Le Festival du film de Haïfa 2020 propose une sélection de 95 films en ligne
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Le Festival du film de Haïfa 2020 propose une sélection de 95 films en ligne

Des longs métrages issus de festivals internationaux, des documentaires israéliens et même des films d'horreur sont à voir depuis chez soi

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Le 36e Festival du film de Haïfa se déroule en ces fêtes de Souccot, comme chaque année – sauf qu’en raison de la pandémie, tout se passe cette fois en ligne.

L’événement cinématographique annuel a commencé samedi soir et se poursuivra jusqu’au 10 octobre, avec la projection de 95 films d’Israël et du monde entier, en plus de la compétition de documentaires israéliens, des projections de films d’étudiants, une session de présentation de longs métrages israéliens et une conférence sur les séries télévisées.

C’est un festival plus petit cette année, a commenté le directeur du festival, Yaron Shamir, étant donné qu’il y a eu moins de films hollywoodiens disponibles, en raison des changements subis par le secteur en raison du coronavirus.

« Nous avons dû choisir parmi ce qui était disponible, et les grands films n’étaient pas disponibles cette année », a-t-il indiqué. « En général, il s’agit de savoir quel film hollywoodien est sorti et quelles stars sont dans quel film, surtout pour le film d’ouverture. Cette année, les décisions ont été basées sur ce que l’équipe a aimé, ce qui a permis une sélection de très grande qualité. »

L’équipe du festival a travaillé dur pour créer une expérience en ligne, a indiqué Yaron Shamir.

« Ce n’est pas comme aller au théâtre, mais ce n’est pas non plus seulement de la vidéo à la demande », assure-t-il.

Les spectateurs ont 24 heures après avoir payé le film choisi pour le regarder.

Le calendrier est beaucoup plus court que d’habitude, a précisé M. Shamir. Il craint que le public plus âgé ait plus de mal avec la version en ligne et ne soit pas au rendez-vous.

« Peut-être que nous aurons un public plus jeune cette année, ou les gens qui ne peuvent habituellement pas se rendre à Haïfa », a-t-il dit, notant que le festival vendait habituellement environ 70 000 places. « Nous serons heureux de revenir à un festival normal l’année prochaine. »

Parmi les 95 œuvres proposées figurent certaines des meilleures présentées lors des festivals internationaux de cinéma de cette année, comme « Exil » projeté à Sundance, de Visar Morina, sur l’immigration et la discrimination, et « Summertime » de Carlos Lopez Estrada.

Il y a aussi « Aviva » du cinéaste israélo-américain Boaz Yakin, une romance sur la fluidité du genre et la danse, et « Un triomphe » d’Emmanuel Courcol, qui a séduit le public à Cannes.

Les huit films israéliens présentés en avant-première dans le cadre de la compétition de documentaires comprennent des récits précis et intelligents sur différents aspects de la vie et de l’histoire israéliennes.

Le documentaire de la réalisatrice Lina Chaplin, « BaMistarim », raconte l’histoire de plusieurs anciens Juifs ultra-orthodoxes qui ont quitté leur communauté haredi ou s’apprêtent à le faire.

Le film s’inscrit dans la lignée de séries télévisées marquantes récentes, notamment la série « Unorthodox », qui a remporté un Emmy, et « Unchained », sur un rabbin Haredi qui aide les femmes dont le mari refuse de leur accorder le divorce et, ce faisant, en apprend davantage sur son propre mariage.

Revenant sur un pan de l’histoire israélienne, « Susita » d’Avi Weissblei est un film d’une heure, bien documenté, sur la voiture en fibre de verre fabriquée en Israël dans les années 1960 et 1970, qui jette un éclairage sur l’entreprise et l’industrie automobile.

« Dvash Mar », des réalisateurs Udi Kalinsky et Revital Oren, propose un regard déprimant mais lyrique sur l’environnement, l’agriculture israélienne et l’industrie apicole.

Dans « Eretz Ir », la réalisatrice Yakie Ayalon raconte l’histoire de trois adolescents, nés en Israël de parents immigrés nigérians, qui sont renvoyés au Nigeria, mais qui aspirent à retrouver leur vie israélienne.

« Heroine » est un essai cinématographique féministe de Smadar Zamir consacré aux réalisatrices israéliennes, raconté à travers leurs monologues et essais, et « HaKnesiya » d’Anat Tel nous plonge dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Les fans de films d’horreur peuvent profiter de deux films différents dans la sélection « Midnight Madness », et il y a également plusieurs sélections pour les enfants et les familles.

Le public attendait le festival, indique son directeur.

« Il suscite beaucoup d’intérêt », indique-t-il. « Les gens sont chez eux, et c’est une activité culturelle qui se trouve à leur disposition. »

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