Le négationniste Ryssen en « gilet jaune » en Une de Paris Match
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Le négationniste Ryssen en « gilet jaune » en Une de Paris Match

"Les antisémites et les négationnistes jubilent grâce à la visibilité que vous leur offrez ainsi !", s'est désolée la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme

Hervé Ryssen, déjà jugé coupable d'incitation à la haine, était présent le 17 novembre aux manifestations des gilets jaunes (Crédit : capture d'écran YouTube)
Hervé Ryssen, déjà jugé coupable d'incitation à la haine, était présent le 17 novembre aux manifestations des gilets jaunes (Crédit : capture d'écran YouTube)

Paris Match a mis jeudi en Une, sans savoir qui il était, un « gilet jaune » qui s’est avéré être l’auteur antisémite Hervé Ryssen, face à un gendarme mobile, une couverture « consternante » pour la Licra.

Sur la photo prise par une photographe d’agence pendant la manifestation parisienne de samedi, le militant d’extrême droite en « gilet jaune », de profil, porte un drapeau tricolore et discute avec un gendarme mobile casqué devant l’Arc de Triomphe.

« Les antisémites et les négationnistes jubilent grâce à la visibilité que vous leur offrez ainsi ! », s’est désolée la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) sur les réseaux sociaux.

Hervé Lalin (dit Ryssen), ex-membre du Front National, a été condamné à de la prison à plusieurs reprises pour des messages antisémites, sur les réseaux sociaux, son blog ou dans ses livres.

« La photographie a été choisie comme emblématique de la journée violente du samedi 1er décembre », a répondu le directeur de la rédaction de Paris Match, Olivier Royant dans un communiqué.

« Les dizaines de photojournalistes engagés sur le terrain, en raison des conditions extrêmement difficiles, n’étaient pas en mesure de recueillir l’identité, moins encore les arrière-pensées des manifestants », souligne-t-il.

« Cette photographie fortuite révèle néanmoins l’infiltration du mouvement des gilets jaunes par les extrémistes, notamment, de l’ultra-droite. C’est ainsi que cet individu s’est retrouvé en couverture de notre magazine », poursuit Olivier Royant, rappelant que le magazine du groupe Lagardère combat « sans ambiguïté (…) toutes les formes de racisme et d’antisémitisme ».

« Tout le monde l’avait identifié, sauf Paris Match, apparemment », a condamné l’historien de la presse Christian Delporte sur Twitter. » En toute responsabilité, (…) ce numéro devrait aller au pilon ».

« Les gilets jaunes auront donc permis à un négationniste antisémite, admirateur de Faurisson, de faire la couverture de Paris-Match par effraction », a regretté de son côté la reporter du Monde Ariane Chemin.

La Société des journalistes (SDJ) du magazine a déploré dans un communiqué une « erreur », « qui ne reflète en rien les valeurs de Paris Match ».

Hervé Ryssen n’a pas souhaité s’exprimer mais a publié la couverture du magazine sur son deuxième compte Twitter, l’autre ayant été bloqué par la plateforme.

Yvan Benedetti, porte-parole du Parti nationaliste français et ex-président d’un groupuscule pétainiste, a indiqué qu’il était à ses côtés au moment de la photo. Ils haranguaient alors les gendarmes – « Vous pouvez changer les choses, vous êtes des militaires » – selon une vidéo qu’il a publiée sur les réseaux sociaux.

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