Le déficit budgétaire de l’Etat s’élève à 14 milliards de shekels en juin
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Le déficit budgétaire de l’Etat s’élève à 14 milliards de shekels en juin

Les chiffres du ministère des Finances montrent que le dépassement des dépenses a atteint 3,9 % du PIB, dépassant largement l'objectif annuel de 2,9 % fixé par le Trésor public

Le ministre des Finances Moshe Kahlon prend la parole lors de la 16e conférence annuelle du groupe Besheva à Jérusalem, le 12 février 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Finances Moshe Kahlon prend la parole lors de la 16e conférence annuelle du groupe Besheva à Jérusalem, le 12 février 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le déficit du budget national a bondi à 14 milliards de shekels (3,5 milliards d’euros) en juin, selon les données publiées par le ministère des Finances jeudi.

Ce chiffre, qui représente un déficit de 3,9 % du produit intérieur brut (PIB) sur une base annualisée, est légèrement supérieur au déficit annualisé de 3,8 % enregistré en avril et mai, et bien au-delà de l’objectif de 2,9 % fixé par le ministère des Finances pour 2019.

Les données montrent que le déficit cumulé a atteint 21,9 milliards de shekels (5,5 milliards d’euros) pour le premier semestre 2019. Le déficit cumulé pour la même période en 2018 s’élevait à 7,8 milliards de shekels (1,9 milliards d’euros).

Israël s’est fixé un objectif de déficit budgétaire annualisé pour l’année de 40,2 milliards de shekels.

Ces chiffres ont été publiés quelques jours après l’approbation par le Cabinet d’une réduction générale de 1,2 milliard de shekels (300 millions d’euros) du budget national visant à réduire l’explosion du déficit.

Le plan impopulaire du ministère des Finances de réduire de 1,75 % les budgets ministériels quelques mois avant une élection a suscité l’opposition des législateurs et des ministres dont les ministères seraient touchés par les mesures d’austérité.

Le ministère des Finances à Jérusalem, le 26 novembre 2006. (Crédit : Flash90)

« Les compressions budgétaires sont difficiles, mais elles sont nécessaires », avait déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux membres du Cabinet avant le vote de lundi dernier. « Personne ne veut le faire, je comprends les ministres dont les cabinets seront touchés par les compressions, mais c’est ce que nous devons faire. Nous devons nous concentrer sur nos priorités. »

En janvier, le Trésor a mis en garde contre un ralentissement de la croissance économique en 2019, qui se traduirait par une baisse des recettes fiscales et un déficit budgétaire prévu d’environ 10 milliards de shekels (2,5 milliards d’euros).

La hausse du déficit a été exacerbée par l’augmentation des dépenses publiques, les ministres ayant accédé à des demandes de salaires plus élevés dans le secteur public, y compris la police, ou ayant dépensé de l’argent dans des projets visant à rendre le logement moins cher pour les consommateurs.

Au début de 2019, Kahlon hésitait à annoncer des réductions budgétaires ou des hausses d’impôt avant les élections du 9 avril. Les économistes avaient averti que le nouveau gouvernement devrait établir des politiques à long terme pour freiner la montée du shekel, stimuler l’éducation et l’infrastructure, et réduire la bureaucratie. Mais la main de Kahlon semble avoir été forcée après qu’aucun gouvernement n’a été formé en mai et que les Israéliens sont de nouveau attendus aux urnes en septembre.

Jeudi, l’ancien ministre des Finances Yair Lapid, n°2 du parti Kakhol lavan, a déclaré que le déficit réel est encore plus élevé que ce que le bureau de Kahlon a publié, et a appelé à un changement au sommet.

« Vous ne pouvez pas résoudre le déficit tout en transférant des milliards aux extrémistes et aux extorqueurs », a-t-il dit, faisant référence aux demandes budgétaires faites par les partis ultra-orthodoxes lors des négociations de la coalition en mai.

Si le déficit budgétaire est trop élevé, le gouvernement n’a aucune marge de manœuvre pour faire face à un ralentissement économique potentiel en augmentant les dépenses, ont averti les économistes et les analystes.

En 2018, le déficit budgétaire s’est inscrit presque miraculeusement dans l’objectif fixé par le gouvernement, exactement à 2,9 % du PIB, selon les données du ministère des Finances. La plupart des analystes avaient prédit que le déficit en 2018 dépasserait également l’objectif, d’après des données préliminaires qui montraient qu’il y aurait un manque à gagner.

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