Le président irlandais a rencontré le chef du BDS
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Le président irlandais a rencontré le chef du BDS

Michael Higgins a serré la main à Omar Barghouti pendant une conférence syndicale et a rendu hommage aux organisateurs pour l’avoir invité

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Omar Barghouti, cofondateur du mouvement BDS, pendant un rassemblement pro-boycott à Ramallah, en février 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Omar Barghouti, cofondateur du mouvement BDS, pendant un rassemblement pro-boycott à Ramallah, en février 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le président irlandais a rencontré Omar Barghouti, co-fondateur du mouvement de boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël, un rendez-vous dénoncé par l’Etat juif.

Michael Higgins a serré la main de Barghouthi et a parlé de lui en des termes chaleureux pendant une conférence du Congrès irlandais des syndicats, la plus grande organisation de la société civile de l’île, qui compte 80 000 membres.

« Vous montrez un grand exemple d’internationalisme en organisant des évènements et en invitant Omar Barghouti, qui parlera des défis qui attendent la Palestine », a déclaré Higgins le 4 juillet, pendant la conférence biannuelle de l’organisation, qui a eu lieu à Belfast.

Les délégués de la conférence ont soutenu le mouvement BDS.

Pendant la conférence, Barghouti a cherché à obtenir du soutien pour ses appels au boycott d’Israël. Le BDS cible la « complicité » des crimes israéliens, « pas l’ethnicité », a-t-il dit.

Répondant à une demande du Times of Israël, le porte-parole du président, Hans Zomer, a indiqué qu’Higgins avait été « brièvement présenté » aux orateurs par le secrétaire général de l’organisation avant de prononcer son discours.

« Après son discours, le président est ensuite parti pour Dublin pour gérer les affaires de l’Etat, en rencontrant notamment Justin Trudeau, le Premier ministre du Canada », a écrit Zomer dans un e-mail.

Il n’a pas répondu aux questions répétées concernant la position du président sur le boycott d’Israël.

Les ambassades d’Israël à Dublin et à Londres étaient informées de la présence de Barghouti à la conférence syndicale, selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon. « L’ambassadeur à Dublin [Zeev Boker] a annoncé aux responsables concernés son opposition à la présence de Barghouti dans les félicitations aux participants de la conférence du président irlandais », a-t-il dit mardi au Times of Israël.

Higgins, 76 ans, était un cadre du Labour irlandais avant de devenir président en 2011.

Les relations entre Dublin et Jérusalem restent tendues en raison du parti pris irlandais en faveur des Palestiniens perçu par le gouvernement irlandais.

Le nouveau ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, s’est rendu la semaine dernière en Israël et en Cisjordanie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu « a exprimé son mécontentement de la position traditionnelle de l’Irlande, et a dit au ministre des Affaires étrangères que son pays ne condamnait pas les Palestiniens pour leurs incitations [à la violence] et leur glorification de ceux qui commettent des attentats terroristes », selon le compte-rendu de la rencontre fourni par le gouvernement israélien.

« Le Premier ministre lui a aussi demandé pourquoi l’Irlande aidait des ONG appelant à la destruction d’Israël, et a souligné que de nombreux pays européens oubliaient le problème au cœur du conflit : le refus palestinien de reconnaître l’Etat des Juifs. »

Coveney avait pour sa part jugé la réunion « constructive et franche ».

« Evidemment, nous avons des différences claires sur certains points, mais ces différences sont argumentées honnêtement et exprimées ouvertement, avait-il dit. Nos discussions ont abordé plusieurs sujets, notamment les colonies, la situation politique et humanitaire à Gaza et, plus généralement, les perspectives de reprise de négociations significatives sur le processus de paix au Moyen Orient. »

Le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney, à gauche, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 11 juillet 2017. (Crédit : GPO)
Le ministre irlandais des Affaires étrangères Simon Coveney, à gauche, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 11 juillet 2017. (Crédit : GPO)

Coveney a également rencontré le président Reuven Rivlin, qui a salué les relations bilatérales entre les deux pays malgré les différences d’opinion sur le dossier palestinien.

« Je pense que la relation entre Israël et l’Irlande est très importante, malgré les différences d’opinion que nous avons de temps en temps, avait déclaré Rivlin. Nous avons des différences d’opinion et nous pouvons respecter cela, mais nous sommes réellement contre l’idée de boycott. Je pense que, entre personnes se respectant, nous pouvons critiquer de temps en temps, et également expliquer les faits selon nos pensées. »

Coveney a reconnu que de nombreux Israéliens pensaient que l’Irlande avait un parti pris pour les Palestiniens, mais qu’au final, tous voulaient la paix. Le peuple irlandais est très intéressé par le conflit israélo-palestinien, « parce que nous avons nous-mêmes eu un passé violent, et nous voyons cela comme l’un des grands conflit du monde », a-t-il dit.

« Mes raisons d’être ici, pour ma première visite en tant que ministre des Affaires étrangères hors d’Europe, est que, malgré ce que certains peuvent penser de l’Irlande, nous nous préoccupons de cette région, et nous voulons aider. »

Après sa réunion à Ramallah, son bureau avait publié un communiqué sur la situation humanitaire « difficile » en Cisjordanie. « Les démolitions de maisons et les restrictions à la liberté de circulation et d’accès à des services essentiels ont eu un impact négatif sur les communautés palestiniennes vulnérables », pouvait-on lire.

« L’Irlande et nos partenaires de l’Union européenne ont sans cesse condamné la construction de colonies israéliennes illégales en Cisjordanie, et les expulsions, les démolitions et les saisies de terrain des Palestiniens, qui font partie intégrante de ce projet. La politique étrangère de l’Irlande accorde une grande importance aux efforts pour mettre fin au conflit israélo-palestinien, et nous considérons qu’un accord de paix global basé sur deux états souverains et la fin de l’occupation est essentiel au futur des Palestiniens comme des Israéliens. »

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