Le rabbin Chaim Kanievsky se dit opposé aux implantations en Cisjordanie
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Le rabbin Chaim Kanievsky se dit opposé aux implantations en Cisjordanie

Le chef spirituel de Yahadout HaTorah ne pense pas que le territoire tout entier de la terre d'Israël doit appartenir à l'État juif, affirme son petit-fils et porte-parole

Le rabbin Chaim Kanievsky et son petit-fils Yaakov Kanievsky au domicile du sage dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 22 septembre 2020. (Crédit : Aharon Krohn / Flash90)
Le rabbin Chaim Kanievsky et son petit-fils Yaakov Kanievsky au domicile du sage dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 22 septembre 2020. (Crédit : Aharon Krohn / Flash90)

Chaim Kanievsky, éminent rabbin ultra-orthodoxe, chef spirituel du parti Yahadout HaTorah, s’oppose aux implantations de Cisjordanie en considérant que la présence de Juifs vivant sur ce territoire s’apparente à une provocation à l’encontre des Arabes, a expliqué son petit-fils, selon un reportage diffusé par la station de radio Kan.

Yaacov (Yanki) Kanievsky, qui est le porte-parole de son grand-père, le rabbin Chaim Kanievsky – lui-même largement considéré comme le plus grand sage ashkénaze actuellement en vie – a fait cette révélation au cours de discussions privées qui avaient été consacrées à la possibilité, pour les partis ultra-orthodoxes, de rejoindre la coalition au pouvoir. Chaim Kanievsky est le chef spirituel du parti Yahadout HaTorah, qui a suivi dans les rangs de l’opposition l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Le rabbin n’a aucun problème avec la gauche ou la droite. Son positionnement n’est pas à droite en ce qui concerne la terre d’Israël », a dit le jeune Kanievsky en parlant de son grand-père, évoquant l’idéologie nationaliste juive qui estime que toute la terre biblique d’Israël devrait intégrer l’État juif.

« C’est complètement le contraire », a-t-il continué. « Le rabbin répète encore et encore qu’il ne faut pas provoquer les Arabes et qu’il ne faut pas vivre dans les implantations. »

Kan a obtenu des enregistrements de ces conversations qui ont eu lieu la semaine dernière, et la station en a diffusé un extrait lundi. Un reportage tout entier sur ces entretiens – qui sera l’occasion de rendre publics d’autres extraits des enregistrements – devrait être diffusé mardi.

Lors d’une discussion avec un interlocuteur non-identifié, il est demandé à Kanievsy si les ultra-orthodoxes – connus sous le nom de Haredim – pourraient rejoindre la coalition qui aura mis un terme aux douze années passées au pouvoir par Netanyahu – une alliance hétéroclite formée de partis de gauche, du centre et de droite ainsi que d’une faction islamiste. Les partis haredim sont des alliés de longue date de Netanyahu.

« Il faudrait que nous étudions l’offre, que nous examinions ce que la coalition serait prête à nous offrir », répond alors Kanievsky. « Il faut qu’ils viennent nous en parler. »

Yaakov Kanievsky, petit-fils du rabbin Chaim Kanievsky, pendant un entretien dans la ville ultra-orthodoxe de Bnei Brak, le 22 octobre 2020. (Crédit : Yaakov Nahumi/AFP)

Pendant les négociations de coalition, ajoute-t-il, « personne ne nous a fait de proposition ». Il dit supposer que la coalition émergente ne s’intéresse qu’à l’aide que pourraient apporter les partis ultra-orthodoxes pour écarter Netanyahu et que l’alliance ne souhaite finalement pas que les Haredim intègrent le nouveau gouvernement.

« Ils sont venus pour voir dans quelle mesure nous étions prêts à nous opposer, ils nous ont dit que nous ne devions pas faire d’objections parce que nous aurons besoin de coopérer à l’avenir », explique le jeune Kanievsky. « Mais jamais il ne nous a été demandé de venir, nous aussi, dans le gouvernement. »

Selon le reportage, Kanievsky aurait ajouté que les partis ultra-orthodoxes auraient pu rallier la coalition si Avigdor Liberman, dirigeant du parti férocement laïc Yisrael Beytenu, ne s’y était pas opposé. Liberman occupe le poste de ministre des Finances dans le nouveau gouvernement.

La coalition bénéficie de la majorité la plus étroite possible à la Knesset, ne s’appuyant que sur le soutien de 61 députés au parlement qui est fort de 120 membres. Il a d’ores et déjà rencontré des difficultés concernant l’adoption d’une législation. La participation des formations haredim lui aurait apporté sept sièges supplémentaires du côté de Yahadout HaTorah et neuf sièges supplémentaires avec le parti Shas.

Malgré la déclaration faite par son petit-fils, le rabbin Kanievsky a, par le passé, fait part de son fort soutien à la présence israélienne en Cisjordanie face aux demandes émises par les Palestiniens, qui revendiquent ce territoire pour y installer leur futur État.

En 2019, quand le Premier ministre Netanyahu de l’époque avait révélé que le plan de paix de l’administration Trump comprenait l’annexion par Israël d’une partie de la Cisjordanie, le député Yitzhak Pindrus de Yahadout HaTorah avait demandé à Kanievsky s’il fallait faire des concessions territoriales aux Palestiniens, avait fait savoir le Jerusalem Post à ce moment-là.

Kanievsky avait répondu : « Dites aux États-Unis que ce sont les Arabes qui doivent faire des concessions. »

Les partis haredim se sont fortement opposés au nouveau gouvernement, qui prévoit que le Premier ministre Naftali Bennett cédera son poste au ministre des Affaires étrangères Yair Lapid dans le cadre d’un accord de rotation.

Netanyahu, son parti du Likud et leurs alliés ultra-orthodoxes ont remis en cause de manière répétée la légitimité du gouvernement de Bennett.

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