Le “cheikh des snipers” irakien, qui a combattu Tsahal en 1973, est mort au combat
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Le “cheikh des snipers” irakien, qui a combattu Tsahal en 1973, est mort au combat

Abou Tahsine al-Salhi, 63 ans, qui a commencé sa carrière sur le Golan pendant la guerre de Kippour, dit avoir tué 320 membres de l'EI

Abou Tahsin al-Salhi, à gauche, sniper des unités Hashed al-Shaabi, qui a tué au moins 320 combattants de l'Etat islamique, à Mossoul, le 26 avril 2017. (Crédit : Haidar Mohammed Ali/AFP)
Abou Tahsin al-Salhi, à gauche, sniper des unités Hashed al-Shaabi, qui a tué au moins 320 combattants de l'Etat islamique, à Mossoul, le 26 avril 2017. (Crédit : Haidar Mohammed Ali/AFP)

Un célèbre combattant irakien surnommé le « cheikh des snipers », qui se vantait encore récemment d’avoir abattu au moins 320 jihadistes du groupe Etat islamique (EI), est mort dans la bataille de Hawija (nord-ouest), ont annoncé samedi les forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi.

Cet homme massif à la barbe grise, vêtu d’une tenue militaire beige sur laquelle il enfilait un gilet de cuir, d’un keffieh à damier noir et blanc et de mitaines, ne se séparait jamais de son fusil d’assaut autrichien « Steyr ».

Selon Ahmad al-Assadi, le porte-parole du Hachd al-Chaabi, Abou Tahsine est tombé vendredi durant la bataille de Hawija, alors qu’il s’était avancé dans une zone de combat avec l’EI, dans la montagne de Hamrine.

Membre de la brigade Ali al-Akbar, qui fait partie du mouvement Hachd al-Chaabi, il était « le meilleur de nos tireurs », a-t-il ajouté.

Dans une vidéo diffusée par cette milice, Abou Tahsin avait raconté avoir participé à de nombreuses guerres dans la région. « J’ai 63 ans et j’ai toujours été un tireur embusqué. Ma première guerre, c’était en 1973 dans le Golan » syrien lors du conflit israélo-arabe.

Il faisait partie de l’armée irakienne, dont un contingent avait participé aux côtés des troupes syriennes à la guerre contre Israël. Puis il fut sniper durant la guerre irako-iranienne (1980-1988), lors de l’invasion du Koweït par l’Irak (1990), avant de combattre l’armée américaine en 2003 puis de tourner son arme contre l’EI.

Dans cette interview récente, il affirmait : « ceux qui ont envoyé de Turquie ces ‘Daech’ [acronyme arabe de l’EI] les ont trompés. Ils sont venus ici pour se faire tuer. Aujourd’hui, j’en ai abattu deux, c’est un chiffre ridicule, mon minimum c’est quatre. »

« Dans la bataille de Makhoul et Baiji, en 2015, j’en ai tué 173 et en tout j’en suis à 320 », avait-il dit.

Funérailles d'Abou Tahsin al-Salhi, sniper des unités Hashed al-Shaabi, qui a tué au moins 320 combattants de l'Etat islamique, à Basra, le 30 septembre 2017. (Crédit : Haidar Mohammed Ali/AFP)
Funérailles d’Abou Tahsin al-Salhi, sniper des unités Hashed al-Shaabi, qui a tué au moins 320 combattants de l’Etat islamique, à Basra, le 30 septembre 2017. (Crédit : Haidar Mohammed Ali/AFP)

Lors des funérailles samedi à Joubeir, près de la ville de Bassora (sud), l’un de ses proches, Ahmad Ali Hussein, a raconté qu’Ali Tahsine, de son vrai nom Ali Jabbar al Salahi, était surnommé par ses compagnons d’armes le « cheikh des snipers », ou encore « œil de faucon » et « chasseur de Daech ».

Les troupes irakiennes conduisent actuellement une double offensive contre les derniers bastions de l’EI dans le pays, à Hawija, et plus au sud dans la province d’Al Anbar (Rawa, Al Qaïm), à proximité de la frontière syrienne.

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