Le ministère des Finances envisage des coupes majeures dans le secteur public
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Le ministère des Finances envisage des coupes majeures dans le secteur public

Israel Katz précise ne pas chercher de licenciements massifs, selon certaines informations ; 45 milliards de shekels pourraient être économisés sur une période de trois ans

Israel Katz, le ministre des Affaires étrangères lors d'un meeting de campagne du Likud à Jérusalem, le 16 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Israel Katz, le ministre des Affaires étrangères lors d'un meeting de campagne du Likud à Jérusalem, le 16 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère des Finances réfléchit à économiser des dizaines de milliards de shekels sur les salaires et sur les avantages du secteur public dans le cadre de la mise en place de mesures d’austérité dans un contexte de crise sanitaire, ont fait savoir les médias dans la journée de mercredi.

Le ministre des Finances, Israel Katz, a confirmé mercredi que son ministère cherchait des moyens pour que le secteur public « partage le fardeau et contribue à la lutte contre le coronavirus… nous organiserons un dialogue sur le sujet ».

Il a indiqué aux journalistes réunis à Jérusalem qu’aucun plan de licenciement n’était envisagé. « On ne va pas licencier mais on va parler avec le président du syndicat de la Histadrut de certains problèmes… qui ont une implication monétaire. »

Selon des informations transmises par Ynet, le journal économique Calcalist et la radio militaire, le plan couperait 45 milliards de shekels dans le budget de l’Etat en trois ans, avec notamment des salaires revus à la baisse pour les fonctionnaires pour un montant de sept milliards de shekels, et une baisse des retraites parfois élevées touchées par certains salariés.

Parmi les réductions étudiées, celle des primes, des allocations versées pour les permissions, des indemnités d’habillement et autres types d’indemnités journalières et d’avantages fournis par l’Etat.

Ces informations ont entraîné un mouvement d’indignation.

Le chef du parti du Meretz, Nitzan Horowitz, a déclaré que le gouvernement devait augmenter son déficit national « pour prendre en charge la catastrophe économique qui se profile » plutôt que d’effectuer des coupes.

« Frapper les salaires ou les conditions de travail des fonctionnaires du secteur public – enseignants, travailleurs sociaux, infirmiers – sera inutile dans la gestion de la crise économique et ne fera qu’exacerber cette dernière », a-t-il affirmé.

Le député Oded Forer d’Yisrael Beytenu a accusé les politiciens « de s’introduire dans les poches des contribuables » durant une crise sans précédent.

La responsable du syndicat israélien des enseignants, Yaffa Ben-David, a fait savoir au micro de la radio militaire qu’elle avait entendu parler pour la première fois de ce projet par les médias. « Nous nous y opposerons avec force », a-t-elle insisté.

Le déficit budgétaire s’est élevé à 6 % du PIB au mois de mai, contre 4,8 % au mois d’avril. Selon Calcalist, certaines estimations prédisent un déficit qui pourrait dépasser les 10 % d’ici la fin de l’année.

L’économie a été en recul de 7,1 % lors du premier trimestre de l’année 2020 pour cause de pandémie de coronavirus – le déclin le plus fort en 20 ans, selon des estimations basées sur des données partielles qui ont été rendues publiques par le Bureau central des Statistiques fin mai. Le bureau a noté que cette crispation de l’économie était plus grave qu’au lendemain des attentats du 11 septembre ou lors du crash financier mondial de 2008.

Le taux de chômage reste très élevé au sein de l’Etat juif, à 21,1 % – une amélioration, toutefois, par rapport au pic de 27,8 % qui avait été connu lorsque l’épidémie était à son apogée. 862 000 personnes sont actuellement au chômage et 605 000 en congé sans solde. Au mois de février, le chômage se trouvait au niveau historiquement bas de 3,4 %.

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