Le dernier rapport sur la liberté religieuse d’Obama critique l’antisémitisme palestinien
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Le dernier rapport sur la liberté religieuse d’Obama critique l’antisémitisme palestinien

Le rapport 2015 souligne la hausse des agressions contre les Israéliens après des tensions au mont du Temple, et des attaques de représailles par des juifs contre des musulmans et des chrétiens

Imad Nabil Ghadaa, ambassadeur de l'Autorité palestinienne au Chili, cite le texte antisémite des "Protocoles des Sages de Sion" pendant un discours le 15 mai 2015. (Crédit : capture d'écran)
Imad Nabil Ghadaa, ambassadeur de l'Autorité palestinienne au Chili, cite le texte antisémite des "Protocoles des Sages de Sion" pendant un discours le 15 mai 2015. (Crédit : capture d'écran)

WASHINGTON (JTA) – Le dernier rapport de l’administration Obama sur la liberté religieuse est concentré sur les lois oppressives sur le blasphème et les normes sociétales dans pays musulmans. Il a également souligné la propagande antisémite dans les Territoires palestiniens.

Dans une section sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, le rapport 2015 a noté que « le matériel antisémite continue à apparaître » dans les médias officiels de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, et dans les médias du Hamas dans la bande de Gaza, et que le Hamas et d’autres groupes radicaux font souvent suivre les attaques à la roquette contre Israël de déclarations antisémites les revendiquant.

La section Israël du rapport, qui a été publié mercredi sur le site internet du département d’Etat, a également noté une hausse des attaques contre les juifs israéliens l’année dernière, dans un contexte de tensions concernant le mont du Temple à Jérusalem, un lieu saint pour les musulmans et les juifs, ainsi que des attaques juives en représailles contre des musulmans et des chrétiens.

« Parce que la religion et l’ethnie sont souvent étroitement liées, il a été difficile de catégoriser la plupart de cette violence comme étant uniquement basée sur l’identité religieuse », est-il précisé dans le rapport.

Des Palestiniens masqués pendant des affrontements avec la police sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 28 juin 2016 (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)
Des Palestiniens masqués pendant des affrontements avec la police sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 28 juin 2016 (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Il a également été noté le monopole que le rabbinat orthodoxe continue à maintenir sur la vie religieuse en Israël.

« Le gouvernement a autorisé les personnes de toutes les religions à accéder au mur Occidental, mais une stricte séparation des hommes et des femmes, est-il écrit. Le gouvernement a mis en place des politiques basées sur les interprétations orthodoxes de la loi religieuse ; il est revenu en juillet sur sa décision d’autoriser un plus large spectre de rabbins orthodoxes à réaliser des conversions. Le gouvernement n’a pas autorisé le mariage civil, le mariage interreligieux, ou le mariage réalisé par des rabbins non orthodoxes, ou non reconnus par les autorités religieuses. »

Le rapport comprend un témoignage poignant de la mort par lapidation l’année dernière de Farkhunda Malikzada, habitante de Kaboul qui a été accusée à tort d’avoir brûlé un exemplaire du Coran.

Il a mis en évidence la justice rapide des autorités afghanes vis-à-vis de ses assassins, notant que cela « démontre que le changement est possible. »

« Dans beaucoup d’autres sociétés islamiques, les passions sociétales associées au blasphème, suffisamment mortel en lui-même, sont permises par un code juridique qui pénalise sévèrement le blasphème et l’apostasie », est-il écrit dans le rapport, réalisé sous la direction du rabbin David Saperstein, l’ambassadeur extraordinaire pour les libertés religieuses, et qui dirigeait avant cette nomination le centre d’action religieuse du mouvement réformé.

Rabbi David Saperstein. (Photo credit: Religious Action Center of Reform Judaism/via JTA)
Le rabbin David Saperstein, ambassadeur extraordinaire des Etats-Unis pour la liberté religieuse, et ancien directeur du centre d’action religieuse du judaïsme réformé. (Crédit : centre d’action religieuse du judaïsme réformé/JTA)

« De telles lois entrent en conflit avec et compromettent les droits de l’Homme universellement reconnus, est-il écrit. Tous les habitants de pays où les lois ou les normes sociales encouragent la peine de mort pour le blasphème sont vulnérables à des attaques comme celle subie par Farkhunda. »

Le rapport critique dans son résumé la Mauritanie, l’Arabie saoudite, le Soudan et le Pakistan.

Le ton ferme du rapport arrive après des années de perches tendues par l’administration Obama au monde musulman, en commençant par le discours du Caire en 2009, peu après son élection.

Ce discours a été cité dans une liste des réussites de l’administration Obama pour faire avancer la liberté religieuse que la Maison Blanche a publiée mercredi, séparément du rapport du département d’Etat.

La « fiche d’informations : promouvoir et protéger la liberté religieuse dans le monde » couvre les deux mandants d’Obama sur un ton légèrement défensif.

« Pendant toute l’administration Obama, le gouvernement américain a fait de ses efforts pour promouvoir la liberté de religion dans le monde en tant que droit humain universel, intérêt stratégique national, et objectif crucial de politique étrangère, une priorité », est-il écrit. Il est noté que les plaidoyers pour la libération des prisonniers de conscience religieux a souvent eu lieu en coulisses.

Les républicains et des associations chrétiennes conservatrices ont accusé Obama d’avoir accordé moins d’importance à la défense des libertés religieuses que son prédécesseur, George W. Bush.

Le président Barack Obama pendant une cérémonie de commémoration de la Shoah à l'ambassade d'Israël à Washington, le 27 janvier 2016. (Crédit :: capture d'écran YouTube)
Le président Barack Obama pendant une cérémonie de commémoration de la Shoah à l’ambassade d’Israël à Washington, le 27 janvier 2016. (Crédit :: capture d’écran YouTube)

Parmi les réussites listées dans la publication, on retrouve des discours de 2014 et 2016, quand Obama avait dénoncé l’antisémitisme parmi d’autres persécutions religieuses, et l’organisation en 2015, à la demande des Etats-Unis, d’Israël, du Canada et de l’Union européenne, d’une session spéciale des Nations unies sur la lutte contre l’antisémitisme.

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