Le ministère des Affaires étrangères convoque le TIPH, mais refuse son expulsion
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Le ministère des Affaires étrangères convoque le TIPH, mais refuse son expulsion

Après que les observateurs du TIPH ont été filmés en train de crever les pneus d'un habitant et d'en gifler un autre, aucune autre faute de comportement ne sera tolérée

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des observateurs du TIPH, une mission de surveillance internationale, marchent dans une rue de Hébron le 19 novembre 2007 (Nati Shohat/Flash90).
Des observateurs du TIPH, une mission de surveillance internationale, marchent dans une rue de Hébron le 19 novembre 2007 (Nati Shohat/Flash90).

Malgré la pression des partis de droite, Israël a décidé de réprimander le responsable de la mission d’observation du TIPH en Cisjordanie [Présence internationale temporaire à Hébron] mardi plutôt que d’expulser définitivement la mission internationale, après qu’un de ses membres a été filmé en train de crever les pneus d’un habitant juif à Hébron.

Après avoir été convoqué à une réunion au ministère des Affaires étrangères à la demande du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Einar Johnsen, qui dirige la Présence internationale temporaire à Hébron, a exprimé ses regrets au sujet de l’incident et a précisé que tout observateur qui se rendrait coupable de conduite inappropriée sera immédiatement renvoyé dans son pays d’origine.

M. Johnsen a assuré M. Alon Bar, qui supervise le département des organisations internationales du ministère, que son organisation mettait en place des mesures pour empêcher que de tels problèmes ne se reproduisent à l’avenir.

Le TIPH est une mission d’observation civile internationale dont la tâche principale est de surveiller et de rapporter les incidents dans la ville de Hébron, et dans ce contexte « maintenir une vie normale dans la ville de Hébron et en conséquence créer un sentiment de sécurité parmi les Palestiniens de Hébron ».

Il fait également état de violations présumées des droits de l’homme et de violations des accords conclus dans la ville entre Israël et les Palestiniens. Les observateurs de la mission viennent de Norvège, du Danemark, de Suède, de Suisse, d’Italie et de Turquie.

Invité à commenter les appels à expulser complètement le TIPH, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a déclaré que le gouvernement n’avait pas l’intention de le faire.

« La mission opère dans le cadre de l’Accord de Wye et je ne vois aucune raison de changer les choses », a-t-il dit, se référant à l’accord bilatéral de 1998 entre Israéliens et Palestiniens qui a vu la taille de la mission d’observation s’accroître.

Le Times of Israel n’est pas parvenu à joindre un représentant du TIPH pour avoir ses commentaires.

La chaîne d’information Hadashot TV a diffusé lundi des images de caméra de sécurité dans lesquelles on voit un membre en uniforme du TIPH en train de crever les pneus d’un véhicule d’un habitant israélien à Hébron.

Les forces de sécurité israéliennes protègent les habitants juifs qui entrent du côté palestinien de la ville d’Hébron, en Cisjordanie, pour se rendre sur la tombe d’Othniel Ben Kenaz, le 5 avril 2015. (Crédit photo : Hazem Bader/AFP)

La police a contacté le TIPH, qui a promis de mener une enquête interne. Lorsque, après plusieurs jours, la police a de nouveau contacté le TIPH pour lui indiquer qu’elle souhaitait interroger l’homme, il lui a été annoncé qu’il avait quitté le pays après le premier appel téléphonique, selon le rapport.

Plus tôt ce mois-ci, un autre membre du TIPH, un Suisse, a été expulsé du pays après la diffusion d’une vidéo le montrant en train de gifler un jeune garçon juif au visage au point de lui faire tomber sa kippa.

Après la diffusion des images, l’ambassadeur de Suisse en Israël a présenté ses excuses aux dirigeants de la communauté juive de Hébron.

Ces deux incidents ont suscité la colère de divers mouvements de droite en faveur des implantations, dont le Conseil régional de Yesha et My Israel, qui avait félicité Netanyahu pour avoir convoqué Johnsen, mais l’avait appelé à expulser toute la mission du pays en raison de son parti pris présumé contre l’Etat juif.

Les députés Michael Oren (Koulanou), Yoav Kisch (Likud) et Bezalel Smotrich (HaBayit HaYehudi) se sont également joints aux appels à expulser le TIPH au cours des dernières semaines.

Les parlementaires ont fait valoir que le mandat temporaire de la mission internationale n’a plus de raison d’être.

« Rien ne justifie la présence d’observateurs à Hébron, même s’ils étaient respectueux des lois et impartiaux ; mais certainement pas lorsque la réalité prouve qu’ils sont partiaux, hostiles et violents », ont déclaré Kisch et Smotrich dans une déclaration commune mardi.

Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie, est divisée entre l’Autorité palestinienne et une série d’enclaves sous contrôle israélien où vivent quelque 500 habitants juifs sous haute protection.

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