Le grand rabbinat interdit à des femmes de passer des examens halachiques
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Le grand rabbinat interdit à des femmes de passer des examens halachiques

Les femmes orthodoxes menacent de poursuites judiciaires après que leur demande de passer un examen sur la pureté dans la famille a été rejetée sans raison apparente

L'entrée de l'immeuble du grand rabbinat d'Israël à Jérusalem. Illustration. (Crédit : Flash90)
L'entrée de l'immeuble du grand rabbinat d'Israël à Jérusalem. Illustration. (Crédit : Flash90)

Un groupe de quatre femmes orthodoxes juives a menacé de traduire le grand rabbinat israélien devant la plus haute cour israélienne après que leur demande de passer un examen officiel portant sur les lois juives en termes de pureté dans la famille a été rejetée sans explication.

L’examen a eu lieu jeudi. Les femmes n’ont pas été autorisées à y participer.

Un religieux du rabbinat, s’adressant à un représentant de l’organisation ITIM, a dit en réponse à la demande des femmes qu’il s’agissait « des instructions du rabbinat » et qu’il « n’y a pas de possibilités que les femmes passent l’examen ».

Le représentant de l’ITIM, une organisation à but non-lucratif qui guide les Israéliens à travers l’ensemble de la bureaucratie religieuse, a enregistré la conversation, ce qui est légal. L’organisation Kolech et le centre Rackman de l’université de Bar-Ilan ont rejoint l’ITIM dans le soutien apporté aux femmes.

Les femmes ont étudié et enseignent les lois juives depuis de nombreuses années. Le passage de l’examen, auquel des milliers d’hommes sont soumis au cours du processus d’ordination rabbinique et qui représente également dans certaines professions l’équivalent d’un diplôme universitaire, peut leur permettre d’améliorer leur salaire ou de se porter candidat à des postes de fonctionnaires.

Le rabbin Seth Farber, chef de l’organisation Itim, photo non datée (Crédit : Itim)

Le directeur de l’ITIM, le rabbin Seth Farber, a qualifié cette politique d’interdiction des femmes « d’illégale ».

Dans une lettre adressée au directeur du département des examens au grand rabbinat, le rabbin Yehuda Glickman, les femmes et l’ITIM ont réclamé des explications à ce rejet et rappelé que ce sujet est enseigné depuis des années dans des séminaires de haut-niveau pour les femmes.

« Le grand rabbinat représente l’Etat d’Israël », a déclaré Elad Caplan, a vocat de l’ITIM. « Les femmes que nous représentons ont atteint le plus haut degré de l’étude de la Orah et Israël devrait être capable de reconnaître clairement ce fait. Les femmes, pour des affaires de lois juives, vont voir ces interlocutrices privilégiées. Rejeter leur requête nuit au monde de la Torah, aux institutions de la Torah dans lesquelles elles ont étudié et au public en général ».

Les lois sur la pureté familiale incluent l’utilisation des bains rituels, la cohabitation et d’autres sujets sur lesquels une expertise féminine est souvent nécessaire.

Des femmes juives orthodoxes assistent à un cours « Mashgiach » au Emunah Seminary College pour les études des femmes juives à Jérusalem le 18 avril 2013 (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

L’organisation des femmes Emunah avait, en 2014, remporté son appel devant la Cour suprême visant à permettre aux femmes de passer les examens sur la casheroute, ou lois de l’alimentation, de manière à ce qu’elles puissent travailler comme superviseures de cuisine dans les restaurants casher.

Les femmes n’ont toujours pas le droit de passer des examens sur des questions comme les lois halachiques sur le Shabat, le mariage et la prière.

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