Le Qatar paierait du carburant pour Gaza via Israël, malgré le refus de l’AP
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Le Qatar paierait du carburant pour Gaza via Israël, malgré le refus de l’AP

Selon un article paru dans un quotidien libanais, Jérusalem aurait accordé des permis d'entrée à 5 000 commerçants gazaouis pour tenter d'apaiser les tensions à la frontière

Des camions égyptiens transportant du fuel entrent dans la centrale électrique de Gaza, à Nusseirat, le 21 juin 2017 (Crédit : AP Photo/Adel Hana)
Des camions égyptiens transportant du fuel entrent dans la centrale électrique de Gaza, à Nusseirat, le 21 juin 2017 (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

Le Qatar aurait commencé à transmettre des fonds à la bande de Gaza via Israël et avec l’approbation des Etats-Unis et des Nations unies, outrepassant l’opposition de l’Autorité palestinienne, a fait savoir le journal libanais Al Akhbar samedi.

L’article n’a pas précisé les sources de ses informations.

Il explique qu’Israël, par le biais de l’ONU, a reçu des fonds qataris pour six mois d’approvisionnement renforcé en carburant à destination de la seule centrale électrique de Gaza – ce qui permettra à l’enclave côtière assiégée de bénéficier de plus d’heures d’électricité – malgré les efforts livrés par l’AP pour déjouer cette action.

Il a également noté que l’ONU fournirait les fonds nécessaires pour payer trois mois de salaires aux fonctionnaires de Gaza et qu’Israël avait convenu d’octroyer des permis d’entrée sur son territoire à 5 000 marchands gazaouis dans un but commercial.

Les Palestiniens participent à des émeutes le long de la frontière avec la bande de Gaza, le 5 octobre 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Les Nations unies ont également informé le Hamas d’initiatives visant à faire avancer les plans de construction d’une usine de désalinisation dans la bande pour s’attaquer aux problèmes d’eau connus sur le territoire, a ajouté Al Akhbar said.

Le quotidien Haaretz avait fait savoir jeudi que le Qatar avait accepté d’acheter du carburant pour Gaza sous les termes d’un accord négocié par les Nations unies, qui cherchent à apaiser la crise de l’énergie qui ravage l’enclave côtière.

La majorité des foyers à Gaza reçoivent en moyenne trois à quatre heures d’approvisionnement en électricité par jour. Le nouveau financement permettrait de doubler ce volume horaire en passant à huit heures par jour.

Israël espère qu’alléger le fardeau représenté par l’une des pires pénuries en électricité jamais connue à Gaza ces dernières années diminuera les probabilités d’une confrontation militaire d’ampleur à Gaza, a noté Haaretz.

Mais des sources palestiniennes ont ultérieurement confié à Avi Issacharoff du Times of Israel que l’AP avait contacté la compagnie gazière israélienne, qui fournit du carburant à la Cisjordanie comme à la bande de Gaza, menaçant de la boycotter et de stopper ses achats en cas de transfert de carburant à Gaza. L’AP a averti qu’elle achèterait ses réserves en carburant et en gaz dans un autre pays, comme par exemple en Jordanie.

Les sources ont également indiqué que des responsables de l’Autorité palestinienne avaient téléphoné aux ouvriers de l’ONU à Gaza chargés d’assurer physiquement le transfert du carburant, leur disant qu’ils paieraient « un prix élevé » s’ils se présentaient au travail.

Un blocus exercé par Israël et par la Jordanie depuis que le groupe terroriste du Hamas a pris le contrôle de Gaza, il y a une décennie, à l’Autorité palestinienne a entraîné des pénuries importantes en carburant et une situation humanitaire qui ne cesse de se détériorer.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah le14 décembre 2014 (Crédit : AFP/Abbas Momani)

Israël explique que le blocus est en place de manière à empêcher les transferts d’armement et autres équipements militaires au sein de l’enclave côtière. L’Egypte a elle aussi maintenu ses frontières largement fermées depuis plusieurs années en raison de ses relations amères avec le Hamas.

La crise de Gaza a été exacerbée par les coupes budgétaires américaines dans les aides aux Palestiniens et par la querelle continue entre le Hamas et l’AP, qui ne règle plus les salaires versés à ses employés à Gaza et qui a imposé des sanctions variées, cessant notamment de payer les factures de l’électricité consommée dans l’enclave.

Abbas a averti de manière répétée qu’il ne pouvait pas y avoir deux entités séparées qui dirigent les territoires palestiniens, disant que si l’AP ne reprenait pas le contrôle complet de la bande de Gaza, alors le Hamas devrait assumer toutes les responsabilités au sein de l’enclave côtière.

En réponse aux conditions de vie qui ne cessent d’empirer dans la bande de Gaza, le Hamas a renforcé le rythme des manifestations violentes sur la frontière israélienne.

Vendredi, trois Palestiniens – et notamment un adolescent de 14 ans – seraient morts et des douzaines de personnes auraient été blessées alors qu’environ 20 000 Gazaouis ont participé à des affrontements violents.

Au cours des émeutes, l’armée a fait savoir que des avions israéliens avaient frappé deux positions du Hamas dans le nord de la bande de Gaza après que les Palestiniens ont jeté des grenades et des dispositifs explosifs en direction des soldats israéliens.

Ce mouvement de protestation d’envergure est survenu alors qu’Israël a signalé perdre patience et souhaiter entrer en guerre pour mettre un terme aux violences, tandis que les gouvernants du Hamas, au sein de l’enclave côtière, ont juré de continuer à intensifier le rythme des émeutes.

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