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Le chef de l’AIEA sur l’Iran, l’Ukraine, la Corée du Nord et le Japon

Rafael Grossi évoque l'exclusion de ses agents par Téhéran, l'intensification de l'activité militaire autour de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, le récent voyage de Jong Un en Russie et l'eau de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima que Tokyo a déversée dans le Pacifique

Archives : Un réacteur de recherche nucléaire au siège de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, le 1er septembre 2014. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi/Dossier)
Archives : Un réacteur de recherche nucléaire au siège de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, le 1er septembre 2014. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi/Dossier)

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a exhorté lundi l’Iran à reconsidérer sa décision de refuser l’accès à ses principaux inspecteurs chargés de contrôler le programme nucléaire iranien, affirmant à l’AFP que tout manque de coopération entraînerait de graves conséquences.

L’instance onusienne avait annoncé samedi que l’Iran avait retiré l’accréditation de plusieurs de ses experts, une décision que Téhéran a pris en riposte à un avertissement lancé par les Etats-Unis et les pays européens du groupe E3 (France, Allemagne et Royaume-Uni).

« Nous devons leur demander de revenir sur cette décision », a déclaré le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, dans un entretien à l’AFP à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

« S’ils ne coopèrent pas avec l’AIEA, ils n’obtiendront pas ce qu’ils veulent : les assurances qu’ils veulent voir, la confirmation qu’ils veulent voir, l’approbation de la communauté internationale », a-t-il dit en référence aux gestes de désescalade attendus pour permettre un allègement des sanctions contre Téhéran.

La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont appelé lundi l’Iran à « revenir » sur sa décision d’interdire l’accès aux inspecteurs de l’AIEA.

Rafael Grossi a également déploré l’intensification de l’activité militaire autour de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, occupée par les forces russes depuis mars 2022.

Le chef de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi, se tenant sur une route à côté d’un véhicule de l’ONU alors qu’il se rend à la centrale nucléaire de Zaporijjia, dans le sud-est de l’Ukraine, le 29 mars 2023. (Crédit : Bureau de presse de l’AIEA via AP)

« Les opérations militaires se multiplient dans la zone, mes inspecteurs me disent que le niveau d’activité militaire est palpable », a déclaré Rafael Grossi à l’AFP. « C’est bruyant et ça se rapproche ».

« Chaque jour qui passe sans accident nucléaire est un bon jour pour nous », dit-il.

Depuis début juin, les troupes de Kiev mènent une contre-offensive dans la zone proche de Zaporijjia, à l’est et au sud du pays, pour tenter de reprendre les territoires détenus par la Russie depuis le début de l’invasion en février 2022.

Pour Kiev, reprendre le contrôle de cette centrale nucléaire, la plus grande d’Europe avec une capacité de 6 000 mégawatts, est vital pour fournir de l’électricité à toute l’Ukraine.

Mais le directeur de l’AEIA souligne qu’une attaque directe contre la centrale ou une interruption de l’alimentation électrique externe pourrait conduire à un accident nucléaire avec des conséquences radiologiques.

« Donc, ce que nous devons faire, c’est garantir (…) qu’il n’y aura pas de dégradation profonde de la situation », a-t-il déclaré.

Evoquant le récent voyage du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un en Russie et ses rencontres avec le président Vladimir Poutine, Rafael Grossi s’est dit convaincu que Moscou ne partagerait pas ses technologies nucléaires avec Pyongyang.

La tournée de Kim Jong Un en Russie la semaine dernière a attisé les craintes des Occidentaux sur la possibilité que Pyongyang, isolé et doté de l’arme nucléaire, puisse fournir à Moscou des armes pour sa guerre en Ukraine.

Au cours de son voyage, le dirigeant nord-coréen a tout inspecté, depuis les fusées spatiales russes jusqu’aux sous-marins.

« Personnellement, je n’ai aucune indication ni aucune raison de croire que des réunions de ce type conduisent à des risques de prolifération », a déclaré Rafael Grossi.

Par ailleurs, il a promis que l’AIEA continuerait à vérifier les rejets d’eau de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon, qui ont suscité des protestations de la Chine et des inquiétudes du public.

Le logo de l’Agence internationale de l’énergie atomique sur le bâtiment de l’AIEA lors d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA au siège de l’agence à Vienne, en Autriche, le 11 septembre 2023. (Crédit : Alex HALADA / AFP)

« Nous vérifions cela tous les jours. Jusqu’ici, tout va bien », a-t-il assuré. « Nous ne prenons pas les choses pour acquises. Nous allons vérifier et nous exposerons ensuite les choses telles qu’elles sont », a-t-il promis.

Le Japon a commencé le 24 août à déverser dans le Pacifique une partie des 1,34 million de tonnes d’eau de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima, une opération qui a déclenché la fureur de la Chine.

Cette eau, dont la quantité totale est équivalente à 540 piscines olympiques, avait été utilisée pour refroidir les trois réacteurs qui ont fondu en 2011, lors de l’une des pires catastrophes nucléaires au monde.

Le rejet en mer a été validé par l’AIEA. Mais le lancement du processus a provoqué une crise diplomatique entre le Japon et la Chine, qui a suspendu depuis fin août toutes ses importations de produits de la mer japonais et accusé Tokyo de traiter la mer comme un « égout ».

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