Le principal facteur de désinformation sur le Covid-19 ? Trump, selon une étude
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Le principal facteur de désinformation sur le Covid-19 ? Trump, selon une étude

Le président américain et son épouse ont été testés positifs au Covid-19 dans la nuit de jeudi à vendredi

Le président américain Donald Trump lève le pouce alors qu'il quitte Marine One après son arrivée sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 1er octobre 2020, à la suite d'événements de campagne dans le New Jersey. (SAUL LOEB / AFP)
Le président américain Donald Trump lève le pouce alors qu'il quitte Marine One après son arrivée sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, le 1er octobre 2020, à la suite d'événements de campagne dans le New Jersey. (SAUL LOEB / AFP)

Donald Trump et son épouse Melania ont été testés positifs au Covid-19 dans la nuit de jeudi à vendredi.

« Le président et la Première dame vont tous les deux bien à cette heure, et ils prévoient de rester chez eux à la Maison Blanche durant leur convalescence », a écrit le médecin de la présidence américaine Sean Conley dans un communiqué publié tôt vendredi matin.

Il a ajouté s’attendre « à ce que le président » en quarantaine « continue à assumer ses fonctions sans perturbations pendant sa convalescence », ainsi que le maintien « d’une surveillance étroite » médicale sur le couple présidentiel.

Auparavant, le président américain avait confirmé sur Fox News une information de presse, selon laquelle Hope Hicks, sa proche conseillère, avait été testée positive. Hope Hicks était à bord d’Air Force One avec le président pour se rendre mardi dans l’Ohio au débat face à Joe Biden, puis mardi dans le Minnesota pour un meeting de campagne.

Selon une étude de l’université Cornell publiée jeudi, le président américain Donald Trump a très probablement été à lui seul le facteur ayant le plus engendré de désinformation sur le Covid-19 pendant la pandémie.

Quelque 38 millions d’articles, publiés en anglais dans les médias traditionnels entre le 1er janvier et le 26 mai 2020, ont été analysés par une équipe de la Cornell Alliance for Science.

Cette base de données comprenait des articles publiés notamment pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Inde, l’Irlande, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que pour certains autres pays d’Afrique et d’Asie.

Plus de 522 400 articles véhiculant de fausses informations relatives au coronavirus ont été identifiés – un phénomène qualifié « d’infodémie » par l’Organisation mondiale de la santé.

Au total, onze catégories ont été identifiées, allant des théories conspirationnistes aux remèdes miracles.

Ce dernier sujet était de loin le plus populaire, apparaissant dans 295 351 articles, soit plus que les dix autres combinés.

Selon les auteurs de l’étude, les commentaires de Donald Trump ont été responsables d’un pic important dans cette catégorie, notamment ceux tenus lors d’une conférence de presse le 24 avril, lors de laquelle il avait évoqué la possibilité d’injection de désinfectant dans le corps pour traiter la maladie.

Des pics similaires ont été constatés lorsqu’il a promu l’usage d’hydroxychloroquine, un traitement dont l’efficacité n’a pas été prouvée.

« Nous avons donc conclu que le président des Etats-Unis a certainement été le plus grand facteur de désinformation » sur le Covid-19, ont écrit les chercheurs.

« Si les gens sont mal aiguillés par des affirmations non scientifiques et non corroborées sur la maladie, il se peut qu’ils suivent moins les recommandations officielles et propagent ainsi davantage la maladie », a déclaré Sarah Evanega, qui a dirigé l’étude.

« L’un des aspects les plus intéressants (…) a été de découvrir la masse impressionnante de fausses informations directement liées aux commentaires sur un petit nombre d’individus », a relevé son co-auteur Jordan Adams.

Après les remèdes miracles, les « infox » les plus propagées concernaient, dans l’ordre : l’idée d’un virus créé pour établir un nouvel ordre mondial, pour aider politiquement le Parti démocrate américain, d’une arme biologique diffusée par un laboratoire chinois, d’une maladie liée au milliardaire américain Bill Gates, à la 5G, des théories antisémites, ou d’un virus créé pour réguler la population.

En fin de liste : des attaques visant l’éminent scientifique américain Anthony Fauci, des références à la vidéo « Plandemic » relayant notamment des théories anti-vaccins, et enfin à la responsabilité de la consommation de soupe de chauve-souris dans la pandémie.

Les chercheurs ont également calculé que les partages de ces articles sur les réseaux sociaux ont provoqué plus de 36 millions d’interactions, les trois-quart sur Facebook.

L’étude a été en partie financée par la fondation Bill et Melinda Gates.

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