Le chef du nucléaire iranien serait en lice pour le prix Nobel de la Paix
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Le chef du nucléaire iranien serait en lice pour le prix Nobel de la Paix

Salehi est considéré par un analyste d'Oslo comme un candidat solide alors que celui-ci s'est vanté des avancées du programme nucléaire

Le directeur de l'agence nucléaire iranienne, Ali Akbar Salehi, en octobre 2012. (Crédit : capture d'écran Youtube/DatelineSBS)
Le directeur de l'agence nucléaire iranienne, Ali Akbar Salehi, en octobre 2012. (Crédit : capture d'écran Youtube/DatelineSBS)

Le chef de l’agence de l’énergie atomique de l’Iran a été pressenti par un analyste comme un bon candidat pour gagner le prix Nobel de la paix grâce à son travail sur l’accord nucléaire avec les puissances mondiales et ce quelques jours après qu’il se soit vanté que la République islamique avait augmenté le volume de ses matières nucléaires en dépit de l’accord.

Kristian Berg Harpviken, le directeur du Peace Research Institute d’Oslo, a déclaré qu’Ali Akbar Salehi, avec le secrétaire américain de l’Energie, Ernest Moniz, ont terminé deuxième sur sa liste spéculative des candidats pour cette année, derrière le dénonciateur de la NSA, Edward Snowden, qui a révélé l’ampleur du programme de surveillance de l’Agence de sécurité américaine.

« Les fuites de Snowden ont entraîné un bon nombre de réformes dans les pratiques et dans la législation américaines qui font qu’il est difficile de soutenir encore l’idée qu’il est un traître à la patrie », a-t-il expliqué à l’AFP.

Il a également mentionné les acteurs du processus de paix en Colombie, le président Juan Manuel Santos et le chef des FARC (rebelles) Timoleon Jimenez comme des candidats éventuels, si leurs entretiens se traduisaient en mettant un terme à des décennies de guerre civile.

Harpviken a qualifié Moniz et Salehi de « candidats dignes et probables… (qui) ont utilisé leur passé commun au MIT pour parvenir à un accord en dépit des différences et des griefs de longue durée qui existent entre leurs pays respectifs ».

Il a noté que les deux hommes « ont reçu beaucoup de crédit pour le succès considérable de l’accord nucléaire avec l’Iran (jusqu’ici) » et a appelé leur travail « un bel exemple de diplomatie de la science ».

(De g) La sous-secrétaire pour les Affaires politiques, Wendy Sherman, le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le secrétaire américain de l'Énergie Ernest Moniz, Robert Malley, membre du Conseil national de sécurité des États-Unis, le sous-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le chef de l'agence de l'énergie atomique Ali Akbar Salehi, le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif et Hossein Fereydoun, adjoint spécial au président iranien, assistent à une réunion à l'hôtel Beau Rivage - 29 mars 2015 à Lausanne, Suisse. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / BRENDAN SMIALOWSKI)
(De g) La sous-secrétaire pour les Affaires politiques, Wendy Sherman, le secrétaire d’Etat américain John Kerry, le secrétaire américain de l’Énergie Ernest Moniz, Robert Malley, membre du Conseil national de sécurité des États-Unis, le sous-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, le chef de l’agence de l’énergie atomique Ali Akbar Salehi, le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif et Hossein Fereydoun, adjoint spécial au président iranien, assistent à une réunion à l’hôtel Beau Rivage – 29 mars 2015 à Lausanne, Suisse. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / BRENDAN SMIALOWSKI)

La semaine dernière, Salehi a déclaré aux membres du Conseil stratégique de l’Iran sur les relations étrangères que l’accord nucléaire avait dans les faits les composants principaux du programme nucléaire du pays intacts, tout en assurant la légitimité internationale de l’existence du programme.

Selon Mehr, l’agence de presse de l’Iran, Salehi a déclaré que l’accord « n’a pas contrecarré complètement le programme, et nous avons seulement été plus lents en termes de progrès ». Il a noté que dans certains domaines l’Iran avait même « accéléré le rythme, y compris dans le volume de matière nucléaire qui était de 550 tonnes avant et maintenant nous avons 770 tonnes de matières nucléaires. Ceci est un fait connu de (l’Agence internationale de l’énergie atomique – AIEA) ».

Le chef de l’agence nucléaire a également souligné que « la reconnaissance du programme nucléaire de l’Iran » du Conseil de sécurité des Nations unies était une réalisation majeure pour la nation.

L’institut de Harpviken a souligné dans un communiqué que « ses spéculations ne confirment pas, ni n’avalisent, tout candidat, et ne sont faites en aucune manière sur la base d’un accès privilégié à la prise de décision du Comité Nobel norvégien. Ni le directeur, ni l’Institut qu’il dirige, ont toute forme d’association avec l’Institut Nobel ou le Comité Nobel norvégien ».

