Le négociateur en chef d’Israël appelle à l’organisation d’un sommet
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Le négociateur en chef d’Israël appelle à l’organisation d’un sommet

Shalom affirme que si les Palestiniens souhaitent sérieusement négocier, Israël sera un « véritable partenaire »

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le ministre de l'Intérieur, Silvan Shalom (au centre) avec l'ancien président français, Nicolas Sarkozy et l'ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, lors de la Conférence d'Herzliya, le 8 juin 2015 (Crédit :  FLASH90)
Le ministre de l'Intérieur, Silvan Shalom (au centre) avec l'ancien président français, Nicolas Sarkozy et l'ancien Premier ministre israélien Ehud Barak, lors de la Conférence d'Herzliya, le 8 juin 2015 (Crédit : FLASH90)

Le ministre de l’Intérieur, Silvan Shalom (Likud), qui a été nommé pour diriger l’équipe de négociateurs d’Israël pour les futurs pourparlers de paix avec les Palestiniens, a appelé lundi à une conférence régionale pour discuter de la paix et de l’économie.

Sa collègue du Likud, Tzipi Hotovely, la ministre adjointe des Affaires étrangères, a, cependant, déclaré qu’une solution à deux Etats n’était pas à l’ordre du jour, et a blâmé les Palestiniens pour cette situation.

Prenant la parole lors de la 15e Conférence annuelle d’Herzliya, Shalom a déclaré que si les Palestiniens revenaient à la table des négociations, ils se rendront compte qu’Israël est un « véritable partenaire ».

« Je demande à tous les Etats modérés de venir à une conférence, qui mettra l’accent sur la paix et l’économie », a déclaré Shalom.

« Si les Palestiniens sont sérieux et sont prêts à s’asseoir à la table des négociations, je leur promets qu’ils trouveront en Israël un véritable partenaire », a-t-il déclaré. « J’appelle les Palestiniens à reprendre les négociations sans conditions préalables, et le plus tôt sera le mieux. »

Mais, le ministre a mis en garde : « Nous ne pourrons pas parvenir à un accord sans compromis. »

« Personne ne peut imposer une solution. Personne ne peut nous imposer de prendre une solution avec laquelle nous ne pouvons vivre. »

Shalom a déclaré qu’Israël était disposé à aider la bande de Gaza à se relever du conflit de l’été dernier – qui a causé des dégâts considérables aux infrastructures de l’enclave côtière.

Il a noté que quelque 800 camions transportant des marchandises traversent Israël pour se rendre à Gaza chaque jour, et ce, alors même que l’Egypte ferme par intermittence sa frontière avec Gaza.

« Nous voulons participer à la réhabilitation de Gaza, mais nous ne pouvons pas tolérer le fait qu’alors que nous faisions tout pour les aider ils tirent des roquettes sur Israël. »

« Nous voulons participer à la réhabilitation de Gaza, mais nous ne pouvons pas tolérer le fait qu’alors que nous faisons tout pour les aider, ils tirent des roquettes sur Israël »

Silvan Shalom

Samedi soir, les Palestiniens de Gaza ont tiré une roquette dans le sud d’Israël, déclenchant les sirènes des raids aériens dans de nombreuses communautés.

C’était le deuxième incident de ce genre cette semaine.

Dans les deux cas, les roquettes sont tombées dans des zones ouvertes sans causer de blessures ou de dommages.

« Il n’y a que quelques roquettes, mais c’est comment ça que ça commence », a déclaré Shalom.

« Nous voulons l’arrêter dès que cela commence. Cela n’a pas d’importance si ceux qui [les] tirent sont des factions rebelles, la responsabilité est entre les mains du Hamas, et le Hamas est responsable de chaque roquette tirée sur Israël. »

Israël a répondu aux attaques de roquettes avec des frappes aériennes contre ce que l’armée israélienne a appelée des « infrastructures terroristes » à Gaza.

Shalom a également fait l’éloge du président américain Barack Obama, malgré l’actuelle fracture diplomatique entre Washington et Jérusalem sur des différends sur les négociations nucléaires avec l’Iran et sur le conflit israélo-palestinien, et en dépit des relations personnelles apparemment tendues entre le dirigeant américain et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Obama fait tout ce qu’il peut pour préserver la sécurité d’Israël », a affirmé Shalom.

« Nous aimerions que l’Europe agisse de la même façon. Les Européens m’ont demandé à de nombreuses reprises pourquoi ils ne jouaient pas un rôle central dans le processus de paix. Je leur ai dit qu’ils doivent prendre une approche plus équilibrée et ne pas accepter toutes les demandes palestiniennes. »

Le ministre a également appelé à l’unité régionale dans la lutte contre les Iraniens qui, dit-il, sont en train de « tenter de déstabiliser la région ».

La vision de Shalom d’un processus de paix relancé avec les Palestiniens n’est pas partagée par la ministre adjointe des Affaires étrangères, Hotovely, qui a déclaré lundi à la même conférence, à Herzliya, qu’une solution à deux Etats n’était nulle part en vue et que le problème était dans l’attitude des Palestiniens, qui encourageraient la confrontation plutôt que la coexistence.

« Il y a une vision qu’il devrait y avoir une séparation entre les deux peuples pour [l’amour] de la coexistence, a déclaré Hotovely. Aujourd’hui, l’option d’une solution à deux Etats n’est pas à l’ordre du jour. »

Le concept de base de la solution à deux Etats appelle à un Etat palestinien nouvellement formé aux côtés d’Israël avec des frontières négociées autour des lignes d’avant 1967.

Plus Israël cède aux Palestiniens pendant les négociations, a poursuivi la ministre adjointe, plus ils ont fui, jusqu’à ce que finalement, ils abandonnent les pourparlers de paix et invoquent à la place la reconnaissance unilatérale d’un Etat palestinien à l’ONU.

« Le problème avec le processus de paix n’est pas de notre faute, c’est à cause des Palestiniens », a-t-elle dit, selon un article publié sur le site Web en hébreu NRG. « Les Palestiniens veulent nous dénoncer plus qu’ils ne veulent un État. »

Hotovely, membre du Likud, a déclaré qu’Israël devrait exiger de la communauté internationale qu’elle apporte un changement profond dans la mentalité palestinienne qui passerait « d’une société avec un ethos négatif qui encourage les terroristes kamikazes et incite la haine et la terreur – à une société qui est prête à vivre dans la région avec Israël reconnu comme un Etat juif ».

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