Le milliardaire de Check Point veut faire d’Israël le leader des soins de santé
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Le milliardaire de Check Point veut faire d’Israël le leader des soins de santé

L'association à but non lucratif de Marius Nacht recrute les meilleurs cerveaux du secteur de la santé afin d'aider à accélérer les développements

Image illustrative de la technologie de la santé numérique (iStock by Getty Images)
Image illustrative de la technologie de la santé numérique (iStock by Getty Images)

Le milliardaire Marius Nacht, cofondateur de Check Point Software Technologies Ltd., société de cyber-sécurité évaluée à 17 milliards de dollars, a jeté son dévolu sur la technologie de la santé en Israël.

Il a créé aMoon, un fonds de capital-risque des sciences de la vie qui investit dans des technologies de santé innovantes, après avoir vu son père agoniser dans une bataille contre le cancer.

Il a aussi fondé une organisation à but non lucratif qui vise à faire d’Israël un leader mondial dans les soins de santé.

Créé il y a 10 mois, le Réseau de santé 8400 dirigé par Nacht et le co-fondateur Yair Schindel vise à rassembler les cerveaux les plus brillants qui sont au croisement de la santé et de la technologie pour aider Israël à devenir une puissance scientifique.

La révolution medtech qu’il espère qu’Israël mènera, porte sur des robots opérant dans les pays en voie de développement, des pilules personnalisées imprimées en 3D et des traitements axés sur le laser.

Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les dépenses mondiales de santé devraient atteindre 9 500 milliards de dollars en 2018, et des géants technologiques comme Apple Inc., Intel Corp, Facebook et IBM ont tous commencé à investir dans ce domaine, selon la société de données CB Insights.

« La technologie fait se rencontrer les soins de santé et la science dans une large mesure », a déclaré M. Schindel lors d’une interview accordée au Times of Israël dans les bureaux d’aMoon à Raanana, au centre d’Israël.

Yair Schindel, co-fondateur de 8400 dans les bureaux d’aMoon Fund à Raanana; 12 mars 2018 (Shoshanna Solomon / Times of Israel)

L’idée est de créer un réseau de 400 personnes sur huit ans, a déclaré Schindel; d’où le nom de l’ONG, 8400 (il rappelle également la légendaire unité de renseignement de l’armée 8200, qui a donné naissance à de nombreux entrepreneurs technologiques israéliens). Schindel, co-fondateur et managing partner chez aMoon, était également le PDG de Digital Israel, en charge de définir les politiques numériques du gouvernement, et le fondateur de Maoz, une organisation à but non lucratif qui vise à créer des leaders israéliens dans la sphère publique.

Selon les données du gouvernement, la cyber-sécurité est l’un des principaux moteurs de la croissance du pays, dit M. Schindel. Selon les estimations du gouvernement, Israël représenterait 20 % de l’investissement privé mondial dans les technologies de cybersécurité. Sur les 6 000 start-ups opérant en Israël, il y a 350 à 400 entreprises de cyber-sécurité, a déclaré Schindel, un ancien PDG de Start-up Nation Central, une organisation à but non lucratif qui associe les start-ups israéliennes aux investisseurs.

Mais il existe entre 1 500 et 1 700 entreprises spécialisées dans les soins de santé et les sciences de la vie, a-t-il précisé, et Israël est reconnu comme un centre de recherche et de développement pour les start-ups de l’industrie médicale et biotechnologique. Donc, l’impact de ces entreprises sur Israël aurait un potentiel encore plus important, a-t-il dit.

Le financement de capital-risque israélien dans les start-ups de santé numérique a bondi de 30 % l’année dernière, à près de 340 millions de dollars, par rapport à 2016, selon les données de Start-up Nation Central.

L’innovation israélienne est à l’origine de près de la moitié des revenus de la firme pharmaceutique et chimique allemande Merck, âgée de 350 ans, a déclaré dans une interview en février Kai Beckmann, PDG de Performance Materials.