Lundi, l’Iran a annoncé qu’elle avait obtenu l’accès à des avoirs gelés à l’étranger qui ont une valeur de plus de 100 milliards de dollars à la suite de la mise en œuvre de l’historique accord nucléaire avec les puissances mondiales.

Le porte-parole du gouvernement Mohammad Bagher Nobakht a déclaré que beaucoup de l’argent s’était empilé dans des banques en Chine, en Inde, au Japon, en Corée du Sud et en Turquie depuis que les sanctions internationales avaient été renforcées en 2012 en raison du programme nucléaire de Téhéran.

Le milliardaire américain Donald Trump conseille aux Israéliens de voter pour Benjamin Netanyahu dans une vidéo de campagne en 2013 (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Le milliardaire américain Donald Trump conseille aux Israéliens de voter pour Benjamin Netanyahu dans une vidéo de campagne en 2013 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Par ailleurs, Donald Trump, les habitants des îles grecques venant en aide aux migrants, le pape, Angela Merkel… Célébrissimes ou anonymes, ils sont tous présumés être en lice pour le Nobel de la paix.

Comme chaque année, les candidatures à « la plus prestigieuse récompense au monde attribuée pour la préservation de la paix » –dixit le dictionnaire d’Oxford– doivent être envoyées au plus tard le 1er février.

Et comme à l’accoutumée, l’identité des candidats est tenue strictement secrète, ou presque puisque les parrains peuvent en effet divulguer le nom de leur « poulain ».

Une pétition en ligne avait ainsi recueilli lundi quelque 630.000 signatures pour que le Nobel aille aux habitants des îles grecques qui, en première ligne de la crise migratoire, portent secours et réconfort aux réfugiés franchissant au péril de leur vie la Méditerranée depuis la Turquie voisine.

Soutenue par des universitaires, la campagne se heurte cependant à une difficulté de taille : le prix ne peut être partagé par plus de trois lauréats.

Des scientifiques grecs ont contourné l’obstacle en distinguant trois noms: une octogénaire et un pêcheur de Lesbos ainsi que l’actrice américaine Susan Sarandon, première personnalité d’envergure à être venue sur l’île pour sensibiliser l’opinion publique.

Lui-même prix Nobel de la paix en 1984, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu a apporté son soutien à trois candidatures, dont une a également trait aux bons Samaritains grecs: le Mouvement de solidarité égéen.

« Imaginez 900 000 visiteurs dans le besoin qui arrivent à la porte d’un établissement relativement modeste. Affamés, épuisés et dans un état de choc émotionnel… Ils ne parlent pas votre langue ni ne partagent les mêmes croyances culturelles ou religieuses », a écrit Mgr Tutu.

« Qu’est-ce que vous faites ? Vous ouvrez la porte. Incroyable ! », s’est-il émerveillé.

Les deux autres candidatures ayant reçu sa bénédiction sont la Fondation pour la paix dans l’ère nucléaire qui milite pour l’abolition de l’arme atomique, et un trio comprenant… le pape François salué par l’archevêque anglican pour ses efforts « écologiques » contre « le consumérisme et la cupidité ».

Dans un autre registre, le candidat à la candidature républicaine Donald Trump a aussi été suggéré pour le Nobel de la paix, selon un observateur attentif de la chose Nobel, Kristian Berg Harpviken, directeur de l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (Prio).

M. Trump mériterait d’être récompensé pour « son idéologie vigoureuse de paix par la force, employée comme arme de dissuasion contre l’islam radical, l’EI (le groupe islamiste État islamique, ndlr), l’Iran nucléarisé et la Chine communiste », souligne la lettre de parrainage, dont M. Harpviken dit avoir reçu copie.

Parlementaires et ministres, anciens lauréats, certains professeurs d’université…: des milliers de personnes à travers le monde sont habilitées à proposer une candidature. Si l’Institut Nobel est tenu d’accepter toutes les propositions valides, le seul fait d’être candidat ne représente pas un adoubement de sa part.

Les cinq membres du comité qui choisit le lauréat pourront aussi mettre sur la table les candidatures de leur choix lors de leur première réunion, le 29 février.

Donnée parmi les favoris l’an dernier –quand le prix est allé au quartette pour le dialogue national tunisien–, la chancelière allemande Angela Merkel est de nouveau en lice.

Idem pour le gynécologiste Denis Mukwege, qui soigne les femmes violées dans l’est de la RDC, et une Yazidi, Nadia Murad, qui a échappé à l’EI après avoir été réduite à l’esclavage sexuel par les djihadistes.

Le Nobel de la paix sera attribué début octobre.

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