Le pain blanc serait parfois plus sain que le pain complet
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Le pain blanc serait parfois plus sain que le pain complet

Une étude de l'Institut Weizmann lie les bénéfices sanitaires du pain aux cultures bactériennes intestinales uniques de chaque individu

Etalages de pain. Illustration. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israël)
Etalages de pain. Illustration. (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israël)

Le pain blanc pourrait être plus sain pour certaines personnes que le pain complet, selon une nouvelle étude de l’Institut Weizmann d’Israël.

Les conclusions, publiées dans le journal Cell Metabolism, font suite une étude menée sur 20 adultes en bonne santé qui ont été divisés en deux groupes.

Chaque participant a dû assurer pendant une semaine un quart de ses apports caloriques en mangeant du pain.

Un groupe a mangé du pain blanc transformé majoritairement à base de blé raffiné et le second a consommé du pain au levain fabriqué dans une boulangerie artisanale à partir de farine de blé réalisée à partir de gros grains moulus à l’ancienne et cuit dans un four en pierre.

Après un arrêt de deux semaines, les groupes ont été échangés : pour une semaine, le groupe qui avait mangé du pain blanc a mangé du pain au levain et vice-versa.

Les participants ont eu interdiction de consommer d’autres produits à base de blé, comme les pâtes, durant toute la période d’examen.

Alors que les examens ont révélé que les deux pains avaient influencé le taux de sucre dans le sang, les minéraux, les enzymes hépatiques et d’autres substances, les chercheurs ont eu la surprise de découvrir qu’il n’existait pas de lien significatif avec le type de pain consommé.

Environ la moitié des cobayes avait un taux de sucre dans le sang plus important après avoir mangé du pain blanc, tandis que l’autre moitié présentait un taux de glycémie plus élevé après avoir mangé du pain au levain.

Le professeur Eran Segal, qui a chapeauté l’étude aux côtés du professeur Avraham Levy et du docteur Eran Elinav, a supposé que ces résultats découlaient « probablement du fait que la réponse du corps au pain est une affaire hautement personnelle et que les différences entre les participants à l’étude ont créé en elles-mêmes une moyenne. »

Bactéries. Illustration. (Crédit : autorisation)
Bactéries. Illustration. (Crédit : autorisation)

Il est possible, suggère le scientifique, que différentes personnes ne répondent pas de la même manière au pain, non pas en raison du type de pain consommé, mais à cause de l’écosystème bactérien intestinal unique à chacun.

Les chercheurs en ont conclu que les recommandations diététiques liées au type de pain à consommer, entre autres, devaient être personnalisées.

Le pain représente environ un dixième de l’apport calorique des Occidentaux.

Le bon sens et des campagnes de publicités laissent entendre que le pain complet est plus sain parce qu’il contient le germe et le son du blé, ce qui en fait d’excellentes sources de fibres, de vitamine B, de fer, de magnésium et de zinc. Ces éléments sont supprimés lors du processus de broyage utilisé pour le raffinement de la farine.

Certaines études font le lien entre la consommation de farine complète et la réduction des risques de cancer et des maladies cardiovasculaires, et des améliorations du taux de cholestérol et de la pression sanguine. D’autres montrent des impacts non significatifs, et deux études ont même affirmé que manger du pain complet peut entraîner une réduction de l’absorption des minéraux.

Susan Jebb, professeur de diététique et de santé publique à l’Université d’Oxford, a indiqué au journal The Independent que l’absence de groupe contrôle empêchait d’exclure que d’autres facteurs puissent avoir contribué aux résultats, et que même si les conclusions sont claires, le groupe testé était trop petit pour détecter d’éventuelles petites différences.

Le docteur Elizabeth Lund, consultante indépendante en nutrition et en santé gastro-intestinale, a déclaré pour sa part au journal : « Il ne faut pas oublier que les bénéfices pour la santé de la farine complète peuvent se jouer à bien plus long terme que ce qu’une étude d’une semaine peut montrer, en particulier sur la santé intestinale et la prévision de maladies comme le cancer du côlon. »

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