Le nom du ministre en charge de la police cité dans un dossier secret
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Le nom du ministre en charge de la police cité dans un dossier secret

Le dossier secret de la police détaille des soupçons d'activités criminelles menées par des parlementaires

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 9 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, pendant une réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 9 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le nom du ministre de la sécurité publique, Gilad Erdan, est apparu dans un document secret de la police qui détaille les suspicions d’activités criminelles conduites par des législateurs, selon la Deuxième chaîne.

L’existence du dossier sur les 120 membres de la Knesset, incluant des suspicions de délits pour certains, a été révélée lundi par la Dixième chaîne, bien que la chaîne ne détaille pas quels législateurs sont soupçonnés.

Les renseignements sur les délits suspectés datent du mandat d’Erdan en tant que ministre de la Communication et de l’Environnement, dans le précédent gouvernement. La nature des allégations présentes dans le dossier n’est pas claire.

Il n’y a pas eu de réponse immédiate d’Erdan, dont le portefeuille inclut la police depuis son arrivée au ministère en 2015.

Erdan n’a jamais été formellement interrogé, note le reportage de la chaîne. Comme les informations collectées sur des dizaines de parlementaires, le dossier secret est resté dans un tiroir pendant des années et n’a jamais été donné au bureau du procureur.

Le ministère de la Justice a refusé tout commentaire sur le reportage ou l’existence du document.

Le document secret est un ensemble de compilations effectuées par la police israélienne en 2014, et contient de très nombreuses informations sur les 120 membres de la Knesset à cette époque, notamment des preuves concernant des délits supposément commis par des dizaines d’entre eux, a révélé lundi la Dixième chaîne.

Ce document, qui aurait été constitué sur ordre du chef du département des investigations et des renseignements de la police, Meni Yitzhaki, contiendrait des informations sur de supposées affaires de corruption et d’autres crimes qui pourraient former une base pour des investigations.

L’ancien préfet de police adjoint, Yoav Segalovitz, avec le président de Yesh Atid, Yair Lapid, après avoir annoncé qu’il rejoignait le parti de Lapid, le 29 mai 2016. (Crédits : autorisation)
L’ancien préfet de police adjoint, Yoav Segalovitz, avec le président de Yesh Atid, Yair Lapid, après avoir annoncé qu’il rejoignait le parti de Lapid, le 29 mai 2016. (Crédits : autorisation)

Le rapport de la Dixième chaîne a noté que le prédécesseur d’Yitzhaki, Yoav Segalovich, avait expressément interdit la création de tels documents, car ils pourraient être utilisés par des personnes intéressées pour cibler des politiques de leur choix (Segalovich a rejoint le parti Yesh Atid, dirigé par Yair Lapid, le mois dernier).

Avichai Mandelblit, procureur général d’Israël, a confirmé lundi l’existence du document.

Le procureur général Avichai Mandelblit, à Jérusalem, le 5 juillet 2015. (Crédits : Emil Salman / POOL)
Le procureur général Avichai Mandelblit, à Jérusalem, le 5 juillet 2015. (Crédits : Emil Salman / POOL)

Mandelblit, qui a pris ses fonctions en janvier, a déclaré à la Dixième chaîne que le dossier devait servir de compte-rendu interne, pour contrôler si des informations sur les investigations menées sur les politiques lui avaient échappé.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, a demandé mardi à rencontrer le chef de la police israélienne Roni Alsheich pour discuter du dossier et de son existence.

« La concentration d’informations sur les parlementaires soulève des doutes et des questions », a confié Edelstein.

Dans un communiqué destiné à la Dixième chaîne lundi, la police n’a pas confirmé ou infirmé l’existence du document, disant seulement que la politique d’Yitzhaki était de « vérifier chaque renseignement d’une manière professionnelle et profonde, et de mener les procédures exigées par son travail à terme ».

Le chef de la police Roni Alsheich lors d’une réunion à la Knesset, le 29 mars 2016. (Crédits : Yonatan Sindel / Flash 90)
Le chef de la police Roni Alsheich lors d’une réunion à la Knesset, le 29 mars 2016. (Crédits : Yonatan Sindel / Flash 90)

La police a systématiquement démenti rassembler des informations contre des membres de la Knesset pour vérifier s’ils avaient été impliqués dans des affaires illégales, et a appuyé le fait qu’une investigation sur un législateur requiert l’autorisation du procureur général.

Ils ont ajouté que la collecte d’informations était faite dans le respect des lois et « avec la sensibilité appropriée ».

Ils ont souligné que les preuves pouvant soulever des suspicions substantielles envers un membre de la Knesset étaient immédiatement envoyées au procureur général ou au procureur d’Etat pour vérification.

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