Le Liban interdit toute activité éventuelle des Gardiens de la Révolution iraniens
Les Iraniens devront désormais obtenir un visa pour entrer au Liban, alors que les deux pays en exemptaient leurs citoyens jusqu’à présent sur un principe de réciprocité

Le gouvernement libanais a décidé jeudi d’interdire toute activité militaire éventuelle du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, et d’imposer des visas à l’entrée des Iraniens dans le pays, dans une nouvelle mesure visant à resserrer l’étau autour du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah pro-République islamique.
Le Conseil des ministres a décidé, en cas de présence avérée « de membres des Gardiens de la Révolution iranienne au Liban », « d’interdire toute activité […] et les arrêter […] en vue de leur extradition », a annoncé le ministre de l’Information Paul Morcos.
Il a ajouté que les Iraniens devraient désormais obtenir un visa pour entrer au Liban, alors que les deux pays en exemptaient leurs citoyens jusqu’à présent sur un principe de réciprocité.
Mi-février, le gouvernement libanais avait annoncé que l’armée disposerait d’une période de quatre mois, renouvelable, pour mettre en œuvre la deuxième phase du plan militaire visant à désarmer le Hezbollah dans le sud du pays.
Le gouvernement s’est engagé à désarmer le groupe terroriste pro-République islamique d’Iran, qui est sorti affaibli d’une guerre avec Israël en novembre 2024.
Or, dans un discours télévisé diffusé mercredi, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a déclaré que la reprise des attaques à la roquette contre Israël par son groupe cette semaine constituait une réponse à la présence continue d’Israël et à ses frappes aériennes au Liban depuis l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais.
Ce discours intervient alors que le gouvernement libanais reproche vivement au groupe soutenu par l’Iran d’entraîner le Liban dans une guerre régionale, après le lancement par les États-Unis et Israël d’une campagne de bombardements contre l’Iran, à laquelle la République islamique a répondu par des frappes de missiles et de drones dans toute la région.
« Par Dieu, comme vous êtes étranges », a déclaré Qassem dans son discours télévisé, s’adressant au gouvernement libanais.
« Quelle est votre réponse à cette agression à grande échelle ? »
La reprise des combats contre Israël, a-t-il affirmé, « n’est liée à aucune autre bataille ; ce que nous voulons, c’est mettre fin à l’agression ».
Il a ajouté que la reprise des tirs de roquettes sur Israël « répondait à 15 mois de violations à notre encontre, dont le ciblage de la grande autorité religieuse », l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, éliminé samedi au début de la campagne de bombardements américano-israélienne.
« À ceux qui demandent pourquoi ce moment précis, je leur demande : veut-on que nous patientions indéfiniment ? » a-t-il ajouté.
« Ce qu’Israël a fait après la salve de roquettes n’était pas une réponse. C’était une agression qui avait été préparée à l’avance », a-t-il poursuivi.
« Le Hezbollah et sa résistance islamique répondent à l’agression israélo-américaine et c’est un droit légitime… Pour nous, il s’agit d’une défense existentielle. »
Il a également affirmé que la décision officielle prise en août par le gouvernement libanais de placer toutes les armes du pays, principalement celles du Hezbollah, sous le contrôle de l’État « était une grave erreur qui a affaibli la position de l’État libanais et légitimé la liberté d’agression d’Israël ».
« Tant qu’il y aura occupation, la résistance et les armes seront un droit », a-t-il ajouté.
Qassem a également critiqué l’annonce faite lundi par Beyrouth d’une « interdiction immédiate » des activités militaires du Hezbollah et sa nouvelle demande de remise des armes.







