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Le président syrien attendu à Berlin, les expulsions au centre des discussions

En novembre dernier, le chancelier Friedrich Merz avait plaidé pour le rapatriement de Syriens réfugiés jusqu'ici dans son pays au motif que la "guerre civile était terminée en Syrie"

Cette photo diffusée par l'agence de presse officielle syrienne (SANA) le 8 décembre 2025 montre le président syrien Ahmed al-Sharaa s'exprimant lors d'une prière à la mosquée des Omeyyades à Damas, à l'occasion de l'anniversaire du renversement du dirigeant de longue date Bachar al-Assad. (Crédit : SANA / AFP)
Cette photo diffusée par l'agence de presse officielle syrienne (SANA) le 8 décembre 2025 montre le président syrien Ahmed al-Sharaa s'exprimant lors d'une prière à la mosquée des Omeyyades à Damas, à l'occasion de l'anniversaire du renversement du dirigeant de longue date Bachar al-Assad. (Crédit : SANA / AFP)

Le président syrien doit rencontrer mardi à Berlin le chancelier allemand qui souhaite intensifier les expulsions de Syriens malgré l’inquiétude suscitée par l’instabilité persistante dans leur pays d’origine.

Cette visite, la deuxième d’Ahmad al-Sharaa dans un pays de l’UE après celle en France en mai 2025, survient après un voyage aux Etats-Unis en novembre dernier.

« Ahmad al-Sharaa est attendu à Berlin du 19 au 20 janvier (…). Mardi midi, il rencontrera le chancelier Friedrich Merz », a indiqué un porte-parole du gouvernement allemand, lors d’un point presse régulier à Berlin.

Cette visite intervient moins d’un mois après l’expulsion le 23 décembre dernier par l’Allemagne pour la première fois depuis le début de la guerre civile en 2011 en Syrie d’un ressortissant syrien, un criminel condamné pour vol aggravé, coups et blessures et chantages, vers son pays.

Depuis son entrée en fonction en mai dernier le gouvernement du chancelier conservateur, Friedrich Merz, a entamé un tour de vis migratoire sur fond d’essor de l’extrême droite.

En novembre dernier, M. Merz avait plaidé pour le rapatriement de Syriens réfugiés jusqu’ici dans son pays, allant au besoin jusqu’à l’expulsion, au motif que la « guerre civile était terminée en Syrie ».

La venue à Berlin la semaine prochaine de ce dirigeant au passé de jihadiste avait déjà filtré dans certains médias, suscitant des critiques de la part des « minorités ethniques et religieuses de Syrie ».

Dans un appel commun publié mercredi et signé notamment par l’union des alaouites en Europe et la communauté kurde d’Allemagne, les protestataires appelaient « à un mandat d’arrêt (contre Ahmad al-Sharaa, ndlr) plutôt qu’à une réception à la chancellerie ».

Questionné sur les critiques et manifestations à attendre lors de cette visite en raison des violences contre les minorités en Syrie, le porte-parole du gouvernement allemand a déclaré que « tous les sujets ser(aie)nt abordés » lors des entretiens entre les deux dirigeants.

« Nous avons intérêt (…) à prendre un nouveau départ avec le nouveau gouvernement syrien, et nous avons de nombreux sujets importants (…) à évoquer comme par exemple le retour des Syriens dans leur pays d’origine », a-t-il ajouté.

Dans un entretien à l’AFP, Armin Laschet, ancien candidat à la chancellerie pour les conservateurs, a affirmé que Ahmad al-Sharaa devait « clairement entendre les attentes de l’Europe » en matière de protection des minorités et des droits des femmes.

M. Laschet, qui préside actuellement la commission des affaires étrangères du Parlement, a soutenu la décision d’accueillir le dirigeant syrien à la chancellerie.

« Le dialogue est nécessaire, en particulier dans le contexte des récents combats », a-t-il déclaré, ajoutant que Ahmad al-Sharaa était « confronté à une tâche extrêmement difficile ».

Avant ses entretiens avec le chancelier, le président syrien par intérim doit rencontrer son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.

Puis, après sa rencontre avec M. Merz, M. al-Chareh doit « participer à une table ronde avec les ministres allemand de l’Economie, Katherina Reiche, et des Affaires étrangères, Johann Wadephul, et des représentants d’importantes entreprises allemandes », selon le porte-parole du gouvernement.

Après la chute du président Bachar al-Assad en décembre 2024, plusieurs pays européens parmi lesquels l’Allemagne avaient annoncé un gel des procédures de demandes d’asile dans un contexte de forte progression électorale des partis d’extrême droite après différentes attaques commises par des étrangers dans le pays.

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