Le musée d’Israël obtient des financements pour se remettre du coronavirus
Rechercher

Le musée d’Israël obtient des financements pour se remettre du coronavirus

Le plus grand musée du pays se tourne vers les ministères des Finances et de la Culture ainsi que vers les donateurs étrangers pour planifier sa réouverture

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Alors que d’autres musées locaux ont lentement ouvert leurs portes après la première vague épidémique, le Musée d’Israël à Jérusalem planifie soigneusement sa réouverture prochaine.

« Nous nous intéressons au bien-être à long terme du musée », indique son directeur, Ido Bruno.

Il y a un mois, révèle-t-il, il n’avait encore aucune idée de la façon dont le musée allait évoluer dans le sillage de la crise du coronavirus.

Cependant, il peut maintenant compter sur un engagement ferme des ministères des Finances et de la Culture pour la subvention annuelle habituellement accordée au musée, et une subvention unique pour les coronavirus étant accordée aux institutions culturelles et aux musées en particulier, compte tenu de la fragilité particulière des institutions qui dépendent fortement des entrées des visiteurs, des événements et de la billetterie, ainsi que des dons.

Ido Bruno, professeur de design à Bezalel, a été nommé pour succéder à James Snyder en tant que directeur du musée d’Israël (Crédit : Autorisation Eli Pozner)

« Nous avons beaucoup travaillé avec le ministère des Finances sur cette subvention, car le musée d’Israël dépend de dons privés et même ceux-ci ne résoudront pas tout le problème », souligne Ido Bruno.

Le musée s’est également vu accorder un filet de sécurité par les American Friends of the Israel Museum : une future subvention unique pour le musée au cas où il rencontrerait des difficultés financières à l’avenir, ce que redoute son directeur.

« Le tourisme reviendra en partie, et l’aide d’urgence du gouvernement pourrait ne pas arriver à ce moment-là, et peut-être que les visiteurs israéliens ne reviendront pas complètement, et que le personnel sera de retour, il est donc possible que nous tombions alors de la falaise », explique Ido Bruno. « Le filet de sécurité [signifie] qu’ils nous soutiendront après que nous aurons utilisé toutes les sources de revenus et de soutien ».

Au cours des derniers mois, poursuit-il, il est devenu évident que le délai pour revenir à une routine normale dans les musées sera d’un an et demi à plus de deux ans.

« Peut-être arriverons-nous à une normale qui sera clairement différente, avec des touristes et des visiteurs, à la fin de 2022 », indique Ido Bruno. « Nous devrons absorber les chocs économiques et sanitaires en cours de route. »

Pour le musée, comme pour tant d’institutions culturelles, la fermeture due au coronavirus en mars a été immédiate, mais la perspective de sa reprise est beaucoup plus floue, commente Ido Bruno.

« Il y a tous les hauts et les bas des vagues », dit-il. « Il y a l’effet psychologique sur les gens qui restent chez eux et ne vont nulle part ».

Il n’existe pas d’institutions parallèles de taille similaire en Israël. Le musée a accueilli 921 000 visiteurs en 2019, dont 420 000 touristes.

Dans le cadre du processus de plusieurs mois visant à déterminer comment sortir de la crise du coronavirus, Ido Bruno indique avoir écouté les projets de ses collègues directeurs de musée.

Le directeur d’un musée de design à Copenhague a décidé de ne pas ouvrir avant janvier 2022, alors que d’autres grands musées étaient sous le choc des changements opérés par leurs importants donateurs philanthropiques.

« Les donateurs pensent à la santé et au bien-être, pas tellement aux musées », constate-t-il.

Si le musée a obtenu son financement d’urgence, il ne communique pas encore ses dates d’ouverture, bien qu’Ido Bruno espère qu’elle aura lieu pendant la saison d’été 2020.

« Nous voulons ouvrir nos portes, mais nous avons une grande et lourde responsabilité envers le public », souligne-t-il.

Sur les 400 employés du musée et les 400 bénévoles supplémentaires, une cinquantaine travaillent actuellement. La plupart des conservateurs du musée sont en congé, et les expositions ne sont pas encore planifiées.

En attendant, le musée a profité des derniers mois pour investir dans plusieurs projets d’infrastructure, notamment des systèmes de télécommunications et un nettoyage en profondeur du Sanctuaire du Livre, l’aile du musée d’Israël qui abrite les manuscrits de la mer Morte, qui est difficile d’accès pour réaliser un entretien important.

Le musée a également utilisé avec succès son site web, proposant des visites virtuelles et des conférences, créant une page du musée d’Israël sur l’application numérique TikTok et travaillant à la traduction arabe du site du musée, ainsi qu’une page Facebook en arabe et d’autres activités virtuelles dans cette langue.

« Nous devons être très prudents », indique Ido Bruno. « Nous n’ouvrirons pas tant que nous ne pourrons pas gérer l’ensemble de la situation, y compris ce qui se passera dans les deux années à venir ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...