Le nombre annuel de morts sur la route diminue – une première en 5 ans
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Le nombre annuel de morts sur la route diminue – une première en 5 ans

315 tués en 2018 ; les efforts des deux dernières années ont porté sur l'usage des téléphones portables au volant et la prolifération des vélos électriques

Scène d'un accident de voiture mortel en Basse Galilée, le 4 décembre 2016. (Crédit : Magen David Adom)
Scène d'un accident de voiture mortel en Basse Galilée, le 4 décembre 2016. (Crédit : Magen David Adom)

Pour la première fois en cinq ans, le nombre annuel de tués sur la route en Israël a diminué, avec 315 personnes tuées en 2018, soit une baisse de 13 % par rapport à l’année précédente, selon les chiffres publiés par le ministère des Transports lundi.

En 2017, il y a eu 364 morts, a déclaré le ministère, citant des chiffres de la Direction nationale de la sécurité routière [National Road Safety Authority – NRSA]. C’est la première fois que le nombre de morts sur les routes diminue depuis 2012, année où 263 personnes ont été tuées.

Au cours des 12 derniers mois, 135 des décès sont survenus sur des routes en milieu urbain et 180 sur des autoroutes interurbaines.

Il y a également eu une baisse du nombre de tués sur la route parmi la population arabe, qui souffre régulièrement près de deux fois plus de décès que la population dans son ensemble, compte tenu de sa taille. Les Arabes représentent 20 % de la population israélienne, mais près d’un tiers de ceux qui sont morts dans des accidents de la route en 2018 – 95 – étaient de la communauté arabe. En 2017, ce chiffre était de 116.

Cependant, les chiffres positifs ont été contrebalancés par le nombre de décès parmi les cyclistes à vélo électrique, un moyen de transport qui a rapidement gagné en popularité.

En 2017, sept utilisateurs de vélos électriques ont été tués sur les routes, mais l’an dernier, ce nombre est passé à 19. Le nombre de décès à vélo non électrique a également augmenté, passant de 12 l’an dernier à 16 en 2018.

Un homme conduit un vélo électrique à Tel Aviv, le 5 juilet 2016. Illustration (Crédit : Flickr/Ted Eytan/CC BY-SA)

Dans l’ensemble, le nombre de décès pour 100 000 habitants en 2018 était de 3,5, comparativement à 4,1 l’an dernier, selon le ministère. Selon le rapport 2018 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les accidents de la route dans le monde, le chiffre pour les États-Unis est de 12,4, la moyenne pour les pays à revenu élevé est de 8,3 et la moyenne mondiale est de 27,5.

Les militants et responsables de la sécurité routière, tout en se félicitant des statistiques pour 2018, ont déclaré qu’il est trop tôt pour savoir s’il y a une tendance à la baisse du nombre de tués sur la route.

« Les chiffres sont bons et encourageants. Mais nous devons attendre au moins une ou deux années de plus », a déclaré Yaniv Jacob, directeur général adjoint d’Or Yarok, un groupe de pression non gouvernemental pour la sécurité routière. « Nous devons vérifier qu’il ne s’agit pas d’un phénomène ponctuel, mais d’une tendance. »

S’adressant au Times of Israel la semaine dernière, avant que les chiffres définitifs de l’année ne soient arrêtés, Moriah Malka, porte-parole de la Direction nationale de la sécurité routière, a déclaré qu’il faudrait une autre année de baisse des chiffres pour être certain que la situation s’améliore.

« Si la baisse se poursuit l’année prochaine, ce sera certainement une tendance bienvenue « , a déclaré Mme Malka.

L’une des principales raisons pour lesquelles le nombre de décès sur la route a augmenté à partir de 2012 est l’utilisation accrue des téléphones cellulaires par les conducteurs au volant, a-t-elle expliqué.

« Les smartphones ont eu une grande incidence », a dit Mme Malka. « Cela multiplie par dix les risques d’accident mortel. »

Le porte-parole de la police de la route, le commissaire Shahar Gamzo, a confirmé son analyse.

« L’utilisation de téléphones portables est sans aucun doute la principale cause d’accidents aujourd’hui », a-t-il dit, notant qu’au cours des deux dernières années, la police a considérablement accru ses efforts de répression sur les routes.

En 2016, le nombre total d’accidents de la route, tous types de blessures confondus, y compris les décès, s’élevait à 12 300 dans tout le pays, selon les chiffres de la police de la route. Cette année-là, la police a arrêté plus de 74 500 conducteurs pour des infractions liées aux téléphones portables. En 2017, il y a eu 13 000 accidents et plus de 100 000 procès-verbaux ont été dressés. En 2018, bien que le nombre d’accidents ait chuté à 11 600, les policiers ont rédigé plus de 110 000 contraventions pour des infractions liées aux téléphones mobiles.

Pour l’avenir, le vrai défi sera les vélos électriques, a prédit Malka de la NRSA.

M. Gamzo a indiqué que la police se concentrait déjà sur les vélos électriques et d’autres formes d’appareils à propulsion électrique, comme les petits scooters.

« C’est l’un des plus grands moyens de transport des villes », a-t-il ajouté. « Au cours des trois dernières années, il y a eu une augmentation massive de la répression sur les vélos électriques. »

En 2016, la police a infligé 8 000 amendes aux utilisateurs de bicyclettes électriques. En 2017, ce nombre était de 14 300, et l’an dernier, il est passé à 24 000.

Bien que les efforts législatifs visant à réglementer les vélos électriques progressent, la semaine dernière, la Knesset a dissout le Parlement en vue des élections d’avril, ce qui retardera les avancées.

En attendant, il y a encore beaucoup à faire, et une grande partie de ce travail revient au public, a fait remarquer Malka.

« Les accidents de la circulation sont l’un des domaines les plus difficiles auxquels l’État doit faire face », a-t-elle dit. « Le facteur humain est le plus important. Quand il s’agit de sécurité routière, nous pouvons tous faire plus, c’est indéniable. »

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