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Le choc de la Shoah « s’estompe » sur fond de hausse de l’antisémitisme – Herzog

Le président appelle à "dénoncer toute tentative de dénaturer, de réécrire" le génocide nazi ; le Premier ministre dénonce "les appels quotidiens de l'Iran à annihiler" Israël

Isaac Herzog participe à la cérémonie de la Marche des vivants dans le camp) de concentration d'Auschwitz-Birkenau en Pologne, le 2 mai 2019. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Isaac Herzog participe à la cérémonie de la Marche des vivants dans le camp) de concentration d'Auschwitz-Birkenau en Pologne, le 2 mai 2019. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Le président Isaac Herzog a mis en garde, jeudi, contre un antisémitisme croissant, affirmant que « le choc » face à la Shoah – le génocide perpétré par l’Allemagne nazie qui a entraîné la mort de six millions de Juifs – « s’estompait ».

Herzog a lancé cet avertissement au cours d’une cérémonie organisée pour la Journée internationale de commémoration de la Shoah, qui a lieu tous les 27 janvier depuis que les États-membres des Nations unies ont mis en place ce jour du souvenir en 2005. La date choisie est par ailleurs la date-anniversaire de la libération d’Auschwitz.

« Même si beaucoup de choses ont été faites, il apparaît clairement – et c’est alarmant – que 77 ans après la libération d’Auschwitz, le choc s’estompe », a dit Herzog pendant l’événement organisé à Yad Vashem. « Nous assistons à une recrudescence des agressions antisémites en ligne ; à une normalisation de la terminologie antisémite dans les médias mainstream et à la création de pags, sur les réseaux sociaux, qui se focalisent à nouveau sur la haine antijuive auprès de publics plus jeunes. »

« Nous constatons combien le radicalisme et l’antisémitisme, aujourd’hui, sont négligés – au nom de profits économiques ou politiques. Et – c’est peut-être ce qui est le plus perturbant – nous voyons bien la manière dont le passé est banalisé et combien les faits alternatifs sont en train de noyer l’Histoire », a-t-il ajouté.

Herzog a affirmé que la Shoah « n’est pas une note en bas de page controversée dans l’Histoire » mais qu’il s’agit « de l’assaut le plus révoltant jamais commis », précisant qu’il était du devoir de tous de la commémorer.

« Quand nous échouons à renforcer la promesse que nous avons faite, la promesse du ‘Plus jamais ça’, nous méprisons notre dette à l’égard du passé et nous abdiquons nos droits sur notre avenir », a-t-il poursuivi.

Le président a remarqué qu’il y avait de moins en moins de survivants de la Shoah, de partisans ou de personnes ayant aidé les Juifs à fuir encore en vie et susceptibles de témoigner directement des horreurs du génocide commis pendant la Seconde Guerre mondiale.

« D’ici quelques années, le devoir de ne jamais oublier sera seulement le nôtre. L’obligation de raconter à nos enfants les atrocités de la Shoah, de les avertir des dangers de l’antisémitisme, de la haine, du racisme et de l’intolérance sera la nôtre exclusivement », a-t-il déclaré.

La voie ferrée d’où des centaines de milliers de personnes ont été dirigées vers les chambres à gaz pour être assassinées, à l’intérieur de l’ancien camp de la mort nazi d’Auschwitz-Birkenau ou Auschwitz II, à Oswiecim, en Pologne, le 7 décembre 2019. (Crédit : Markus Schreiber/AP)

Il a vivement recommandé à tous les pays d’adopter la définition de travail de l’antisémitisme qui a été mise au point par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance), « qui dit dans les termes les plus clairs à quoi ressemble la haine des Juifs ». Le secrétaire-général de l’ONU a évité d’annoncer l’adoption de cette définition au cours d’un événement qui a eu lieu jeudi.

« Nous devons faire comprendre très clairement à tous les régimes radicaux qu’ils ne seront jamais traités comme des membres légitimes de la communauté internationale tant qu’ils appelleront au génocide et au soutien du terrorisme », a-t-il déclaré. « Nous ne devons pas permettre à des considérations politiques d’anéantir nos repères moraux ou de nous empêcher de dénoncer les choses, quand ceux qui commettent des violations flagrantes aux droits de l’Homme tentent d’utiliser les Nations unies ou d’autres forums internationaux pour dissimuler ou pour poursuivre leurs crimes. »

« Et nous devons révéler et dénoncer toutes les tentatives visant à dénaturer, à réécrire ou à oublier ce qui s’est passé il n’y a pas si longtemps », a-t-il poursuivi.

Dans ses propos, Herzog a aussi évoqué particulièrement l’Iran.

« Nous voyons le régime des Ayatollahs appeler à annihiler l’État d’Israël, lancer des actes de terrorisme contre les communautés juives du monde entier et assassiner des civils dans tout le Moyen-Orient tandis que certains se contentent de détourner le regard », a-t-il poursuivi.

Le Premier ministre Naftali Bennett s’adresse au corps diplomatique, le 27 janvier 2022. (Crédit : Roi Avraham/GPO)

Le Premier ministre Naftali Bennett a émis une mise en garde similaire lors de son propre discours à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de la Shoah.

« Quand on entend quotidiennement les appels du régime iranien à annihiler l’État d’Israël – alors que nous sommes en train de parler, ils continuent à dire qu’ils vont assassiner et détruire l’État d’Israël, l’État juif – et quand on constate la rapide progression des Iraniens vers l’arme atomique, l’indifférence s’apparente à une approbation silencieuse », a-t-il dit dans des propos tenus devant les diplomates. « Un pays qui parle d’annihiler l’État juif devrait ne pas être un partenaire légitime, et pour quoi que ce soit. »

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