Le chef du Shin Bet s’excuse d’avoir enfreint les restrictions sanitaires
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Le chef du Shin Bet s’excuse d’avoir enfreint les restrictions sanitaires

Nadav Argaman assume "l'entière responsabilité" des visites de sa fille et de la famille de sa femme à son domicile pendant les fêtes, malgré le confinement

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef des services de sécurité du Shin Bet Nadav Argaman lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 6 novembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le chef des services de sécurité du Shin Bet Nadav Argaman lors de la commission de la Défense et des Affaires étrangères à la Knesset, le 6 novembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le chef du service de sécurité du Shin Bet s’est excusé jeudi d’avoir violé le confinement national en accueillant des membres de sa famille qui ne vivent pas en permanence dans sa maison pendant les fêtes de Souccot.

« Le chef du service [Nadav] Argaman s’excuse pour l’incident et en assume l’entière responsabilité », peut-on lire dans une déclaration publiée par l’agence, confirmant l’infraction.

C’est la chaîne Kan qui avait l’affaire mardi soir. Le Shin Bet, qui gère un programme controversé de suivi des téléphones portables que le gouvernement utilise pour suivre les cas de coronavirus, s’est d’abord abstenu de tout commentaire, disant qu’il ne parlait pas de la vie privée des agents.

Jeudi, après le retour de Nadav Argaman d’un voyage de deux jours à l’étranger, le service a confirmé les aspects généraux du reportage, mais a déclaré que certains détails étaient incorrects.

Selon le Shin Bet, les seuls visiteurs qu’il a reçus sont sa fille, celle de sa femme, le mari et l’enfant de la fille, dont sa femme s’occupe pendant la semaine conformément à la réglementation sur les coronavirus – et non d’autres membres de la famille.

Le service a également nié que la fille de Nadav Argaman vit loin de lui. Selon l’agence, elle est actuellement en service dans l’armée et partage son temps entre le domicile de son père et celui de sa mère.

Dans la déclaration, le Shin Bet a indiqué que cela faisait plus d’un mois et demi que la fille de leur directeur n’était pas venue chez lui. L’agence a également indiqué que le rassemblement illicite avait eu lieu en plein air.

La police a dit à Kan qu’elle allait « examiner » les informations.

Avant le début des vacances de Souccot, le gouvernement a mis en place des amendes de 500 shekels pour toute personne surprise avec quelqu’un qui ne fait pas partie de leur ménage dans une souccah qui n’est pas la leur. L’interdiction de se rendre dans la souccah d’une autre personne doit rester en vigueur pendant deux jours après la fin de la fête. Des amendes similaires sont prévues pour les visites au domicile d’autres personnes pendant le confinement.

La violation des règles sanitaires par Nadav Argaman est la dernière en date d’une série de cas de hauts fonctionnaires israéliens ayant enfreint les mesures imposées au grand public ou ayant été accusés de l’avoir fait.

Gila Gamliel, ministre de la Protection de l’environnement, assiste à un débat de la commission de l’économie de la Knesset sur la consignation des bouteilles, 14 septembre 2020 (Autorisation)

Lundi dernier, la ministre de la Protection de l’environnement, Gila Gamliel, qui a annoncé au cours du week-end qu’elle avait été infectée par le coronavirus, a fait l’objet d’appels à la démission ou au renvoi après avoir avoué que, la semaine dernière, elle avait enfreint la limite de déplacement en se rendant depuis son domicile de Tel Aviv chez des proches dans la ville de Tibériade, dans le nord du pays.

Elle aurait également tenté de cacher ce déplacement lors de l’enquête épidémiologique du ministère de la Santé suite à son infection.

Yair Lapid, le leader de Yesh Atid, a annoncé lundi que le député Mickey Levy allait démissionner de la commission coronavirus de la Knesset « d’un commun accord » après avoir violé les règles de confinement.

Mardi, c’est le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri qui a démenti des accusations selon lesquelles il aurait enfreint la réglementation en quittant son domicile de Jérusalem pour se rendre à Tibériade pour les récentes fêtes de Yom Kippour. Il a affirmé que quelqu’un répandait cette fausse accusation parmi les journalistes.

Le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri à la Knesset le 3 mars 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

En septembre, un conseiller principal du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Reuven Azar, a violé les règles du bureau du Premier ministre en matière de coronavirus en quittant un hôtel où la délégation israélienne séjournait à Washington en vue de la signature des accords de normalisation avec Bahreïn et les Émirats arabes unis.

Reuven Azar a de nouveau fait la une des journaux à son retour en Israël après avoir été repéré dans un supermarché de Mevaseret Zion, dans la banlieue de Jérusalem, alors qu’il était censé être en quarantaine.

Le haut-conseiller au Premier ministre et président-adjoint du Conseil national de sécurité Reuven Azar. (Capture d’écran: YouTube)

En avril, le président Reuven Rivlin s’est excusé auprès du peuple israélien après qu’il a été rapporté qu’il avait célébré le Seder avec l’une de ses filles, malgré un couvre-feu strict dans le pays, similaire aux réglementations actuelles qui interdisent les rassemblements familiaux.

Cette information avait suivi la nouvelle selon laquelle Benjamin Netanyahu lui-même avait partagé son repas de fête avec son fils Avner, ce qui a suscité l’indignation de la population, reprochant aux hauts dirigeants de bafouer leurs propres règles alors que des millions d’Israéliens ordinaires faisaient des sacrifices.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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