Le chef des antiquités d’Israël compare l’UNESCO à l’EI
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Le chef des antiquités d’Israël compare l’UNESCO à l’EI

La résolution sur Jérusalem est semblable à la destruction de Palmyre par le groupe terroriste, selon Yisrael Hasson

Ilan Ben Zion est journaliste au Times of Israel. Il est titulaire d'une maîtrise en diplomatie de l'Université de Tel Aviv et d'une licence de l'Université de Toronto en études du Proche-Orient et en études juives

Les ruines de la "Cella" du Temple de Bel dans la ville syrienne antique de Palmyre, qui a été détruit par les jihadistes de l'Etat islamique, le 31 mars 2016. (Crédit : Joseph Eid/AFP)
Les ruines de la "Cella" du Temple de Bel dans la ville syrienne antique de Palmyre, qui a été détruit par les jihadistes de l'Etat islamique, le 31 mars 2016. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Le directeur de l’Autorité israélienne des Antiquités (IAA) a fustigé mercredi l’UNESCO pour sa résolution sur les lieux saints de Jérusalem, comparant l’institution culturelle de l’ONU aux jihadistes de l’Etat islamique (EI).

Pendant l’inauguration du nouveau siège de l’IAA à Jérusalem, le directeur Yisrael Hasson a déclaré que la résolution votée la semaine dernière et confirmée mardi plaçait l’organisation dans la même catégorie que les jihadistes de l’EI qui ont détruit et pillé des centaines de sites archéologiques et Syrie et en Irak pour financeur leur « califat ».

« Autour de nous, des trésors du patrimoine mondial sont détruits… Ils ont assassiné l’archéologue syrien Khaled al-Asaad, qui tentait de protéger ce patrimoine », a déclaré Hasson en citant le responsable retraité des antiquités de Palmyre, âgé de 82 ans, qui a été décapité par des membres de l’EI l’année dernière.

L’EI avait pris Palmyre, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et connu sous le nom de « perle du désert », en mai 2015, et utilisé son amphithéâtre antique pour des exécutions publiques.

Le groupe extrémiste a détruit des temples et des tombes dans le cadre de sa campagne contre les monuments pré-islamiques, considérés comme « blasphématoires ».

« Et récemment, l’UNESCO a en essence rejoint ce système de destruction, par des moyens diplomatiques. C’est essentiellement la même action, par une voie diplomatique », a déclaré Hasson.

Kadima MK Yisrael Hasson, at the Knesset. (photo credit: Miriam Alster/Flash90)
Yisrael Hasson, directeur de l’Autorité israélienne des Antiquités et ancien député de Kadima, à la Knesset. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Hasson, né à Damas, ancien député et directeur adjoint du Shin Bet, est le dernier d’une série de responsables israéliens à fustiger la décision de l’UNESCO, dont Israël dit qu’elle ignore les relations des juifs et des chrétiens aux lieux les plus saints de Jérusalem.

La résolution, votée jeudi en commission, ne cite le mont du Temple et le mur Occidental que par leurs noms musulmans, et a condamné Israël, la « puissance occupante », pour différents actions entreprises sur les deux sites.

La résolution a été confirmée mardi par le Conseil exécutif de l’UNESCO.

L’IAA a inauguré mercredi son nouveau siège de Jérusalem, malgré le fait que l’important complexe ne soit pas encore achevé.

Hasson et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se sont exprimés pendant un dîner de gala regorgeant de chanteurs, de danseurs, de tisserands, de potiers, et de femmes en costumes ethniques distribuant des pièces commémoratives, mais qui a été organisé au milieu des murs et des sols de ciment non terminés, des câbles apparents et des bureaux vides.

Le bâtiment, qui accueillera les antiquités de tout le pays ainsi que les laboratoires et les bureaux de l’IAA, a été présenté en partie pour lever des fonds supplémentaires nécessaires pour terminer la construction.

Une fois achevé, le bâtiment de l’IAA hébergera des artefacts actuellement stockés dans tous les pays, ainsi que la bibliothèque des livres raves du musée Rockefeller.

Depuis qu’Israël a saisi Jérusalem Est en 1967, l’IAA est située dans le musée Rockefeller, près de la porte d’Hérode de la Vieille Ville.

Le déménagement de l’IAA dans son nouveau siège ne s’est pas fait sans controverse. Les détracteurs, dans l’ONG archéologique de gauche Emek Shaveh, ont porté l’affaire devant la Cour suprême pour empêcher les objets de la bibliothèque Rockefeller d’être transférés de Jérusalem Est au nouvel immeuble, affirmant que le droit international interdit le déplacement de propriété culturelle de territoires occupés. La Cour avait rejeté la demande.

Malgré le jugement de la Cour, les antiquités du Rockefeller resteront dans le bâtiment historique des années 1930, et la bibliothèque sera transférée au nouveau siège.

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