ce qui avait été qualifié de l’un des cas de violence les plus choquants de l’histoire du pays. Ses six épouses et 14 enfants étaient gardés par Ambash et par ses aides dans des conditions d’esclavage, confinés et régulièrement victimes de chocs électriques, de viols et de violences physiques.

Il était prévu qu’il soit libéré en 2037. Selon la Douzième chaîne, la commission de libération conditionnelle devait se réunir la semaine prochaine pour délibérer sur la demande de libération anticipée d’Ambash.

Juif ultra-orthodoxe Bratslav, Ambash dirigeait ce que l’on a appelé le « culte Ambash ».

Selon la déclaration du tribunal, Ambash a emmené une de ses épouses à l’extérieur de la maison, nue, au milieu de la nuit, et l’a aspergée d’eau et l’a traînée par les cheveux. Dans un autre incident, il a enfoncé la tête d’une de ses épouses dans les toilettes et a tiré la chasse d’eau pendant qu’elle suffoquait.

Il a également violé sa fille à une autre occasion devant toute sa famille, y compris plusieurs enfants, affirmant que cela faisait « partie de son devoir familial ».

L’affaire a été révélée en 2011 après qu’une des épouses d’Ambash a parlé des agissements au sein de la secte.

Mais la plupart des femmes n’ont jamais renoncé à Ambash. Elles vivent toujours ensemble, se considèrent comme ses épouses et le vénèrent. Elles prétendent toutes les quatre que cette affaire a été inventée de toutes pièces.

En 2018, quatre d’entre elles ont exigé que les autorités leur accordent des visites conjugales, affirmant que c’était leur « droit fondamental » de voir Ambash et d’avoir plus d’enfants avec lui.

La demande a été largement rejetée, le service des prisons notant que les femmes étaient considérées comme victimes d’un délit par la loi et que leur demande n’était donc pas valable, selon le site d’information Walla. Ambash a fait appel de la décision.

Le service pénitentiaire israélien a également accusé Ambash de « profiter de ses droits en tant que prisonnier et de maintenir le contrôle de sa secte par le biais d’appels téléphoniques ».

Des femmes du culte Ambash parlent aux journalistes à la Knesset alors qu’elles viennent présenter leur liste électorale à la commission centrale des élections, le 1er août 2019. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

En 2019, les quatre épouses se sont officiellement enregistrées en tant que parti politique pour se présenter aux élections de septembre de cette année-là, en se présentant sur une plateforme politique qui prône la liberté individuelle.

« Nous pensons que si la Torah donne aux gens la possibilité de choisir leur vie, l’État n’a aucune raison d’intervenir et d’empêcher cela. Et nous nous battrons pour ce droit », a déclaré Ayelet Ambash, en référence apparente au mariage polygame.

Leur parti, Kama, qui visait à empêcher l’intervention du gouvernement dans la vie privée des Israéliens, n’a pas obtenu le nombre de voix minimum requis pour entrer à la Knesset.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...