Le Conseil œcuménique des Églises appelle à des sanctions en cas d’annexion
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Le Conseil œcuménique des Églises appelle à des sanctions en cas d’annexion

Le groupe chrétien demande à l'UE de mettre fin à l'accord commercial avec Israël s'il étend sa souveraineté, ce qui "ne peut pas mener à la justice ou à la paix", selon lui

Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, s'exprime lors d'un événement à Genève, le 15 juin 2018. (Crédit : Albin Hillert/COE via JTA)
Le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, s'exprime lors d'un événement à Genève, le 15 juin 2018. (Crédit : Albin Hillert/COE via JTA)

JTA – Le Conseil œcuménique des Églises demande aux diplomates européens de sanctionner Israël s’il annexe des terres situées en Cisjordanie. Cette demande a déclenché un débat animé dans les milieux chrétiens.

L’appel à punir Israël a été lancé le mois dernier dans une lettre adressée aux ministres européens des Affaires étrangères depuis le siège genevois du Conseil, un organisme de tutelle créé en 1948 qui compte aujourd’hui 350 églises membres, dont environ 500 000 fidèles. L’Église catholique n’en est pas membre.

Si Israël annexe des terres, la lettre dit que « l’UE doit certainement suspendre l’accord d’association UE-Israël », une référence à un contrat de 1995 qui promeut le commerce entre le bloc et l’État juif. En outre, l’UE devrait appliquer à Israël des sanctions « au moins proportionnelles à celles adoptées par l’UE en réponse à l’annexion de la Crimée par la Russie ».

L’UE a mis sur liste noire des centaines de personnes et d’entreprises russes pour leur implication présumée dans l’annexion de la Crimée opérée à partir de 2014, les soumettant à des interdictions d’entrée et au gel de leurs avoirs en Union européenne.

« L’annexion unilatérale d’une partie supplémentaire du territoire qui reste aux Palestiniens ne peut conduire à la justice ou à la paix, mais seulement à une plus grande injustice », a écrit l’organisation religieuse.

Ces dernières années, le Conseil a été accusé de poursuivre un programme anti-Israël, une affirmation rejetée par ses dirigeants.

En 2019, il est apparu que le Conseil avait recueilli pendant des années des informations sur les actions de l’armée israélienne dans des territoires que le Conseil et la communauté internationale considèrent comme occupés, les militants se faisant passer pour des touristes.

Des militants du Conseil œcuménique des Eglises en Cisjordanie. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé son intention d’appliquer le droit civil israélien dans la vallée du Jourdain et les implantations israéliennes en Cisjordanie dès le 1er juillet.

Les partisans de ce projet affirment qu’il garantit le contrôle de la sécurité sur la plus longue frontière d’Israël et qu’il cimente l’existence des implantations en tant que partie intégrante du pays sans exclure l’option d’un futur État palestinien dans le territoire restant.

La déclaration du Conseil a suscité de vives critiques de la part de Christians for Israel [Chrétiens pour Israël], un réseau international basé aux Pays-Bas et composé de chrétiens pro-sionistes de 27 pays et de centaines de milliers de fidèles. Le groupe a commenté dans une déclaration que les églises ne devraient pas se mêler de la politique au Moyen-Orient et que le conseil le faisait « d’une manière unilatérale ».

Le ministre hollandais des Affaires étrangères Stef Blok s’exprime au Conseil de sécurité des Nations unies lors de la 73e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre 2018. (Crédit : AP Photo/Jason DeCrow)

Aux Pays-Bas, l’appel a également provoqué une scission au sein du plus grand organisme ecclésiastique du pays, le Conseil des Églises des Pays-Bas. En effet, cette organisation avait transmis au ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok la lettre appelant à des sanctions, ajoutant que c’était la position de toutes ses églises membres constitutives.

Cela a suscité des centaines de réactions de colère, y compris des menaces, qui ont été envoyées au Conseil des Églises des Pays-Bas, a fait savoir son président, Geert van Dartel, dans une lettre adressée à Christians for Israel.

En outre, deux organismes ecclésiastiques appartenant au Conseil des Églises des Pays-Bas ont pris publiquement leurs distances de la lettre envoyée à Stef Blok et se sont plaints que la décision de les inclure comme cosignataires a été prise sans les consulter et contre leurs positions.

Les églises qui ont protesté sont les Églises pentecôtistes et évangéliques unies et le Pacte des congrégations évangéliques libres aux Pays-Bas, qui comptent des dizaines de milliers de fidèles et environ 200 congrégations entre elles.

Le grand rabbin néerlandais Binyomin Jacobs, dans une tribune du site web du CIP, a lié la lettre sur les sanctions à des siècles d’hostilité chrétienne envers les Juifs.

« Considérant l’histoire, dans laquelle les églises ont continuellement enseigné aux Juifs ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas faire, il incomberait à ces mêmes églises de faire preuve de prudence et d’humilité vis-à-vis d’Israël », a-t-il écrit la semaine dernière. « C’est une démocratie, elle a le droit, est en mesure de et doit prendre ses propres décisions et résoudre ses problèmes. »

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