Le MIT honore 3 israéliens parmi ses 35 meilleurs chercheurs de moins de 35 ans
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Le MIT honore 3 israéliens parmi ses 35 meilleurs chercheurs de moins de 35 ans

Ces jeunes chercheurs ont été félicités pour une observation précise des cellules du cerveau, de nouveaux outils pour les troubles neurologiques et un moyen de traiter une mutation qui entraîne le cancer

David Shamah édite notre section « Start-Up Israel ». Spécialiste depuis plus de dix ans en technologies et en informatique, il est un expert reconnu des start-up israéliennes, de la high-tech, des biotechnologies et des solutions environnementales.

Les 35 innovateurs de moins de 35 ans choisis par le MIT pour 2015 reçoivent leur prix lors d'une cérémonie spéciale au EmTech, le 4 novembre 2015 (Autorisation MIT Technology Review)
Les 35 innovateurs de moins de 35 ans choisis par le MIT pour 2015 reçoivent leur prix lors d'une cérémonie spéciale au EmTech, le 4 novembre 2015 (Autorisation MIT Technology Review)

Trois Israéliens sont parmi le 35 chercheurs honorés cette année par le MIT avec sa liste annuelle de jeunes scientifiques qui ont eu un impact très important dans le monde, et l’on attend d’eux qu’ils continuent pour en faire beaucoup plus.

Les trois, Gilad Evrony, Cigall Kadoch et Rikky Muller, satisfont tous les principaux critères de la prestigieuse université de Boston, « en tant que principales personnes qui conduisent la prochaine génération de découvertes scientifiques ».

La liste des 35 Innovateurs de moins de 35 ans du MIT sélectionne depuis 1999 les jeunes innovateurs dont le travail, selon l’université, a un grand potentiel pour transformer le monde.

Les récompenses, qui couvrent des champs comme la biotechnologie, les matériaux, le matériel informatique, l’énergie, le transport, les communications et internet, ont été données la semaine dernière à EmTech, la conférence annuelle de la MIT Technology Review.

Evrony a été primé pour son travail de développement d’une nouvelle façon d’observer les cellules du cerveau, d’analyser l’ADN de simples neurones afin de comprendre comment ils mutent, et comme le cerveau grandit et se développe.

La technologie a montré que le cerveau de chaque personne contient d’innombrables mutations invisibles aux recherches précédentes, « ce qui peut aider à expliquer certaines des nombreuses maladies neurologiques et psychiatriques dont les causes sont inconnues », a déclaré Evrony au Times of Israel.

Diplômé du MIT, Evrony a obtenu un doctorat à l’Ecole de Médecine d’Harvard où il a travaillé dans le laboratoire de Christopher Walsh, chef de génétique et de génomique à l’Hôpital pour enfants de Boston.

Il y a développé une technique pour lire les minuscules éléments de l’ADN à l’intérieur de cellules humaines, ce qui a conduit à une découverte surprise, que chaque neurone dans le cerveau d’une personne contient de nombreuses mutations génétiques qui se produisent alors que le cerveau se développe dans le ventre de la mère et dans toute la vie.

Tôt dans ses études, Evrony a réussi à prendre trois ans pour servir dans la Division Renseignement de l’Armée israélienne, le groupe d’élite de l’armée israélienne pour les communications et la technologie dont les diplômés ont eu une influence énorme sur le paysage des start-ups israéliennes.

« C’est là que j’ai réalisé que je pouvais faire ce type de travail où j’étais encouragé à penser différemment et j’ai appris le pouvoir de l’innovation technologique », a déclaré Evrony.

Travaillant avec les cerveaux bien conservés de plusieurs personnes qui sont mortes dans des accidents, y compris celui d’un jeune de 17 ans, Evrony avec d’autres collaborateurs à Harvard a réalisé un séquençage « profond » et très sensible de tout le génome de neurones seuls qui ont permis d’identifier des mutations qualifiés de somatiques (des altérations génétiques qui entrent en fonction dans le corps durant la vie d’une personne).

La perception globale est que chaque cellule dans le corps d’une personne dispose du même code génétique, mais notre séquençage de cellules montre que chaque cellule dans le corps d’une personne est génétiquement unique, transportant des marques uniques de mutations ».

Chaque mutation peut avoir un effet sur l’activité du cerveau, ou pas.

« Nous travaillons avec un groupe d’environ 300 neuros chaque fois, et même avec ce nombre nous avons observé un nombre significatif de mutations », a déclaré Evrony.

