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Le « Madoff israélien » extradé de Bosnie

Michael Ben-Ari sera jugé pour avoir escroqué des investisseurs durant 15 ans ; il s'était déjà enfui avec un faux passeport après avoir payé une caution de 2 M de NIS

Michael Ben-Ari (Greenfield) recherché pour avoir dirigé une pyramide de Ponzi de 150 millions de dollars, escroquant plusieurs centaines d'investisseurs américains et israéliens. (Crédit : EGFE)
Michael Ben-Ari (Greenfield) recherché pour avoir dirigé une pyramide de Ponzi de 150 millions de dollars, escroquant plusieurs centaines d'investisseurs américains et israéliens. (Crédit : EGFE)

Un Israélien accusé d’avoir mis en place un système de Ponzi qui aurait rapporté 150 millions de dollars a été extradé de Bosnie dimanche matin afin d’être jugé pour ce qui est considéré comme la pire escroquerie de ce type jamais réalisée dans l’État juif, selon la police et l’Autorité israélienne des valeurs mobilières (ISA).

Michael Ben-Ari, qui est aussi connu sous le nom de Michael Greenfield, est un ressortissant israélo-américain accusé d’avoir escroqué un millier d’investisseurs dans les deux pays dans le cadre d’un montage financier frauduleux, une arnaque qui s’est étendue sur 15 années. La presse israélienne l’a surnommé le « Madoff israélien ».

Israël avait arrêté Ben-Ari en avril 2021. Mais il avait fui le pays un mois plus tard en utilisant un passeport qui n’était pas le sien après avoir été assigné à résidence sous couvert d’un dépôt d’une caution de 2 millions de shekels, selon l’ISA.

Il a été arrêté en Bosnie en juillet, selon les médias israéliens.

Le ministre de la Justice de Bosnie aurait approuvé la demande d’extradition vendredi, après qu’un tribunal local a rejeté son appel ; il sera présenté plus tard pour une audience de renvoi.

En août 2021, un tribunal fédéral américain des faillites de Manhattan avait autorisé un avocat représentant Israël à récupérer les actifs de la pyramide de Ponzi.

L’ISA aurait précédemment enquêté sur l’un des amis et investisseurs de Ben-Ari, Nahum Eisenstadt, soupçonné d’avoir fourni à Ben-Ari son passeport pour l’aider à s’échapper.

L’ISA a déclaré l’année dernière que Ben-Ari avait piégé des centaines de victimes américaines et israéliennes par l’intermédiaire de sa société d’investissement EGFE Israel Ltd et qu’il était recherché « parce qu’il était soupçonné d’avoir violé la loi israélienne sur les fonds communs de placement, la loi sur la réglementation des conseils en placement, la loi sur la commercialisation des placements et la gestion des portefeuilles, la loi pénale et la loi sur l’interdiction du blanchiment d’argent ».

« Il s’agit de la plus grande pyramide de Ponzi jamais réalisée en Israël, avec la quasi-totalité des avoirs passés en contrebande à l’étranger », avait déclaré à l’époque au site d’information Ynet l’avocat Eitan Erez, qui représente également 685 victimes.

Selon le profil de Ben-Ari sur son site EGFE, il a émigré des États-Unis en Israël en 1981 et a occupé des postes de direction à la Banque Leumi et dans la chaîne de supermarchés Shufersal avant de fonder EGFE (EverGreen Fields Enterprises) en 1999.

Un système de pyramide de Ponzi offre généralement aux investisseurs des rendements élevés, mais fonctionne en utilisant l’argent des nouveaux investisseurs pour payer les anciens.

Bernard Madoff, l’auteur de la plus grande chaîne de Ponzi privée de l’Histoire, est mort dans une prison américaine en avril 2021.

Un administrateur judiciaire nommé par le tribunal a récupéré plus de 13 milliards de dollars sur les 17,5 milliards estimés que les investisseurs avaient placés dans l’entreprise de Madoff. Au moment de l’arrestation de Madoff, de faux relevés de compte indiquaient aux clients que leurs avoirs valaient 60 milliards de dollars.

Bernard Madoff sortant du tribunal fédéral de Manhattan, à New York, le 10 mars 2009. (Crédit : AP Photo/ Louis Lanzano/Dossier)

Tandis que Ben-Ari est accusé d’avoir dirigé la plus grande pyramide de Ponzi d’Israël, le pays a été ces dernières années le centre du secteur frauduleux des options binaires, qui a escroqué des milliards de dollars à des victimes du monde entier.

L’industrie frauduleuse des options binaires a prospéré pendant plus de dix ans, de 2007 à 2017, jusqu’à ce qu’elle soit interdite par la Knesset, résultat direct du reportage d’investigation du Times of Israël, qui a commencé par un article de mars 2016 intitulé « Les loups de Tel Aviv : la vaste et immorale arnaque des options binaires dévoilée ». Nombre des entreprises israéliennes se sont depuis délocalisées à l’étranger et ont poursuivi l’arnaque.

Les sociétés d’options binaires frauduleuses offraient ostensiblement aux clients du monde entier un investissement à court terme potentiellement rentable. Mais en réalité, par le biais de plates-formes de négociation truquées, de refus de paiement et d’autres ruses, ces sociétés ont dépouillé la grande majorité des clients de la plupart ou de la totalité de leur argent. Les vendeurs malhonnêtes dissimulaient régulièrement l’endroit où ils se trouvaient, donnaient de fausses informations sur ce qu’ils vendaient et utilisaient de fausses identités.

Israël n’a poursuivi aucun des milliers d’employés de l’industrie des options binaires. Le ministère américain de la Justice a poursuivi plusieurs personnes clés, dont notamment Lee Elbaz, la PDG de Yukom Communications Ltd, qui a été condamnée à 22 ans de prison en 2019. Ses patrons, Yossi Herzog et Kobi Cohen, ont tous deux été mis en examen, et sont toujours en fuite.

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