« Nous avons cinq fois plus de talent et de créativité dans le secteur de la santé que nous avons dans la cyber-sécurité », a déclaré Schindel. Les incursions israéliennes sur le terrain à ce jour ne sont que la pointe de l’iceberg. Le potentiel est énorme et encore largement inexploité.

Israël a ’20 Copaxones’ dans les tuyaux

Se référant au succès de Teva Pharmaceutical Industries Ltd., le fabricant israélien de la marque Copaxone pour la sclérose en plaques, et évaluée à 21 milliards de dollars, Schindel a déclaré que l’objectif du programme 8400 est de « construire trois à quatre Teva. Vous avez juste besoin d’un médicament à succès », a-t-il dit.

Israël a « 20 autres Copaxones » dans les tuyaux, a-t-il dit. Ils ont juste besoin d’une chance d’être développé.

Le co-fondateur de Check Point Software Technologies, Marius Nacht, est en train de mettre en place un organisme à but non lucratif appelé 8400 pour promouvoir les technologies de la santé en Israël (Autorisation)

Le programme 8400 a déjà recruté quelque 50 bénévoles dans le cadre de son premier groupe de professionnels de la santé, d’entrepreneurs et de représentants du gouvernement qui uniront leurs forces et aideront à promouvoir l’industrie. Ceux-ci comprennent le directeur de l’institut de recherche Clalit Health Services d’Israël, le directeur technique du Maccabi, des représentants du gouvernement, des universitaires, des hôpitaux locaux et des divisions universitaires de transfert de technologie, des entrepreneurs hautement qualifiés et des investisseurs.

L’idée est de rassembler ces cerveaux et d’apprendre les meilleures pratiques des écosystèmes des sciences de la vie à travers le monde, de définir les goulets d’étranglement et d’éliminer les cloisonnements : supprimer les obstacles réglementaires, aider les entrepreneurs à surmonter les écarts culturels lorsqu’ils traitent avec des investisseurs étrangers potentiels, et surtout, aider les start-ups à combler l’énorme déficit de financement auquel elles sont confrontées lors du développement de leurs technologies.

Les entreprises de soins de santé ont besoin de beaucoup d’argent et il est très risqué de développer un produit médical ou un médicament qui pourrait échouer à différents stades de son développement si les essais cliniques ne produisent pas les résultats escomptés.

« Une fois arrivé à l’étape de la phase III de l’essai clinique, vous aurez besoin d’un gros chèque de 20 à 40 millions de dollars », a déclaré Schindel. Et il y a très peu d’investisseurs en Israël qui peuvent payer ce genre d’argent. À Palo Alto, par exemple, obtenir ce genre d’argent n’est pas un problème, a-t-il dit, ajoutant qu’Israël a des scientifiques et des développements brillants, donc ils devraient pouvoir avoir accès à des fonds. aMoon, le fonds de capital-risque qu’il a cofondé avec Nacht, investit dans des entreprises de sciences de la vie en phase de démarrage et de développement, a-t-il déclaré.

Parmi les autres problèmes abordés par 8400, citons: trouver des moyens d’aider les technologies à quitter le monde universitaire et à se frayer un chemin vers l’industrie; résoudre des problèmes de compétences managériales et mettre en place un réseau de mentors.

Plus tôt cette année, lors du Forum économique mondial de Davos en Suisse, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’Israël prévoyait de mettre en place un projet de 1 milliard de shekels (292 millions de dollars) pour développer, au cours des cinq prochaines années, des services médicaux de technologies numériques personnalisés et préventifs. Netanyahu a demandé à la société de logiciels allemande SAP de s’associer à Israël dans le cadre de ce programme, a indiqué une déclaration du bureau du Premier ministre.

« Nous allons travailler en partenariat avec le gouvernement pour prendre les bonnes décisions pour la nation », a déclaré Schindel. « Le potentiel de croissance de notre produit intérieur brut national est énorme. Quelque 10 % des 1 700 entreprises de soins de santé israéliennes sont à un stade avancé de développement. Tous ne deviendront pas des multinationales à plusieurs milliards de dollars comme Check Point ou Teva, mais beaucoup d’autres elles le peuvent et le seront. »

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