Gilad Evrony (Autorisation)
Gilad Evrony (Autorisation)

Cette technologie promet de révéler combien il y a de mutations génétiques dans chaque cellule de nos corps et de notre cerveau, un « inconnu fondamental » qu’Evrony déclare être important pour comprendre les origines de toutes les maladies génétiques. En déterminant le rythme des mutations, nous serons capables de voir comment elles se propagent, quels sont leurs effets sur le cerveau ».

Ainsi, a déclaré Evrony, il serait possible de tracer les racines de maladies neurologiques et psychatriques, de relier des mutations avec des causes, et éventuellement dans l’avenir modifier ces mutations (avec des outils comme le CRISPR, un programmateur génétique).

En étudiant les schémas pour savoir comment les cellules et les mutations se répandent dans le cerveau, les scientifiques peuvent maintenant apprendre la relation entre les cellules, et entre les mutations et les maladies, une information qui pourrait indiquer des solutions aux problèmes de savoir comment une maladie du cerveau se développe.

« Cela signifie qu’il peut y avoir des troubles auxquels personne n’a pensé à chercher avant ; au lieu du cerveau entier qui subirait une mutation, seulement une petite partie est concernée de telle sorte qu’un aspect spécifique de l’intellect d’une personne est affecté », a ajouté Evrony.

Rikky Muller (Autorisation)
Rikky Muller (Autorisation)

Prenant la technologie médicale sous un autre angle, Rikky Muller et ses collègues se sont focalisés sur le développement d’appareils médicaux innovateurs pour étudier et traiter les désordes neurologiques.

Sous sa direction, Cortera Neurotechnologies, une compagnie qu’elle a co-fondée, est un contributeur clé au programme DARPA (dans le cadre de l’initiative BRAIN d’Obama) visant à développer la neurotechnologie comme une thérapie pour traiter les désordes neuropsychiatriques comme des troubles dépressifs majeurs et des troubles de stress post traumatiques.

L’Organisation Mondiale de la Santé estime que de tels désordes représentent 31 % des pathologies mondiales.

En outre, Cortera a développé un catalogue de produits uniques et commercialement disponibles pour la recherche neuroscientifique et la découverte.

« Je suis ravie de recevoir ce prix et de faire partie de cette communauté mondiale d’innovateurs faisant progresser la technologie au bénéfice de l’humanité. Mon travail consiste à développer des compsoants qui, entre autres choses, diminuent la complexité chirurgicale et élargissent la population de patients qui peuvent être soignés pour des troubles neurologiques, améliorant et transformant ainsi la qualité de leur vie », a dit Muller.

Pendant ce temps, tout en complétant son doctorat à Stanford, Cigall Kadoch a découvert un lien entre un régulateur du génome dans les cellules appelé le complexe protéique BAF (barrier-to-autointegration factor) et un cancer rare appelé sarcome synovial.

Elle et ses collègues ont montré plus tard que les mutations du BAF ont un rôle dans au moins 20 % des cancers humains, ouvrant la porte à la recherche sur les médicaments qui ciblent les BAF mutés.

Le travail du BAF dans la cellule consiste à ouvrir et à fermer l’ADN pour permettre aux bons gènes d’apparaître au bon moment.

Une fois muté, il risque « d’activer des zones qui ne devraient pas l’être » – notamment des parties où des gènes conduisent au cancer, a déclaré Kadoch.

Cigall Kadoch (Autorisation)
Cigall Kadoch (Autorisation)

Elle l’a découvert en se concentrant sur une sous-unité particulière du BAF.

Cette partie de la protéine a une queue déformée chez 100 % des patients atteints de sarcome synovial. Lorsque Kadoch a introduit la sous-unité déformée dans des cellules normales, elle a détecté un « cancer foudroyant », dit-elle. « Cette petite queue étant entièrement responsable de ce cancer. »

Le bonne nouvelle est que cela est réversible. Ajouter suffisamment de pièces normales de la sous-unité à des cellules dans une boîte de Pétri, a-t-elle découvert, remplaçait la forme mutée, tuant sur place les cellules cancéreuses.

C’est la technologie de « réparer » les choses qui a poussé Evrony – et c’est une partie des raisons, croit-il, pour lesquelles le MIT a décidé d’ajouter son nom à la liste de 35 chercheurs de moins de 35 ans.

« J’ai toujours cru en la puissance des nouvelles technologies pour stimuler l’innovation dans la science, » a dit Evrony, « donc c’est merveilleux d’être reconnu par un prix dédié à l’innovation technologique. Ce prix représente les efforts d’une équipe formidable de scientifiques et de mes mentors qui ont travaillé ensemble pour essayer quelque chose d’audacieux, dans l’espoir d’avoir un impact durable sur la médecine ».

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